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Fête des Faucheurs 2019 : la commission déco a fait des miracles

Sous l’égide de Pierre, Catherine, Magali, Corinne, Virginie et d’autres bénévoles, avec l’aide de l’atelier coopératif « l’Ami Bois », la commission décoration a construit de magnifiques décors pour la cour du Château d’Assier.

Préparation…

Pendant la fête…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Action d’étiquetage à Figeac le 16 mars 2019

Un enfant qui veut grandir dans un monde sans OGM

Un enfant averti en vaut deux…

Le 16 mars, nous nous sommes rendus dans la joie et la bonne humeur chez Leclerc, Carrefour et Lidl, pour étiqueter les huiles suspectées de contenir des OGM cachés.
Nous avons mené cette action dans le cadre d’une journée d’étiquetage à l’échelle nationale.
Apposer des étiquettes « OGM ? » sur les huiles et produits dérivés permet de sensibiliser la clientèle des hypermarchés à la question des OGM cachés.

ASSIER JARDIN MARTIGOUTTE ce Dimanche 31 mars de 10h au coucher du soleil…

Atelier déco pour la fête des faucheurs sous le thème principal de la Forêt :

Dimanche 31 mars à partir de 10h
au jardin de Martigoutte.

Dessin, fabrication d’objets en noisetiers tressé, mobiles…panneaux

Si vous pouvez, apportez vos outils, matériaux (osier, noisetier,
tasseaux et panneaux, tissus, laines….) vos idées, et tout ce qui peux
vous passer par la tête.

et votre Pic-nic

Contact Pierre au 06 74 19 26 02

Montage de la déco dans la cour du château MERCREDI 3 avril, NOUS AVONS
BESOIN DE BENEVOLES, CONTACTEZ NOUS.

‭contact bénévoles Lisa au 06 19 21 11 05‬

A très bientôt ! Merci

Pierre

Atelier déco fête des faucheurs / Ami bois samedi 16 et dimanche 17 mars

Dans le cadre de la fête des faucheurs, axée cette année sur la thématique de la forêt, nous organisons un atelier « déco » à l’Ami-bois, atelier partagé situé lieu dit Clavel à Caniac du Causse (route de Caniac à Quissac).

Fabrication de totems, sculpture et objet en bois, arbres insolites… nous vous invitons à venir participer

*SAMEDI 16 MARS 2019,

de 9h30 à 12h30

*DIMANCHE 17 MARS 2019,

de 9h30 à 16h30 (repas partagé).

INSCRIPTION auprès de Pierre Dufour, tél 06 74 19 26 02

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Nous vous invitons à apporter tout ce que vous pouvez:

– matériaux bois, plumes, mousses et lichen, pierres, nids, nichoirs, objets brillants,

– matériel de travail du bois, matériel de peinture, colle….

– livres sur les arbres, livres de peinture, photos…

Et surtout toutes vos idées créatives, insolites, rebelles, déjantées!!!!

RESISTER C’EST CREER, CREER C’EST RESISTER !

 

Une action en justice contre l’industrialisation de la forêt

Pour rappel  : La forêt est notre thème principal

de la 7 ème Fête des Faucheurs du Lot

des 5/6/7 avril à Assier

avec film/conférences et animations autour du bois.





 

Une action en justice contre l’industrialisation de la forêt

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(source/ Élisabeth Schneiter /Reporterre .11 mars 2019)

Des citoyens et des ONG ont déposé une action en justice contre l’Union européenne pour contester l’inclusion de la biomasse forestière dans la directive sur les énergies renouvelables. Les plaignants estiment que promouvoir cette source d’énergie est contradictoire avec le respect des objectifs climatiques et conduirait à la destruction accélérée des forêts.

