La France continue d’exporter des pesticides interdits

(source : Public Eye/Laurent Gaberell- 30 novembre 2022)

https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/pesticides/la-france-continue-dexporter-des-pesticides-interdits

Le gouvernement français a approuvé l’exportation de plus de 7400 tonnes de pesticides interdits depuis le début de l’année, malgré l’adoption d’une loi historique prohibant cette pratique. C’est ce que révèle une nouvelle enquête de Public Eye et Unearthed, qui met en lumière les failles de la nouvelle règlementation française. Pour mettre fin aux exportations toxiques, une interdiction au niveau de l’Union européenne est essentielle.


En octobre 2018, la France adoptait une loi prohibant l’exportation de pesticides interdits sur son sol dès 2022. Cette décision historique avait été prise dans le sillage des révélations sur le scandale de l’atrazine, un perturbateur endocrinien banni en raison de la pollution des nappes phréatiques, mais exporté par Syngenta depuis la France. Elisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique, se félicitait de l’adoption de cette mesure, qui devait permettre à la France d’agir pour l’écologie « à l’échelle de la planète ».

Pourtant, près d’une année après l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi, la France continue d’exporter massivement des pesticides dangereux dont elle ne veut plus dans ses champs, comme le révèle notre enquête.

Des données obtenues en vertu du droit d’accès à l’information exposent l’ampleur de ce commerce toxique.

Entre janvier et septembre 2022, les autorités françaises ont approuvé 155 demandes d’exportation pour des pesticides interdits en France et dans toute l’Union européenne (UE). Au total, 7475 tonnes de substances et produits phytosanitaires interdits ont été autorisées à l’exportation. Ces exportations concernent 14 molécules bannies de l’agriculture européenne en raison de leur dangerosité pour la santé et l’environnement.

Une substance représente à elle seule près de 40 % des volumes : la picoxystrobine. Ce fongicide, utilisé dans les cultures de céréales et de soja, a été interdit en 2017 en raison d’un potentiel génotoxique et d’un risque élevé pour les organismes aquatiques. Les autorités françaises ont également donné leur feu vert à de nombreuses exportations d’insecticides « tueurs d’abeille » – trois néonicotinoïdes et le fipronil – tous interdits dans l’UE pour protéger les pollinisateurs et la biodiversité.

La grande majorité de ces exportations – près de trois quarts des volumes – était destinée à des pays à revenu faible ou intermédiaire, où les réglementations sont plus permissives et les risques très élevés. Le Brésil, premier marché mondial des pesticides, est de loin la principale destination. Dans ce pays, l’utilisation massive de pesticides est associée à de graves violations des droits humains, comme en témoigne un rapport des Nations unies. L’Ukraine, la Russie, le Mexique, l’Inde et l’Algérie figurent aussi parmi les dix principaux importateurs de ces pesticides interdits « Made in France ».

Au Brésil, premier marché mondial des pesticides, les monocultures s’étendent à perte de vue.

L’interdiction d’exporter des pesticides interdits prévue dans la loi Agriculture et Alimentation (loi Egalim) est pourtant bien entrée en vigueur en France le 1er janvier 2022. Mais la loi elle-même et le décret adopté pour fixer les modalités de sa mise en œuvre contiennent des failles importantes, qui permettent aux industriels de continuer à exporter depuis la France de grandes quantités de pesticides interdits, en toute légalité.

Contactée par Public Eye et Unearthed, l’eurodéputée écologiste française Michèle Rivasi, qui suit de près ce dossier, se dit « scandalisée » par les faits mis en lumière. « C’est un détournement de la loi qui visait à faire cesser cette pratique honteuse à l’origine de violations des droits humains et de désastres environnementaux en dehors de l’Union européenne », déplore-t-elle :

« Le lobby des pesticides est prêt à tout pour faire du profit ».

Ces révélations interviennent alors que la Commission européenne est revenue sur sa promesse de mettre en œuvre une interdiction d’exporter des pesticides interdits au niveau de l’UE d’ici à 2023. La Commission avait pris cet engagement dans le cadre de sa stratégie sur les produits chimiques. Mais elle a retiré cet élément de son programme de travail, apparemment sous la pression des lobbys de l’industrie chimique. D’autres pays européens s’apprêtent toutefois à suivre l’exemple de la France et à adopter une interdiction d’exportation au niveau national, comme la Belgique et l’Allemagne. Il est dès lors essentiel qu’ils s’appuient sur l’exemple français pour éviter les mêmes écueils.

Les failles de la règlementation française

La plus grande faille de l’interdiction d’exportation édictée en France se trouve dans la loi elle-même. Si la loi Egalim prévoit l’interdiction d’exporter des « produits phytosanitaires » contenant des substances interdites dans l’UE, elle ne s’applique pas aux substances actives. Les fabricants sont donc libres de continuer à les exporter, le produit phytosanitaire « prêt à l’emploi » pouvant ensuite être formulé dans le pays d’importation. Mais pourquoi le gouvernement français s’est-il contenté d’une disposition aussi laxiste, qui laisse la porte ouverte aux exportations toxiques ? C’est d’autant plus surprenant que, dans la règlementation européenne, ce sont toujours les substances actives qui font l’objet d’interdictions. Les autorités françaises n’ont pas souhaité répondre à cette question.

Plusieurs substances semblent avoir profité de cette faille. En tête de liste : la picoxystrobine. Depuis janvier, les autorités françaises ont autorisé le géant de l’agrochimie étatsunien Corteva à expédier, sous forme de substance pure, plus de 2900 tonnes de ce fongicide extrêmement dangereux. La grande majorité – 2400 tonnes – était destinée au Brésil, où ce fongicide est principalement utilisé dans la culture de soja. Ces exportations françaises représentent à elles seules 85 % des volumes de picoxystrobine utilisés chaque année au Brésil. Et elles rapportent gros : quelque 260 millions de dollars dans les caisses de Corteva, selon des données de S&P Global, une société d’analyse de marché.

« Quand on pense à l’Union européenne, on imagine un environnement où la réglementation est forte et où les lois sont respectées », a réagi Alan Tygel, porte-parole de la Campagne permanente contre les « agrotoxicos » et pour la vie au Brésil. « Mais ici le constat est clair : il y a toujours un moyen de contourner la législation pour favoriser les profits de l’industrie chimique au détriment de la santé et de l’environnement dans les pays plus défavorisés ».

Une deuxième faille dans l’interdiction d’exportation prononcée par les autorités françaises provient du décret adopté en mars pour régler sa mise en œuvre. Selon ses termes, les produits phytosanitaires contenant des substances dont l’autorisation sur le sol européen a expiré, et qui n’ont pas fait l’objet d’une décision d’interdiction formelle des autorités européennes, peuvent continuer à être exportés. Dans ce cas, l’exportation ne sera interdite qu’à partir d’une date fixée par arrêté conjoint des ministres de l’agriculture et de l’environnement, « sur la base d’une évaluation de l’impact de la mesure d’interdiction ». Aucun arrêté de ce type n’a encore été pris à ce jour.

On ignore aussi pourquoi les autorités françaises ont introduit cette distinction dans le décret. La loi Egalim prévoit au contraire que l’interdiction d’exportation s’applique à tous les produits contenant des substances « non approuvées pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou animale ou de l’environnement ». Peu importe si l’approbation a expiré ou si son renouvellement a été refusé. Par ailleurs, la réglementation européenne définit clairement qu’une substance dont l’autorisation a expiré doit aussi être considérée comme « interdite » lorsqu’il est établi qu’elle présente des risques pour la santé ou l’environnement. Cette disposition est importante, car les fabricants de pesticides préfèrent souvent retirer leur demande de renouvellement s’ils pressentent que celle-ci sera rejetée par les autorités, afin d’éviter la publicité négative provoquée par une interdiction officielle.