La forêt, un « carburant renouvelable » ? Le 4 mars 2019, des citoyens et des ONG de six pays dont cinq États membres (Estonie, France, Irlande, Roumanie, Slovaquie et États-Unis) ont déposé plainte devant le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg pour contester l’inclusion de la biomasse forestière dans la directive énergies renouvelables, dite RED II. Cette directive a été adoptée en juin 2018 par la Commission, le Parlement et le Conseil européens au nom du respect de l’objectif général de l’Union européenne (UE) de réduire d’ici 2030 les émissions de carbone de 40 % par rapport aux niveaux de 1990. Et ce malgré les avertissements d’un groupe de plus de 800 scientifiques, de conseillers de l’UE et d’autres experts et malgré les principes de précaution et d’action préventive prévus par le Traité sur le fonctionnement de l’Union.

Or, pour les citoyens et des ONG qui ont porté plainte contre l’UE, considérer le bois comme un « carburant renouvelable » entraînerait la dévastation généralisée des forêts et augmenterait considérablement les émissions de gaz à effet de serre : RED II comptabilise comme nulles les émissions de CO2 provenant de la combustion de bois de chauffe et ne tient pas compte du rôle des forêts comme puits de carbone. En plus, les usines de pellets (granulés de bois) à partir de biomasse brute sont elles-mêmes d’importants générateurs de pollution atmosphérique nocive pour la santé humaine.

Par ailleurs, le temps nécessaire pour faire repousser les arbres, s’ils repoussent, n’est pas pris en compte dans la promotion par l’Union européenne de la bioénergie forestière comme moyen d’atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Les plaignants considèrent donc qu’utiliser les arbres comme source d’énergie prétendument neutre ne fait qu’accroître la « dette carbone » mondiale à venir, comme le montre une étude parue dans la revue Nature : le bois « émet généralement 1,5 fois plus de CO2 que le charbon et 3 fois plus que le gaz naturel à cause de la liaison carbone-bois, de sa teneur en eau, et de la température basse de combustion ».

Augmenter la pression sur les forêts d’Europe et d’Amérique du Nord

Les plaignants affirment donc que RED II, en donnant le statut de « renouvelable » au bois de chauffe, aura pour effet d’augmenter la pression sur les forêts d’Europe et d’Amérique du Nord pour répondre à la demande croissante de biomasse ligneuse. Celle-là a déjà augmenté de plus de 69 % entre 2005 et 2016 et devrait, selon l’exécutif européen, continuer à croître dans les prochaines décennies. Par exemple, la centrale à biomasse de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, aura approximativement besoin de 850.000 tonnes de biomasse par an, dont plus de la moitié sera constituée de biomasse ligneuse issue des forêts, extraite spécifiquement à cet effet. Pendant les dix premières années, une grande partie (plus de la moitié) pourra être importée, mais au bout de dix ans, toute la biomasse devra être extraite dans une zone de 400 km de rayon autour de Gardanne.

2_stock_de_bois_et_centrale.jpgStockage de bois destiné à la centrale de Gardanne.

Pour les plaignants, la directive compromet ainsi l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union, et l’article 5 de l’Accord de Paris, qui souligne le rôle des forêts comme puits de carbone et demande précisément des mesures pour éviter leur déboisement et leur dégradation.

Selon eux, la directive est également incompatible avec les objectifs environnementaux du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui exige de « préserver, protéger et améliorer la qualité de l’environnement, protéger la santé humaine, utiliser de manière prudente et rationnelle les ressources naturelles, promouvoir des mesures au niveau international pour faire face aux problèmes environnementaux régionaux ou mondiaux, et en particulier à la lutte contre le changement climatique » (art.191-1).

Les plaignants soutiennent aussi qu’inclure la biomasse forestière dans la directive constitue une violation de leurs droits et libertés fondamentaux, et porte préjudice à leur santé, à leurs moyens d’existence, à leurs communautés et à leurs traditions culturelles, et ne peut donc pas être autorisé au regard de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, notamment le droit à un haut niveau de protection environnementale (art. 37).

Dans la mesure où nous sommes tous touchés par le changement climatique, ce procès aura des implications mondiales.

ARGUMENTAIRE CONTRE LES METHANISEURS à la mode gouvernementale !!!