Grâce à cette faille, les autorités françaises ont donné leur feu vert à 94 demandes de Bayer, BASF, Syngenta ou Nufarm pour des exportations d’insecticides « tueurs d’abeilles » à base d’imidaclopride, de thiaméthoxame, de clothianidine ou de fipronil. Au total, plus de 1800 tonnes de produits contenant l’une de ces substances interdites ont été autorisées à l’exportation par la France depuis janvier 2022. La majorité des volumes étaient destinés à la Russie, à l’Ukraine, au Japon, aux États-Unis, au Guatemala, à l’Inde et à l’Indonésie.

Considérés comme « interdits » par la réglementation européenne, ces insecticides extrêmement dangereux ont pu être exportés depuis la France car ils n’ont pas fait l’objet d’une décision de non-renouvellement. En 2018, les autorités européennes avaient décidé d’interdire ces substances en plein air pour protéger les abeilles et autres pollinisateurs, mais leur utilisation sous serre restait admise. Leur autorisation a finalement expiré, après le retrait des demandes de renouvellement par les fabricants.

Des exportations « hors la loi » ?

Au-delà des failles de la législation, notre enquête soulève aussi des questions quant à sa mise en œuvre par les autorités françaises. Les données en notre possession révèlent que celles-ci ont autorisé 29 demandes d’exportation pour plus de 2200 tonnes de produits phytosanitaires contenant des substances ayant fait l’objet d’une décision d’interdiction formelle de la part des autorités européennes. Ces exportations, qui semblent contraires à la loi française, concernent six molécules.

L’exemple le plus significatif est la fénamidone, un fongicide utilisé pour lutter contre les mildious des raisins, des légumes, des pommes de terre et des plantes ornementales. Cette substance a été interdite en 2018 par les autorités européennes en raison de préoccupations concernant sa génotoxicité et la contamination des eaux souterraines. Pourtant, les autorités françaises ont approuvé, depuis janvier, l’exportation de 1300 tonnes de produits phytosanitaires contenant de la fénamidone vers des pays comme le Mexique, l’Algérie, l’Inde et l’Égypte.

Interrogées par Public Eye et Unearthed, les autorités du françaises confirment que ces exportations « entrent bien dans le champ de l’interdiction prévue à l’article 83 de la loi Egalim ». Mais elles expliquent que, sur la base de « justificatifs » transmis par les entreprises et qui ont été jugés « recevables », elles ont décidé de valider ces demandes d’exportation. Les autorités françaises ont toutefois refusé d’indiquer les éléments qui les ont conduites à prendre cette décision.

Syngenta a trouvé la parade

En dépit des lacunes de la législation française et de sa mise en œuvre, les données obtenues par Public Eye et Unearthed montrent que les nouvelles dispositions ont tout de même permis de réduire considérablement les exportations de pesticides interdits depuis la France. Au total, les autorités françaises ont approuvé l’exportation de 7475 tonnes de pesticides interdits entre janvier et septembre 2022. Une baisse notable par rapport aux 28 479 tonnes autorisées en 2021. Cette année-là, 31 substances interdites avaient été notifiées à l’exportation depuis la France, contre 14 en 2022.

Cela ne signifie pas pour autant que ces pesticides ne sont plus exportés depuis le sol européen. Pour des géants de l’agrochimie comme BASF, Bayer ou Syngenta, qui possèdent des filiales et des infrastructures dans toute l’UE, il est relativement aisé de délocaliser la production et l’exportation de ces pesticides interdits vers des pays voisins pour échapper à la nouvelle réglementation française. En particulier s’ils produisent déjà ces mêmes substances dans une autre usine située sur le continent européen.

Une société semble avoir pris les devants et déplacé son commerce de pesticides interdits, en réponse à la nouvelle législation française : Syngenta. En 2021, le géant bâlois avait notifié l’exportation de cinq pesticides interdits depuis la France, pour un volume total de 1941 tonnes. Il s’agissait de produits contenant cinq substances interdites – thiaméthoxame, propiconazole, chlorothalonil, diquat et pymétrozine. Depuis janvier, Syngenta n’a annoncé à l’exportation depuis la France que 4,6 tonnes de thiaméthoxame.

Or, des données obtenues auprès des autorités allemandes montrent qu’en 2022, Syngenta a, pour la première fois, annoncé des exportations de chlorothalonil, de pymétrozine et de diquat depuis l’Allemagne. Et ses exportations de propiconazole et de thiaméthoxame ont fortement augmenté. Mais l’exemple le plus frappant est sans doute l’atrazine. Syngenta exportait chaque année des produits contenant cette substance à partir de la France depuis 2004. Plus de 1100 tonnes vers l’Ukraine, le Soudan et l’Azerbaïdjan en 2018, comme nous le révélions dans une précédente enquête. En 2021, ces exportations ont cessé, et Syngenta a commencé à expédier de l’atrazine depuis l’Allemagne vers ces mêmes pays.

Interrogé par Public Eye et Unearthed, Syngenta n’a pas souhaité répondre sur le fond. Par la voix de son porte-parole, le géant bâlois fait savoir que « la sécurité des produits de Syngenta pour les personnes et l’environnement est très importante pour nous » et que ses « usines de production de haute technologie en Europe ont fait leurs preuves en matière de sécurité et de qualité et bénéficient de décennies d’expérience ». « Pour garantir que nos composés répondent à nos normes de production strictes et présentent la meilleure qualité, nous ne produisons qu’en quelques endroits dans le monde, d’où nous exportons vers plus de 90 pays. »

© Lunaé Parracho/Reuter

Les lobbys n’ont pas encore gagné la partie

Les faits mis en évidence par notre enquête montrent la nécessité de prohiber l’exportation des pesticides interdits au niveau de l’Union européenne afin d’éviter que les géants de l’agrochimie déplacent leurs exportations toxiques d’un État membre à un autre. Un constat partagé par les autorités françaises, qui reconnaissent que l’interdiction d’exportation édictée au niveau national « peut être contournée » en exportant depuis un pays voisin et qu’il est donc nécessaire qu’elle « se généralise à l’ensemble de l’Union européenne ». Mais après le récent rétropédalage de la Commission européenne, sous la pression des lobbys de l’agrochimie, il n’y a pas de décision en vue pour une telle interdiction.

Cependant, l’étau se resserre sur les géants de l’agrochimie. Plusieurs pays s’apprêtent à suivre l’exemple de la France et planchent sur l’adoption d’une interdiction d’exportation au niveau national. La Belgique a annoncé vouloir mettre fin aux exportations de produits chimiques interdits depuis son sol, et l’Allemagne s’est engagée à cesser d’exporter des pesticides interdits dès le printemps prochain. La Suisse interdit également l’exportation de certains pesticides « particulièrement problématiques ». Et d’autres pays pourraient suivre.

« La France était pionnière en interdisant l’exportation de pesticides interdits, conclut l’eurodéputée écologiste française Michèle Rivasi. Elle devrait faire respecter l’objet de cette loi et s’allier avec d’autres pays européens pour l’étendre le plus tôt possible à toute l’Europe ».

1/Mégabassines : une figure des opposants espionnée par la police. 2/ À Dijon, l’«espionnage d’État» cible des militants politiques

(source : Reporterre – 27 janvier 2023)

1/Mégabassines : une figure des opposants espionnée par la police

Un traceur a été retrouvé sous la voiture de Julien Le Guet. Le porte-parole de l’opposition aux mégabassines était donc surveillé. – © Laury-Anne Cholez/Reporterre

Le porte-parole du collectif Bassines non merci, Julien Le Guet, est suivi de près. Jeudi 19 janvier, son garagiste a retrouvé un petit boîtier noir dissimulé sous l’essieu de son camion. D’après le collectif, qui a mené des vérifications, ce dispositif est un traceur qui permet de géolocaliser une personne en temps réel. La préfecture des Deux-Sèvres, interrogée par Libération, confirme l’existence du traceur GPS, qu’elle justifie par les « antécédents de violences de BNM ».

Les opposants aux bassines ont dénoncé un « Watergate du Marais poitevin ». En mars 2022, des dispositifs installés par la police avaient déjà été découverts près du lieu habituel de réunion des opposants aux mégabassines, dans les Deux-Sèvres. La surveillance des militants semble s’être généralisée en France : à Dijon, près du quartier libre des Lentillères, des appareils d’espionnage ont également été retrouvés.

« Une intensification de la criminalisation des militants écologistes »

Pour le collectif Bassines non merci, cette surveillance confirme une « intensification de la criminalisation et de la répression des militants écologistes ». Interpellations, gardes à vue, procès, menace de dissolution, mises sur écoute, perquisition. « À tout ceci ajoutons encore lors des mobilisations les milliers de gendarmes déployés, les hélicoptères mobilisés, au total des millions d’euros dépensés par l’État pour assurer une privatisation de l’eau sereine pour les agro-industriels portant les projets de méga bassines », ont-ils pointé dans un communiqué.

Les militants ont demandé que « toute la lumière soit faite sur ces moyens de surveillance hors norme et l’atteinte grave aux libertés publiques et individuelles qu’ils représentent ».



2/ À Dijon, l’« espionnage d’État » cible des militants politiques

(source : Reporterre/Gaspard d’Allens)

© Juan Mendez/Reporterre

En octobre 2022, les habitants des Lentillères et des Tanneries à Dijon ont trouvé des caméras de surveillance dissimulées devant ces deux lieux militants. L’œuvre de la police, selon eux.

« Nous sommes sous le choc, mais pas surpris. » À Dijon, les habitants du jardin des Lentillères et de l’espace autogéré des Tanneries — deux lieux militants emblématiques de la ville — ont fait une découverte pour le moins déconcertante. En octobre dernier, ils ont trouvé deux caméras camouflées dans des boîtiers électriques, perchés à 7 mètres de hauteur juste devant chacun des deux portails.

Ces caméras filmaient, en continu, l’entrée des lieux, surveillaient massivement les allées et venues et contrôlaient les plaques d’immatriculation. Une des caméras donnait même directement sur la fenêtre d’une chambre. Des dispositifs assez sophistiqués : ils pouvaient être activés à distance pour allumer et faire pivoter les caméras. Une antenne permettait aussi de transmettre directement les vidéos et les informations récoltées. Aujourd’hui, elles ont été enlevées.

Dans ce boîtier se trouvait une caméra de surveillance. © Habitants des Lentillères et des Tanneries

Les collectifs d’habitants dénoncent « une intrusion totale dans [leur] intimité »« un espionnage d’État contre des opposants politiques et des lieux de contre-culture ». Pour eux, les propriétaires des caméras ne font aucun doute. « Qui, à part la police, a les compétences matérielles et l’intérêt de le faire ? s’interroge Jeremy [*]. Il faut une nacelle et toute une organisation pour installer ces caméras. »

« Qui, à part la police, a les compétences matérielles et l’intérêt de le faire ? »

Contactées par Reporterre, ni la préfecture ni la gendarmerie nationale n’ont voulu confirmer l’intuition des habitants. D’après ces derniers, les caméras auraient été posées dès 2019. Ils l’ont compris en épluchant leurs albums photos privés. Sur certaines d’entre elles, en arrière-plan, derrière les sourires, les fêtes et les banquets, se trouvaient ces petits boîtiers blancs accrochés à un poteau en béton. En utilisant les archives de Google Street View, ils ont pu constater que la première pose des caméras remontait également à 2019.

« Les boîtiers faisaient partie du décor et paraissaient inoffensifs. Personne ne les suspectait, mais ils épiaient nos vies et scrutaient nos moindres gestes. Au quotidien et pendant des années », réalise Jeff [*].

« Nos lieux de vie servent de base arrière au mouvement social »

En trois ans, ces caméras ont pu, en effet, accumuler une quantité gigantesque de données, identifier des milliers de personnes et surveiller des dizaines d’événements, de rencontres et de concerts. « Nos lieux de vie sont aussi des espaces d’organisation, explique Nora [*], une autre habitante des Tanneries. Ils brassent énormément de monde et servent de base arrière pour le mouvement social, l’accueil des exilés, le soutien aux grèves ou l’aide aux plus précaires. »

La caméra pouvait filmer à travers la grille du boîtier. Ce dernier faisait environ 38 centimètres. © Habitants des Lentillères et des Tanneries

Quatre-vingts personnes vivent aux Lentillères. Une dizaine aux Tanneries. Au quotidien, ils expérimentent ensemble des formes de vie collective, en dehors de l’économie marchande, comme le racontait déjà Reporterre en 2018. Les activités qu’ils mènent sont multiples : impression de brochures, atelier de réparation, centre d’archivage, spectacle, maraîchage, etc.

Des dizaines d’associations nationales ont pu se retrouver sous surveillance. Rien qu’en 2022, Dernière rénovation, Extinction Rebellion et le syndicat Solidaires ont fait leur assemblée générale aux Tanneries. Le fonds de dotation Antidote, le collectif Reprise de terres, les Faucheurs volontaires d’OGM, les colleuses féministes, l’université d’été de la libération animale y ont également organisé des rencontres. Sans compter les brigades de solidarité qui y passent régulièrement, les groupes de musique ou les comédiens. Et même des collectifs de journalistes, dont la revue Z ou les Éditions de la dernière lettre.

« C’est un espionnage long et diffus qui a été mené à l’encontre de tout un milieu politique, dans sa diversité, soutient Jeremy. Le fait que l’on ait découvert ces caméras à la fois aux Tanneries et aux Lentillères montre que l’on a voulu cibler des militants et celles et ceux qui tentent de vivre en dehors de la norme. »

« C’est du voyeurisme » 

Voir sa vie ainsi décortiquée à son insu, passée aux cribles de la surveillance, leur a laissé des traumatismes. « C’est comme si on avait vécu pendant plusieurs années sous un contrôle d’identité permanent, témoigne Nora. On revisite notre intimité, on voit notre quotidien dans les yeux de la police. Tu repenses à tes embrassades sur le parking, à tes amis, tes fréquentations. Ce n’est pas seulement de la surveillance, c’est du voyeurisme. » D’autant que plusieurs enfants et adolescents vivent sur place. « Comment leur expliquer qu’ils ont été placés sous l’œil d’une caméra ? Comment le justifier ? »

Entourée en rouge, la caméra qui filmait les habitants des Tanneries. © Habitants des Lentillères et des Tanneries

Les militants s’interrogent : pourquoi les autorités ont-elles installé un tel dispositif ? Une instruction judiciaire est-elle en cours ? Le parquet a refusé de donner suite à notre demande d’information. Mais, selon les militants, à leur connaissance, « il n’existe pas en ce moment de menace précise et aucune procédure d’expulsion n’est prévue ». Les Tanneries bénéficient d’une convention avec la mairie arrachée de haute lutte, tandis que l’avenir des Lentillères est en cours de discussion.

Les habitants dénoncent « une surveillance policière illégale » et comptent bien organiser une « riposte juridique ». Ils envisagent de porter plainte. Comme le rappelle leur avocate Amandine Fabregue, du barreau de Lyon, « la captation d’images dans un lieu privé n’est autorisée que dans des cas précis : l’enquête d’un juge d’instruction ou d’un juge des libertés et des détentions, dans des affaires qui concernent uniquement la criminalité et la délinquance organisée. Cela ne semble pas aujourd’hui être le cas ».