ÉLÉMENTS D’ANALYSES SUR LA MÉTHANISATION

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La méthanisation, C’EST QUOI ?
La méthanisation est un processus de dégradation des matières organiques qui produit du gaz, lequel est transformable en électricité et en chaleur, les résidus appelés digestats, après avoir subi une séparation de phase se présentent sous forme liquide et solide et sont utilisés par les agriculteurs comme fertilisants
Ce processus, qui peut apparaître comme vertueux au premier abord n’est pas sans poser de nombreux problèmes pour peu que l’on étudie les impacts qu’il engendre au niveau environnemental (l’eau, le sol, l’air) et plus globalement ce qu’il signifie en matière agricole (concentration d’ateliers hors sol de plus en plus gros et transformation du métier d’agriculteur en pourvoyeur de matières organiques pour alimenter ces méthaniseurs)

Contexte
Le projet de 4 méthaniseurs implantés dans le Ségala (Espeyroux, Labathude, Gorses, Viazac) représente une capacité de traitement supérieure à celui de Gramat, 83500t qui vont générer 81500t de digestat brut, celui de Gramat a une capacité de près de 70000t, c’est, en rajoutant celui de Mayrac, en tout, près de 10000 ha d’épandage et on peut s’attendre à ce que d’autres projets voient le jour dans un futur proche ( extension d’un élevage d’engraissement bovin de 350 veaux à 800 veaux qui va produire 2000t de déjections), la procédure du « porté à connaissance » auprès de la Préfecture permet à un porteur de projet d’augmenter la capacité du méthaniseur sans aucune obligations préalables, le gouvernement prévoit de consacrer 30 % des énergies renouvelables à la méthanisation (5000 unités au niveau national), dans le Lot le plan Climat/énergie prévoit prochainement 10 unités suplémentaires.
L’éclatement de ce projet en 4 projets permet de faire l’impasse sur l’obligation d’une enquête publique ce qui fait qu’il n’y a pas d’étude d’impact et de danger, seulement une consultation publique
Ce projet subventionné à hauteur de 34 %, donc avec nos impôts, mais le citoyen qui finance ces projets n’a rien à dire, pas de débat public

Impact sur l’eau
Le Ségala est le château d’eau du Lot, il alimente 70 % des lotois en eau potable ( l’Ouysse, le Francès, le Drauzou, le Bervezou, la Bave et une multitude de sources) la majeure partie du Lot est classée en zone fortement vulnérable de par sa topographie et sa géologie (sols karstique sur le Causse, sols sableux et pentus dans le Ségala) ce qui a pour effet d’avoir une capacité d’épuration et de rétention de l’eau très réduite
Les travaux de scientifiques de renommée internationale tel que Claude et Lydia Bourguignon, Michel Bacalowickz, Guy Astruc pour ne citer qu’eux , font état d’un risque majeur pour la santé publique
L’hygiénisation préconisée pour les lisiers de canards et volailles (1h à 70°ne semble pas suffisant pour éradiquer tous les germes pathogènes, le stockage dans des poches pendant plusieurs mois, non brassées et exposées à la chaleur, va favoriser la multiplication des bactéries anaérobies, d’ailleurs, l’Ademe préconise une analyse avant chaque épandage ce qui paraît difficilement réalisable

Impact sur le sol
Les digestats liquides présentent un rapport C/N inférieur à 5( – de 3 en moyenne), or le guide d’épandage des effluents préconise de ne pas épandre ces digestats sur sol karstique dont la profondeur est inférieure à 20 cms, ce qui est le cas d’une grande partie du Causse ; Les sols peu profonds, sablonneux et pentus du Ségala favorisent le lessivage et ne permettent pas au sol de jouer son rôle d’épuration, (600ha d’épandage sur la seule commune de Gorses)
Nous ne sommes pas à l’abri d’une pollution accidentelle sur une poche de stockage(ex : Alvignac) le risque de retrouver très rapidement ce digestat dans les eaux souterraines ne peut pas être écarté, des analyses ont été effectuées suite à l’accident d’Alvignac : les prélèvements mettent en évidence la présence de métaux lourds et de perturbateurs endocriniens(D4)
Une mortalité anormale d’abeilles a également été observée en bordure de parcelles épandues, probablement victimes des émanations de gaz amoniac volatile et de gaz soufré, les vers de terre sont eux aussi victimes de ces épandages, un grand nombre vient mourir en surface, lorsque l’on sait que de 2t à l’hectare en 1950 on en compte à peu près 200 kg/ha aujourd’hui, on voit bien l’effet désastreux de la diminution des apports de compost sur les sols au profit des effluents liquides et des engrais minéraux riches en azote
Des spécialistes en archéologie et paléontologie( M.Lorblanchet, G.Delluc, J-Ch Castel) alertent sur le risque de dégradation du milieu souterrain et en particulier sur les risques d’infiltration et de ruissellement
sur les parois des grottes ornées, le Lot est un extraordinaire réservoir de gisements préhistoriques dont beaucoup reste à découvrir, est-ce que des considérations économiques peuvent prévaloir sur notre patrimoine culturel commun