« Cette affaire doit créer un sursaut de mobilisation »

« Cette affaire ne doit pas rester impunie, elle doit créer un sursaut de mobilisation, estime Jeremy. On assiste depuis plusieurs années à un glissement vers une société de contrôle, où le gouvernement criminalise de plus en plus violemment ses opposants. »

Selon lui, les vidéos récoltées serviraient à alimenter les notes blanches — des fiches ni datées ni signées — des renseignements généraux. « Ils veulent rendre suspectes nos vies, ils cherchent de pseudos preuves pour nous incriminer, enchérit Jeff. Comme lors de “l’affaire de Tarnac” [le sabotage de lignes de TGV en 2008], à défaut d’éléments tangibles, les autorités tentent de “colorer le dossier”, inventorier nos liens et alimenter leur fantasme autour de l’ultragauche ». D’après un membre des forces de police, interrogé par Le Figaro, les Lentillères et les Tanneries seraient leurs « ultimes bastions ».

En haut à gauche de la photo, la caméra installée devant les Tanneries pouvait filmer également des rassemblements, comme ici en 2020. © Habitants des Lentillères et des Tanneries

« J’ai l’impression d’être dans un mauvais film d’espionnage » 

« Je n’en dors plus, raconte Faustine [*]. Ça sera quoi la suite ? Des perquisitions pour découvrir une bouteille d’acétone comme preuve irréfutable d’explosifs en cours de préparation ? Une pompe à vélo en guise de matraque ? Nos bibliothèques renversées pour mettre la main sur un livre de la révolution zapatiste ? J’ai l’impression d’être dans un mauvais film d’espionnage. »

Au-delà de ces caméras, ces habitants subissent déjà une forte pression policière. Des voitures de police banalisées sillonnent régulièrement leur quartier et leur courrier est systématiquement ouvert, affirment-ils. « Même les lettres d’amour ! »

Pour les habitants, les caméras ont été installées en 2019. © Habitants des Lentillères et des Tanneries

Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls. Dans un communiqué, les Dijonnais insistent pour inscrire cette affaire dans un cadre plus général. En mars dernier, Julien Le Guet, un des porte-paroles de Bassines non merci avait lui aussi découvert une caméra devant le domicile de son père. Il y a un an, un micro avait également été trouvé dans une bibliothèque anarchiste à Paris. À la zad du Carnet (Loire-Atlantique), une caméra avait été installée devant une barricade tandis qu’à Bure (Meuse), une rencontre des comités de soutien avait été filmée.

« On ne se laissera pas intimider ni décourager, souligne Nora. On sait qu’ils font cela pour nous briser, nous faire peur, mais nous ne nous arrêterons pas. » Au contraire, les militants appellent à un rassemblement à Dijon le 18 février. Un bal masqué contre l’espionnage d’État. « Si les autorités veulent des ennemis politiques, c’est comme ça qu’ils vont en fabriquer. »

Au Chili, les mégabassines néfastes depuis 35 ans

(source : Reporterre/Marion Esnault – 25 novembre 2022)

« Depuis la dictature de Pinochet, l’eau au Chili est une propriété privée. Le plus grand consommateur, et donc propriétaire de l’eau, est l’agriculture, à hauteur de 73%.« 

Frappé par une mégasécheresse, le Chili multiplie les retenues d’eau depuis 1985. Le but : exporter toujours plus de produits agricoles. Bilan : un cycle naturel de l’eau altéré et un accaparement par les grands agriculteurs.

Santiago (Chili), correspondance

À Petorca, à 200 kilomètres au nord de Santiago-du-Chili, de grandes bassines d’eau jalonnent les plantations verdoyantes d’avocats destinés à l’exportation. Depuis une dizaine d’années, la province est considérée comme « zone de catastrophe pour pénurie d’eau ». Autour de ces retenues d’eau et de ces tâches vert foncé, le paysage méditerranéen de garrigue provençale d’il y a quinze ans a disparu. Aujourd’hui, seuls les cactus survivent. Le climat est devenu désertique. La rudesse de la « mégasécheresse » a fait perdre une grande partie de leur bétail aux petits éleveurs. Depuis 2012, la plupart des habitants reçoivent par camion-citerne 50 litres d’eau potable par jour et par personne.

Avec ses 1 200 fleuves et 3 500 glaciers perchés dans les Andes, le Chili est la troisième réserve mondiale d’eau douce. Et pourtant, il est aussi parmi les vingt pays au monde qui subissent le plus haut stress hydrique : les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande. Estefanía González, coordinatrice chez Greenpeace, explique que « le problème de l’eau n’est pas seulement dû à la sécheresse et au changement climatique, mais aussi à la manière dont l’eau est gérée. Seulement 2 % sont utilisés pour l’eau potable ». Depuis la dictature de Pinochet, l’eau au Chili est une propriété privée. Le plus grand consommateur, et donc propriétaire de l’eau, est l’agriculture, à hauteur de 73 %. Grand exportateur d’avocats, de noix ou de raisins, le pays andin a privilégié depuis 1985 les retenues d’eau (barrages, bassins…) pour sécuriser le développement de son modèle agroexportateur.

« Les petits agriculteurs sont dépossédés de l’eau »

Chloé Nicolas, géographe au Centre du climat et de la résilience, étudie les systèmes d’irrigation d’une vallée semi-aride du Chili, l’Elqui. Selon elle, il existe « une représentation hégémonique de l’eau impulsée par l’État et défendue par les grands agriculteurs : l’eau doit être gérée de manière efficiente et ne doit pas se perdre dans l’océan ». De nombreux fleuves ne débouchent plus dans le Pacifique à cause de la sécheresse et des retenues d’eau. Malgré tout, « l’idée que les pratiques modernes [barrages, bassines ou usines de dessalement] vont résoudre la sécheresse reste bien installée ». Selon Chloé Nicolas, « ces grandes bassines permettent l’accaparement » : au Chili, « les petits agriculteurs sont dépossédés de l’eau par plusieurs moyens, mais, clairement, l’accumulation de l’eau dans les réservoirs a renforcé cette dépossession ».

Après douze ans de sécheresse, le modèle des réservoirs et barrages commence doucement à être remis en question. Heinrich Böll Stiftung / Terram

Après douze ans de sécheresse, le modèle des réservoirs et barrages commence à être remis en question. Claudia Galleguillos, responsable des stratégies d’eau à la Fundación Chile, fait partie de ces voix critiques. Elle se demande «si les ouvrages de stockage d’eau sont la politique adaptée pour atténuer la sécheresse». Mauricio Galleguillos, docteur en sciences agronomiques de Montpellier et chercheur associé au CR2 du Chili, observe trois grandes conséquences environnementales après plus de trente ans d’usage des bassines. Tout d’abord, en accumulant l’eau dans des zones spécifiques, «on modifie sa distribution dans l’espace et on déconnecte l’eau de son cycle naturel». Ensuite, «on diminue la quantité d’eau disponible à cause de l’évaporation» et enfin, «on interfère sur le temps nécessaire pour que l’eau se régénère». Si «on puise l’eau dans les nappes phréatiques, on capte une eau fossile accumulée depuis des décennies et on affecte, là aussi, le cycle de l’eau».

Les autorités misent sur les usines de dessalement

Selon Claudia Galleguillos, « la solution n’est pas dans les retenues d’eau. Si nous avons besoin de stocker l’eau, nous avons les aquifères ! » — des sols ou des roches réservoirs. Mauricio Galleguillos partage cette vision. Il souligne que dans le monde « les sols contiennent de plus grandes quantités d’eau que les fleuves » et qu’« il y a peu de connaissance du système sol-plante-eau ». Les sécheresses prolongées « exigent de nouvelles formes de penser et d’utiliser les sols, qui fonctionnent comme des éponges ». Mais cela sous-entend d’« investir davantage dans la connaissance que dans les infrastructures » et de « passer à un modèle où le débit naturel de l’eau est privilégié ».

À ce jour, les changements structurels suggérés par Mauricio ne sont pas à l’agenda. Face à une sécheresse durablement installée et des nappes phréatiques qui s’épuisent, les pouvoirs politiques et économiques misent sur les usines de dessalement qui se construisent par dizaines sur la côte Pacifique.

«C’est terminé» : les néonicotinoïdes définitivement interdits

(source : Reporterre/24 janvier 2023)

Les producteurs de betteraves sucrières touchés seront aidés. – Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Jean-Pol Grandmont

Il n’y aura plus de néonicotinoïdes en France. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a déclaré le 23 janvier qu’il ne signerait pas de nouvelle dérogation pour l’usage de semences de betteraves sucrières enrobées aux néonicotinoïdes. Le gouvernement prévoyait de les réautoriser pour la troisième année consécutive, mais une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) l’a stoppé net.

Le 19 janvier, la Cour a publié un arrêt rappelant que les vingt-sept États membres de l’Union européenne n’avaient pas le droit de déroger à l’interdiction des semences enrobées aux néonicotinoïdes. Ces insecticides, surnommés les « tueurs d’abeilles », sont illégaux en France et dans l’Union européenne depuis 2018, en raison de leurs effets négatifs sur l’environnement et la santé humaine. Le gouvernement français avait pourtant depuis réautorisé l’usage de ces produits, en 2021 et en 2022, pour venir en aide aux betteraviers touchés par le virus de la jaunisse.

« C’est terminé, a affirmé Marc Fesneau. La décision de la Cour de justice est suffisamment puissante pour ne pas instabiliser encore plus le système. » « Nous saluons cette décision et cette victoire que nous emportons après de rudes batailles, a réagi François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. Cela fait des années que nous alertons le gouvernement sur cette impasse que sont ces dérogations accordées à des produits dangereux et qui plus est interdits ! Nous rappelons à ce sujet que les dérogations accordées en 2021 et 2022 étaient donc probablement illégales. »

Le ministre de l’Agriculture a précisé qu’il comptait « mettre en place un dispositif qui permettrait de couvrir le risque de pertes qui seraient liées à la jaunisse », le temps de trouver « les alternatives dont on a besoin ». « Le fonds d’indemnisation prévu en cas de pertes de rendement, si la jaunisse est présente pour la prochaine saison, est une avancée majeure et une garantie importante pour les betteraviers français, a affirmé Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). La décision du gouvernement témoigne que la protection de la biodiversité, le respect du droit européen et la garantie du revenu des agriculteurs peuvent être conciliés. »

Marc Fesneau a également indiqué qu’il souhaite « faire activer au niveau européen les clauses de sauvegarde pour qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence ». La France est actuellement le premier pays producteur de sucre de betterave en Europe.

contaminations illégales de colzas transgéniques (OGM). Le vendredi 20 janvier, l’Anses recommandait de renforcer la surveillance des OGM dans l’environnement.

Colza : l’Anses demande de renforcer la surveillance des OGM

(source : Inf’OGM / Christophe Noisette – 20 janvier 2023)

contaminations illégales de colzas transgéniques (OGM). Le vendredi 20 janvier, l’Anses recommandait de renforcer la surveillance des OGM dans l’environnement.

lien : https://www.infogm.org/7638-colza-anses-demande-renforcer-surveillance-ogm
En février 2022, Inf’OGM découvrait du colza transgénique qui poussait illégalement dans la zone portuaire de Grand-Couronne (près de Rouen, Seine-Maritime). Grâce à vos dons, Inf’OGM a continué l’enquête et réalisé de nouveaux prélèvements à Bassens (Gironde), à Sète (Hérault), dans la région de Mulhouse (Haut Rhin), à Dieppe et à Rouen (Seine-Maritime) aux voisinages des usines de Saipol. Ces nouvelles analyses ont permis de découvrir en juillet 2022, de nouveaux plants de colza OGM à Rouen et Sète. Dans les deux cas, l’usine Saipol qui importe du colza pour faire des agro-carburants semble être la responsable de cette contamination. Vendredi dernier, l’Anses, qui avait auditionné Inf’OGM, a publié son avis et demande de renforcer la surveillance des OGM dans l’environnement.

 L’enquête a été relayée ce week-end dans plusieurs médias, comme France Bleu Normandie, Reporterre20minutesLe Pointou encore en anglais par Reuters.Votre soutien a permis de dénoncer ces contaminations illégales d’OGM dans l’environnement et de pointer la responsabilité des entreprises qui les importent, alors un grand merci à vous ! 

Après avoir découverte des colzas transgéniques en février 2022 [1], Inf’OGM a alerté le ministère de l’Agriculture qui a alors saisi l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour qu’elle mène une expertise [2] [3]. Le vendredi 20 janvier 2023, l’Anses publiait son avis [4].
Tout d’abord, l’avis de l’Anses nous apprend que « les services de contrôle du Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire ont réalisé des prélèvements le 19 puis le 29 avril 2022, analysés par le laboratoire BioGEVES […]. Ces analyses sont venues confirmer la présence de colza génétiquement modifié dans l’environnement précité ». En effet, sur 16 échantillons prélevés dans la zone portuaire de Rouen, 14 se sont avérés être positifs. L’avis précise également qu’ « en conséquence, début mai 2022, une destruction des plants de colza par voie mécanique (fauchage, débroussaillage) a été demandée par la DGAl à l’établissement public HAROPA Port, en charge de l’entretien de la zone industrialo-portuaire (hors sites industriels). Il était prévu de réitérer cette opération tous les mois, pour éviter que les repousses éventuelles ne fleurissent et pour qu’elles ne produisent pas de pollen ni de graines qui pourraient germer à terme ». 
Nous constatons à la lecture de cet avis que le ministère de l’Agriculture et l’Anses ne se sont intéressés qu’à la zone portuaire de Rouen alors qu’Inf’OGM avait précisé avoir découvert des colza transgéniques à Sète.
L’avis de l’Anses souligne que « les procédures internes mises en œuvre par l’opérateur [Saipol, NDLR] ne permettent pas de respecter le plan de surveillance prévu dans le cadre de l’autorisation de ces colzas GM, et d’éviter la dissémination de graines et la présence de plants de colza GM ».


L’Anses conclut qu’il faut renforcer « les plans de surveillance des effets environnementaux afin de les rendre plus précis et plus exigeants » et disposer d’une meilleure cartographie des zones à risque. En effet, l’Anses précise que les ports ne sont pas les seuls hotspots et qu’il faut donc aussi surveiller « les sites industriels de stockage ou de transformation de graines GM [et] les lignes ferroviaires, voies fluviales et routes permettant le transport des marchandises entre les lieux précités ». Comme l’Anses le précise sur son site [5], « c’est le titulaire de l’autorisation et les opérateurs manipulant ces produits qui sont chargés [d’appliquer le plan de surveillance] pour prévenir tout risque environnemental lié à sa dissémination. Pour le cas du colza GM particulièrement volatile, le plan de surveillance consiste notamment à la mise en place de procédures pour limiter les pertes et déversements de graines et à l’éradication systématique des plants présents au niveau des sites de déchargement et de transformation. Suite à son expertise, l’Agence souligne que ces plans de surveillance comportent des lacunes, notamment sur la surveillance de l’environnement en dehors des sites des opérateurs concernés ».