Impact sur l’air
C’est évidemment la pollution la plus visible, chacun de nous a pu en faire l’expérience en passant à proximité de l’unité de méthanisation de Gramat, mais aussi près des lieux de stockage, (Lacapelle-marival par exemple), des personnes se sont endettées pour construire leur maison et se retrouvent aujourd’hui en plein désarroi à subir en permanence une odeur pestilentielle et la possibilité de vendre réduite à néant.
En ce qui concerne le stockage du gaz, les couvertures souples utilisées ne sont pas étanches, et à partir de 4 % de fuite le bilan carbone est négatif, le méthane ayant un impact sur l’effet de serre 25 fois supérieur au carbone.
Lorsqu’il n’y a pas de récupération de chaleur(ce qui est le cas des méthaniseurs du Ségala), 40 % de l’énergie produite part dans la nature, les subventions publiques attribuées servent uniquement à améliorer le revenu des porteurs de projet

Conclusion
En résumé, le principe de la méthanisation n’est pas à rejeter, mais il doit se limiter à son utilisation au niveau d’une exploitation ( production de gaz et de chaleur pour chauffer des bâtiments et des habitations) et il doit limiter au maximum les épandages de digestat liquide au profit du digestat solide, de ce fait, le principe d’élevage hors sol sans litière est à proscrire
Cette méthanisation industrielle ou semi- industrielle conforte le développement d’une agriculture industrielle et en est la suite logique avec son lot de nuisances olfactives, hydrologiques, sanitaires, et à terme la disparition des petits paysans dont la façon de produire en respectant la terre, l’eau et les animaux est largement plébiscité par une grande majorité de Français

 

Source Paul Cayrel : un récapitulatif de l’ensemble des problèmes liés à la méthanisation qu’elle soit industrielle (Gramat) ou semi-industrielle (projets du Ségala)

UNE VICTOIRE DE PLUS CONTRE L’OBSCURANTISME DES LOBBIES PHYTOSANITAIRES —————————————————- 7 mars 2019

 Cette décision intervient aussi après des années de lutte citoyenne avec l’appui de nombreux mouvements et associations : Faucheurs Volontaires, Confédération Paysanne, Générations Futures etc..

Cette victoire doit être partagée et non accaparée par les seuls eurodéputés verts !!

K




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Glyphosate : la justice européenne défend le droit d’accès à l’information

(source Le Monde avec AFP / 07 mars 2019)

le Tribunal de l’Union européenne a estimé que l’intérêt du public à accéder à l’information en matière d’environnement était supérieur à l’intérêt commercial et annule des décisions de l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), qui avait refusé la demande de députés européens d’accéder à une partie des études non publiées sur les risques de cancer liés au glyphosate.

 

Dans un communiqué, le tribunal explique :

« La divulgation des informations qui ont trait à des émissions dans l’environnement […] est réputée présenter un intérêt public supérieur par rapport à l’intérêt tiré de la protection des intérêts commerciaux. »

Il précise que « l’intérêt du public à accéder aux informations relatives aux émissions dans l’environnement est de savoir non seulement ce qui est, ou sera de manière prévisible, rejeté dans l’environnement mais aussi de comprendre la manière dont l’environnement risque d’être affecté par les émissions en question ».