Retour sur une contamination prévisible
En février 2022, avec l’équipe de tournage de l’émission « Sur le front », nous étions à Rouen, près de l’usine Saipol (Groupe Avril), qui importe du colza (en partie transgénique) pour produire des agrocarburants. Au bord de la route, nous avions aperçu du colza féral et, après analyse par un laboratoire accrédité, ce colza s’est révélé être transgénique. Nous avions alors relaté cette découverte dans l’émission, et dans un article publié sur notre site Internet. Nous n’avons pas été surpris par ce résultat. Certes, nous n’avions récolté que quelques plants, mais le colza est connu pour se disséminer très facilement et pouvoir repousser pendant dix ans (dormance). Les scientifiques, français ou britanniques, dès la fin des années 90, avaient alerté sur l’extrême difficulté à gérer une coexistence entre deux filières colza OGM et non-OGM [6] [7] [8]. Ainsi, limiter voire empêcher la contamination est une vraie gageure, encore faut-il qu’il y ait une volonté claire de la limiter…

Le colza transgénique : une plante impossible à contenir

Le principal problème avec le colza transgénique est que sa ségrégation est tout à fait impossible, et c’est d’ailleurs pour cette raison que les gouvernements européens ont interdit sa culture à la fin des années 90. Le colza peut rester en terre (en dormance) de nombreuses années avant de se réveiller et grandir. Ainsi, l’Anses explique dans son rapport : « l’observation de plants de colzas GM au printemps 2022 qui pourraient ne pas être uniquement des plantes de 1ère génération issues de la germination des graines dispersées fortuitement mais également des plantes de générations ultérieures après reproduction ». 
Par ailleurs, le colza peut se croiser avec des plantes sauvages comme la ravenelle, la moutarde, etc. Le colza fait partie d’une famille botanique très présente sur le sol européen. Ces données sont confirmées à nouveau dans cet avis de l’Anses.
Or, précisons que ce colza transgénique détecté (mais aussi les autres colza OGM issus de la mutagenèse, voir encadré ci-dessous) avait été génétiquement modifié pour tolérer des herbicides. Or, un large consensus scientifique a démontré que l’utilisation de variétés rendues tolérantes à un herbicide (VrTH) entraînait une augmentation de la quantité d’herbicide pulvérisée. Faire des agro-carburants avec des colza venus du bout du monde dont la culture engendre une hausse de la quantité d’herbicide est pour le moins curieux… Les herbicides comme les transports maritimes ont des impacts très importants en matière de changement climatique.
Ce résultat positif nous a mis la puce à l’oreille. Si ces quelques plants sont transgéniques, cela pourrait être le signe d’une présence importante de colza transgénique dans l’environnement, à Rouen mais aussi aux abords des autres usines Saipol. 


Inf’OGM a alors lancé un appel à don pour pouvoir mener une enquête plus large. Nous avions récolté de quoi faire quelques prélèvements et analyses, mais pas suffisamment pour être exhaustifs et faire autant de prélèvement que nous aurions voulu. Cependant le peu que nous avons pu faire montre que du colza transgénique pousse bel et bien sur le territoire français et que les autorités semblent avoir bien du mal à résorber ce problème.
Nous avons récolté des colza féraux à Bassens (Gironde), à Sète (Hérault), dans la région de Mulhouse (Haut Rhin), à Dieppe et à Rouen (Seine-Maritime) aux voisinages des usines de Saipol.

La première information importante est donc que partout autour des usines de trituration de colza poussent des colza féraux. Comme nous l’avons déjà noté à plusieurs reprises, le colza est une espèce végétale qui se disperse facilement, qui s’implante facilement.
A Mulhouse, Dieppe et Bassens, nos prélèvements ne se sont pas révélés positifs. Précisons tout de suite que, faute de moyens suffisants, nous n’avons pas pu mener la campagne de détection que nous souhaitions. Mulhouse nous intéressait particulièrement. En effet, à plusieurs reprises, à quelques kilomètres de ce port sur le Rhin, à Bâle (Suisse), des colza transgéniques avaient été identifiés par des chercheurs [9].

En revanche, à Sète, ville portuaire au bord de la Méditerranée, nous avons identifié plusieurs colza transgéniques. Comme à Rouen, une partie de sa production est dédiée aux agro-carburants. Les agro-carburants d’origine transgénique ne sont pas étiquetés car l’étiquetage des OGM ne concerne que les produits alimentaires. Le ministère de l’Agriculture a-t-il pris le temps d’aller voir auprès des autres usines Saipol si des colzas transgéniques poussaient aux abords de l’usine ? Impossible de le savoir. Le ministère n’a jamais répondu à nos questions sur l’action précise qu’il a mené.

Malgré l’action du ministère, du colza transgénique retrouvé 5 mois après….

Le plus inquiétant reste la découverte, en juillet 2022, de nouveaux plants de colza transgénique à Rouen. En effet, les responsables de Saipol nous avaient précisé que notre « découverte » était anecdotique et le directeur de la communication de Saipol, Fabien Kay, nous avait précisé, le 13 avril 2022, que « les procédures mises en place prévoient de nettoyer quotidiennement les graines au sol dans la zone de déchargement et de détruire les repousses de colza de la zone afin de prévenir et d’empêcher toute dissémination potentielle. Les prélèvements que vous avez réalisés ont certainement eu lieu avant cette phase de nettoyage ». Hélas, dès juillet nous en retrouvions !

Quant au ministère de l’Agriculture, il nous avait répondu le 20 avril 2022 : « Des prélèvements ont d’ores et déjà été réalisés par les services de contrôle du ministère sur des plantes de colza dans la zone où la détection d’OGM a été signalée. Les prélèvements ont été transmis à un laboratoire national de référence pour la détection des OGM. Si les analyses confirment la présence de plants OGM, la destruction de tous les plants de colza présents dans la zone sera réalisée et un suivi des repousses sera mis en place sur plusieurs années. Les services locaux sont en train de s’organiser pour cette destruction ».
Ces deux entités avaient donc en théorie tout mis en œuvre pour éviter la présence de colza transgénique. Nous nous interrogeons sérieusement sur leurs actions, qui se sont avérées inefficaces. Cette interrogation était plus que légitime.


En effet, l’Anses « conclut qu’une éradication des plants par fauchage ou débroussaillage mécanique n’est pas appropriée. [Elle] demande la mise en œuvre d’un arrachage manuel, ou de toute autre méthode permettant une destruction complète des plants et de leurs racines, à un intervalle régulier permettant d’anticiper la floraison de ces plants ».

Le colza : une production délocalisée ? 
La baisse de la production nationale de colza a vraiment débuté en 2018. Les importations étaient donc assez faibles, autour de 17 % (872 000 tonnes lors de campagne 2017-2018 pour une production de 5,1 millions de tonnes)… [10]. Peu à peu les quantités importées ont augmenté. Hémeline Macret, du cabinet d’études agro-économiques Tallage, nous informe que « la France a importé, entre juillet 2020 et juin 2021, 1,7 million de tonnes de colza », en provenance du Canada, d’Australie et d’Ukraine.  

Dans son avis, l’Anses note que « les volumes de graines de colza GM importées par l’usine Saipol ont augmenté depuis 2016 », mais que Saipol a refusé de rendre publique les informations, demandant qu’elles soient « couvertes par le secret des affaires ». Cependant Saipol précise sur son site qu’en 2021, 53 % du colza que cette entreprise transformait provenait des champs français, 47 % d’importation [11]. Autre information concernant ces importations de colza transgénique : « D’après les données transmises par la DGAl, entre janvier 2021 et juillet 2022, 4 navires de graines de colza GM ont été déchargés au niveau du second terminal portuaire : 2 en mars 2021, 1 en février 2022 et 1 en juillet 2022 ». Encore une fois, ces données ne concernent que le port de Rouen… Information partielle donc.