« Victoire historique »

L’eurodéputée des Verts Michèle Rivasi, à l’origine de la saisine du tribunal avec des collègues écologistes, a salué une « victoire historique ». « Si on n’avait rien fait, c’étaient les lobbies qui prenaient le pouvoir. Il faut que les lobbies respectent la réglementation et les politiques », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse (AFP). « Sur la confidentialité des documents, la cour de justice européenne nous donne gain de cause sur toute la ligne. Maintenant, quand les législateurs ou une agence donnent un avis scientifique, s’il n’y a pas accès aux documents, ils sont attaquables », a ajouté Mme Rivasi.

La décision peut être contestée dans un pourvoi, dans un délai de deux mois, soit par l’EFSA, soit par le groupe Monsanto qui s’est associé à l’agence européenne dans ce dossier, selon une source au Tribunal.

Le renouvellement de la licence de cet herbicide controversé dans l’UE avait donné lieu à une saga, avant d’obtenir un feu vert pour cinq ans. C’est l’une des substances les plus utilisées dans l’industrie phytosanitaire.

L’EFSA a estimé qu’il s’agissait d’une décision « importante ». L’arrêt du tribunal « fournit une orientation à l’EFSA et aux autres organismes chargés d’interpréter la législation de l’UE sur l’accès du public aux documents », a expliqué un porte-parole de l’agence basée à Parme (Italie).

Plus de transparence

De son côté, la Commission européenne a rappelé sa proposition pour plus de transparence dans l’évaluation des risques dans la chaîne alimentaire. Avec cette proposition, sur laquelle le Parlement européen et les Etats membres ont récemment trouvé un compromis qui doit encore être ratifié, « toutes les études scientifiques et information en lien avec les demandes d’évaluation scientifique à l’EFSA, vont, à l’avenir, être rendues publiques de façon proactive et automatique, tôt dans la procédure d’évaluation des risques, c’est-à-dire sans demande préalable », a expliqué une porte-parole.

Le classement par l’EFSA de la substance comme « probablement non cancérogène », qui avait ouvert la voie à sa réautorisation dans l’UE, avait alimenté la controverse quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Quatre eurodéputés verts, dont Mme Rivasi, avaient demandé en mai 2017 l’accès aux « parties relatives au matériel, conditions expérimentales et méthodes et aux résultats et analyse des études sur la cancérogénicité du glyphosate non publiées », des documents refusés par l’EFSA au nom de la protection des intérêts des entreprises qui avaient fourni des rapports d’études. Ils avaient saisi la justice de l’UE pour contester cette décision.

« En tant qu’industrie, nous nous sommes engagés volontairement, en 2018, à rendre publiques toutes les données relatives à la sécurité provenant d’études pour montrer que nous n’avons rien à cacher. Nous demeurons pleinement attachés à cet objectif », a réagi, de son côté, Graeme Taylor, porte-parole de l’association européenne de l’industrie phytosanitaire, l’ECPA.

 

Pesticides : La Réunion à l’aube d’un scandale sanitaire ?

arton16917-ac5bdPesticides : La Réunion à l’aube d’un scandale sanitaire ?

(source Reporterre le quotidien de l’écologie/ 8 mars 2019 / Fabrice Nicolino)

Depuis des décennies, explique l’auteur de cette tribune, l’île de La Réunion est le théâtre d’une pollution massive due aux pesticides de synthèse. L’utilisation par dérogation de produits interdits ailleurs rappelle le tragique précédent du chlordécone aux Antilles.

Fabrice Nicolino est journaliste spécialiste des questions d’écologie et collaborateur de Reporterre. Il préside l’association Nous voulons des coquelicots, qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

Laissez-moi vous dire deux mots : j’aime La Réunion. Je suis allé deux fois sur votre île, et j’y ai aimé ses peuples, ses mélanges, ses défilés et cérémonies, ses paysages inouïs. J’ai aimé l’océan, pourtant si rude, les grands cirques bien sûr, la profusion végétale des pentes, les femmes, les hommes et les enfants rencontrés. Si je vous raconte cela, c’est parce que je me sens lié à vous tous, même à 9.500 kilomètres de l’île.