La présence de colza transgénique est sans doute trop faible actuellement pour inquiéter les pouvoirs publics. L’Anses, elle-même, considère « qu’un éventuel flux de gène par le pollen ne pourrait aboutir qu’à un taux de contamination extrêmement faible étant donné les différences en termes de nombre de plantes entre la source de pollen (plantes GM au niveau de la zone industrialo-portuaire de Rouen – Grand-Couronne) et les parcelles cultivées en colza ». Cependant, les différentes préconisations de l’Anses, comme une surveillance sur dix ans, ou sur dix kilomètres, montrent que cette contamination pourrait devenir problématique. Les champs de colza les plus proches de l’usine Saipol sont situés entre un et cinq kilomètres, ce qui est « compatibles avec un flux de gènes par le pollen ».

L’avis de l’Anses va dans le bon sens pour éviter la dissémination sur le territoire d’une plante transgénique. Cependant, le ministère de l’Agriculture prendra-t-il ces recommandations au sérieux et les mettra-t-il effectivement en œuvre ? Ceci plaide pour qu’Inf’OGM mène de nouvelles campagnes pour s’assurer de l’application concrète de ces mesures…

Du colza OGM non transgénique illégalement cultivé en France
Le colza transgénique découvert en France par Inf’OGM ne doit pas masquer les importantes cultures illégales de colza OGM non transgéniques. La France ne respecte par les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (2018) et du Conseil d’État (2020). Ces deux cours ont clairement affirmé que les plantes obtenues par une technique de mutagenèse sans historique d’utilisation sans risque devaient être réglementées comme les OGM transgéniques. Le Conseil d’État est relativement clair : la technique de mutagénèse dite « dirigée » et la technique de mutagénèse dite « aléatoire » – appliquée sur des cultures cellulaires in vitro – sont soumises à la réglementation OGM. Or, en France, du colza rendu tolérant à un herbicide par une technique récente de mutagenèse (la mutagenèse aléatoire in vitro) est cultivé en toute illégalité.
Précisons qu’en mai 2020, le gouvernement français avait notifié à la Commission européenne deux arrêtés. Le premier liste 96 variétés enregistrées au catalogue européen par d’autres pays que la France et « issues de mutagénèse aléatoire in vitro consistant à soumettre des cellules végétales cultivées in vitro à des agents mutagènes chimiques ou physiques ». Pour ces variétés, le gouvernement indique qu’elles « seront interdites à la commercialisation et à la mise en culture en France, faute d’avoir été évaluées et autorisées au titre de la réglementation relative aux OGM ». Le second annule l’inscription de sept d’entre-elles sur une liste du catalogue français concernant des variétés dont les semences destinées à la mise sur le marché en-dehors de l’Union européenne peuvent être multipliées sur le territoire français. Malheureusement, ces deux arrêtés n’ont jamais été adoptés formellement. Le gouvernement se cache derrière l’inaction de la Commission européenne et en devient donc complice.
 
Christophe Noisette, rédacteur à Inf’OGM 

LES SOULÈVEMENTS DE LA TERRE : DARMANIN PEUT-IL DISSOUDRE L’ÉCOLOGIE ?

Pour en parler, notre journaliste Rémi-Kenzo Pages reçoit Léna Lazare activiste engagée pour Les soulèvements de la Terre.

Et si la résistance écologiste était dissoute ? Et si l’écoterrorisme était le cheval de troie du gouvernement pour démanteler le mouvement climat ? Et si derrière les éléments de langage du ministère de l’intérieur et du gouvernement, il y avait une volonté déterminée d’abattre les luttes écologistes ? Ces interrogations taraudent les militants écologistes, inquiets des menaces de dissolution.
Après la diffusion d’une tribune par les Soulèvements de la Terre, cette coordination qui mène la lutte contre l’accaparement de l’eau et les méga bassines dénonce les menaces qui pèsent sur le mouvement. Une enquête du Parisien dévoilait notamment une note récente du service central du renseignement territorial intitulée « les soulèvements de la terre, vecteur de radicalité des luttes écologistes ». Les policiers pointent une « appropriation du black bloc par les luttes écologistes ».
Désignant l’ennemi écologiste, cette menace d’ultra gauche, écoterroriste, le ministère de l’intérieur prépare le terrain à la répression et à la dissolution. Une enquête de Libération décrivait comment un groupe de gendarmes s’est focalisé sur la lutte contre les bassines, au sein de la section de recherche de Poitiers, normalement dévolu au « haut spectre » délinquant et criminel. Dans le Figaro, une cartographie établie par le ministère de l’intérieur fuitait, recensant 104 « actions violentes du mouvement écologiste », entre le 1er janvier et le 31 octobre 2022. Tous ces éléments divulgués dans la presse instillent le doute quant à un écoterrorisme fantasmé et prépare le terrain pour dissoudre les organisations qui luttent sur le terrain écologique, alors que les militants sont réprimés. Récemment encore, les 5 et 6 janvier, à La Rochelle et Niort, se sont déroulés deux procès contre des militants anti-bassines, pour des actions de désarmement d’une bassine construite et remplie illégalement à Cram-Chaban, et pour l’intrusion dans un chantier de méga-bassine à Mauzé-sur-le-Mignon.

Climat : l’ONU dénonce le « grand mensonge » des géants pétroliers et demande des poursuites

Une étude de la revue « Science » affirme que la société ExxonMobil disposait de prédictions sur le réchauffement climatique dès les années 1980.

(source: Le Monde/18 janvier 2023)

Le sécrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de son discours au Forum économique mondial, à Davos, mercredi 18 janvier 2023.  FABRICE COFFRINI / AFP

 

lien : https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/01/18/climat-l-onu-denonce-le-grand-mensonge-des-geants-petroliers-et-demande-des-poursuites_6158384_3244.html?fbclid=IwAR0R39e5xhx4sK435MHsz0B5UEU8pJW6id20oIV4gm3_ZMMUuS6TLgYqIrE

Les Nations unies ont les pétroliers dans son collimateur. Le secrétaire général de l’ONU a appelé mercredi 18 janvier à poursuivre les grands groupes du secteur pour avoir caché pendant des décennies les informations dont elles disposaient sur le réchauffement climatique et le lien de causalité avec les énergies fossiles.

« Certains producteurs d’énergies fossiles étaient parfaitement conscients dans les années 1970 que leur produit-phare allait faire brûler la planète », a affirmé Antonio Guterres au cours d’un discours au Forum de Davos. « Cependant, comme l’industrie du tabac, ils ont fait peu de cas de leur propre science », a-t-il poursuivi lors de son discours, ajoutant que certains géants pétroliers avaient « colporté le grand mensonge ».

Dès la fin des années 1970, le géant pétrolier ExxonMobil disposait de prédictions sur le réchauffement climatique réalisées par ses propres scientifiques, d’une justesse remarquable : ce qui se dessinait s’est produit plusieurs décennies plus tard, a confirmé une étude parue vendredi dans la prestigieuse revue Science. Or l’entreprise a pendant des années publiquement jeté le doute sur l’état des connaissances scientifiques en la matière, y est-il par ailleurs rappelé.

Après la publication dans Science, un porte-parole de la compagnie a déclaré que « cette question a fait plusieurs fois surface ces dernières années », en ajoutant : « Chaque fois notre réponse est la même : ceux qui évoquent ce qu’“Exxon savait” ont faux dans leurs conclusions. »

Double discours

Selon Antonio Guterres, « les responsables doivent être poursuivis » comme les cigarettiers l’ont été. En 1998, les géants du tabac avaient accepté de payer 206 milliards de dollars (176 milliards d’euros au taux de l’époque) à quarante-six Etats américains sur une période de vingt-cinq ans, afin de couvrir les coûts engagés pour soigner d’anciens fumeurs.