Je veux vous parler des poisons qui endommagent pour des dizaines ou des centaines d’années les sols, et la santé des habitants, qu’ils soient hommes, bêtes ou plantes. Je parle bien entendu des pesticides de synthèse chimique.

Voyez-vous, j’ai suivi il y a déjà près de quinze ans l’affaire du chlordécone, aux Antilles. L’histoire est presque incroyable, car les autorités ont accepté l’usage dans les bananeraies d’un insecticide pourtant interdit aux États-Unis. La chronologie compte. En 1974 commence un scandale sanitaire dont on parlera dans le monde entier. Dans l’usine étasunienne qui fabrique le chlordécone, à Hopeville, des dizaines de travailleurs sont atteints de troubles neurologiques graves. On apprend ensuite que toute la région, via la James River, où l’on a jeté des milliers de tonnes de déchets souillés, est gravement contaminée. D’où l’interdiction prononcée en 1976.

La canne à sucre, constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents 

Mais aux Antilles françaises, quatre ministres de l’Agriculture successifs accordent à partir de 1981 une effarante autorisation de mise sur le marché (AMM), suivie de dérogations qui se poursuivront jusqu’en 1993. Le bilan, en cette année 2019, est atroce : très stable chimiquement, le chlordécone est présent dans les sols pour des centaines — centaines ! — d’années. Et la Martinique détient le record du monde du nombre de cancers de la prostate.

Moi, je suis sûr qu’il se passe quelque chose de grave à La Réunion. Certains pesticides interdits dans l’Union européenne sont épandus chez vous, comme l’attestent des déclarations officielles. Et que dire de la canne à sucre — près de 60 % de la surface agricole utile de l’île —, constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents ? Parmi eux, le célèbre Roundup, plus toxique encore que sa principale matière active, le glyphosate. Ou encore l’asulox, retiré du marché européen depuis 2012, mais qui continue à obtenir des dérogations annuelles par le ministère de l’Agriculture sous pression des planteurs de canne. Et ce dicamba, objet de milliers de plaintes de paysans aux États-Unis ?

Pour savoir ce qui se passe vraiment à La Réunion, il faudrait commencer par chercher. La seule certitude, c’est que les eaux de l’île sont gravement polluées. Les derniers rapports officiels montrent la présence de dizaines de pesticides dans la plupart des eaux de surface ou souterraines. Et parmi eux, des molécules pourtant interdites, comme le métolachlore ou l’atrazine déséthyl, métabolite de l’atrazine.

On a cassé le thermomètre, et dès lors, personne ne peut dire quelle est la contamination réelle 

Que font nos responsables ?À peu près rien, ce qui donne une idée de la puissance des lobbies. Dans le journal en ligne Zinfos974, je lis ces mots tout de même sidérants : « “Il n’y a pas d’analyse de contamination du sol par les phytosanitaire”, nous précise la chambre d’agriculture. » De son côté, l’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) admet sans hésiter : « Pour l’instant, nous ne réalisons pas de surveillance de pesticides dans l’air. » Faute de moyens. Quant à l’Agence régionale de santé (ARS), elle s’estime incompétente pour parler de la question.

La réalité est simple : on a cassé le thermomètre, et dès lors, personne ne peut dire quelle est la contamination réelle de cette île chère à mon cœur. Compte tenu des quantités énormes de pesticides épandus — les classements régionaux placent La Réunion au premier rang —, il est certain que la situation est grave. Je ne saurais vous donner un conseil, car ce serait trop simple pour moi, à l’abri de mon bureau parisien. Mais un avis, oui. L’avis d’un ami à d’autres amis lointains : c’est l’heure. C’est le moment ou jamais de soulever le couvercle du mépris, et de se lever en masse. Pacifiquement, mais sans reculer. On ne peut plus attendre. De cela, je suis profondément convaincu. Et bien sûr, je m’engage aussi. Je serai à vos côtés dans tous les combats qui s’annoncent et en particulier celui porté par le manifeste d’Oasis Réunion, très ambitieux mais aussi tellement réaliste. Vive la vie ! Vive la beauté du monde !