Depuis plusieurs années déjà, ExxonMobil est accusé d’avoir tenu un double discours sur le changement climatique provoqué par les immenses quantités de gaz à effet de serre rejetées par l’humanité dans l’atmosphère, entre autres par la combustion de charbon ou de pétrole pour produire de l’énergie. « Nous devons mettre un terme aux mensonges des géants du pétrole, du gaz et du charbon, et lancer une action collective pour les éliminer progressivement », a réagi l’initiative du traité de non-prolifération des combustibles fossiles, dans un communiqué se félicitant du discours du secrétaire général de l’ONU.

Selon cette organisation, qui milite pour un encadrement strict des producteurs d’énergies fossiles, la lenteur des progrès des gouvernements dans la lutte contre les effets sur le climat des géants pétroliers est due à « l’influence des lobbyistes de l’industrie fossile ».

« Flirt avec le désastre climatique »

La question de l’impact de l’industrie pétrolière sur la planète se fait d’autant plus pressante aujourd’hui que « chaque semaine amène son lot d’histoires horrifiantes », s’est inquiété le secrétaire général de l’ONU, qui parle de « flirt avec le désastre climatique ». Le 12 janvier, l’Organisation météorologique mondiale a confirmé que les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

« Il faut que le pétrole reste en terre », a exhorté la militante équatorienne d’Amazonie Helena Gualinga, âgée de 20 ans, dans un entretien à l’Agence France-Presse en marge de la réunion du Forum économique mondial. Avec la Suédoise Greta Thunberg et d’autres jeunes militants, elle est l’un des nouveaux visages de la mobilisation contre le changement climatique.

La direction que prend l’industrie pétrolière est désolante, selon Antonio Guterres : « Aujourd’hui, les producteurs de combustibles fossiles et ceux qui les soutiennent continuent de se battre pour accroître la production, tout en sachant pertinemment que leur modèle économique est incompatible avec la survie de l’humanité »« Cette folie relève de la science-fiction », a-t-il martelé.

Le secrétaire général de l’ONU a fustigé les engagements climatiques « douteux »ou « obscurs » de nombreuses entreprises sur un objectif de zéro émission de dioxyde de carbone : cela « induit en erreur les consommateurs, les investisseurs et les régulateurs avec de faux récits », et ouvre la porte au « “greenwashing” »« Nos engagements climatiques nécessitent l’engagement complet du secteur privé », a-t-il insisté en disant estimer que « la bataille pour tenir l’objectif de 1,5 degré [de hausse globale des températures] sera gagnée ou perdue au cours de cette décennie ».

Le mouvement Les Soulèvements de la Terre est dans le viseur du ministère de l’état – (source : La Relève et la Peste – 11 janvier 2023)

La ficelle est usée mais pourrait encore servir : identifier une fraction du mouvement en cours, l’isoler et la désigner comme l’agent infectieux, dont il faut à tout prix s’écarter au risque d’être à son tour écrasés.

Crédit photo couv – Les Soulèvements de la Terre

lien : https://lareleveetlapeste.fr/eco-terrorisme-les-luttes-ecologiques-dans-le-viseur-du-ministere-de-linterieur/

Le mouvement Les Soulèvements de la Terre est dans le viseur de l’État. Face à la crainte de tentatives de dissolution du réseau, plusieurs centaines de personnalités : porte-paroles politiques et de syndicats, élus locaux, intellectuels, artistes et organisations se mobilisent à travers une tribune. Elles y appuient l’idée que les « actions” de « désarmement » sont au vu de l’urgence climatique « un élément essentiel de toute stratégie conséquente pour freiner, enrayer, stopper les projets qui bétonnent les sols, s’accaparent les terres ou empoisonnent les rivières.” La Relève et La Peste relaient leurs revendications à travers cette tribune.

Mardi 20 décembre dernier, au début des vacances de Noël les plus chaudes jamais enregistrées, le journal Le Parisien publiait les bonnes feuilles d’un mystérieux rapport des Renseignements Territoriaux, « fuité » à dessein, sous le titre tapageur : « l’inquiétant virage radical des activistes écologistes ». 

Cette étrange habitude des « services de sécurité » français de communiquer, sans en avoir l’air, sur leurs intentions, sonne une fois encore comme un test en vue d’une nouvelle salve répressive. Un test qui s’adresse en réalité à chacun.e d’entre nous, qui avons participé, d’une manière ou d’une autre, aux luttes écologistes des dernières années. 

Lire aussi : France : la criminalisation des militants par le gouvernement s’accélère !

Ce « virage radical » des écolos serait donc le fait des manœuvres cachées d’un regroupement d’« ultra-gauche » récemment converti à la cause écologiste, sournoisement dissimulé sous l’enseigne « Les Soulèvements de la Terre », et non le signe de la radicalité de la situation dans laquelle nous sommes toutes et tous prises jusqu’au cou. 

La multiplication des actions de résistance écologique ou paysanne ces dernières années s’expliquerait  par l’agitation de quelques « vieux routiers » de Notre-Dame-des-Landes, tout à leur appétit insatiable d’actions « violentes », plus que par un sursaut de dignité, venant d’un peu partout, devant l’écrasante évidence de la catastrophe. 

Rien à voir non plus, si on en croit ce rapport, avec la complaisance manifeste des gouvernements successifs vis-à-vis des responsables identifiés de cette catastrophe, ni avec la macabre fuite en avant de l’industrie du béton ou du lobby agro-industriel.

Qu’importe les appels à actions signés et relayés par des centaines d’organisations écologistes, de la société civile, de fermes, d’associations citoyennes, de collectifs locaux en lutte, de personnalités de tous horizons, qui ont accompagné les récentes mobilisations populaires contre l’accaparement des terres, de la ressource en eau, ou contre l’artificialisation des sols. 

Lire aussi : « Il faut reprendre la Terre aux machines pour une alimentation saine et accessible »

Ce foisonnement tonitruant qui ne cesse pourtant de grandir, ne serait que l’écran de fumée venant protéger une poignée d’activistes radicalisés, bien décidée à entraîner tout le « légitime mouvement pour la préservation de la planète » dans sa chute.

Lire aussi : 600 personnes ont repris des terres viticoles accaparées par la spéculation foncière dans le Jura

La ficelle est usée mais pourrait encore servir : identifier une fraction du mouvement en cours, l’isoler et la désigner comme l’agent infectieux, dont il faut à tout prix s’écarter au risque d’être à son tour écrasés. 

L’éternel retour de la triste figure de la Sous-Direction Anti-Terroriste (Sdat) dans les enquêtes qui touchent aux luttes sociales, paysannes et écologiques –  à l’occasion d’une nouvelle action collective contre le cimentier Lafarge condamné aux Etats-Unis pour sa collaboration avec Daesh – fait figure de renversement ubuesque. Préparé par les sorties du ministre de l’Intérieur sur l’« éco-terrorisme », ce glissement cache mal l’embarras des stratèges du maintien de l’ordre, qui, ne sachant plus ou donner de la tête, en cherchent une à couper.

« L’arme du gouvernement, la dissolution », annonce fort de ses sources le journaliste du Parisien. Mais que s’agirait-il donc de dissoudre ?

On comprend bien au vu des récents tours de force réalisés, entre autre en son nom, pour la défense concrète des terres et de l’eau, que « les Soulèvements de la Terre » est un coupable tout indiqué. Ce mouvement de convergence inédit entre paysan.nes, jeunes urbains, écologistes et syndicalistes a en effet le mérite d’avoir un nom, un site, un compte Twitter, des rendez-vous publics réguliers et même, selon la note des RT, un compte en banque… Un bon gros nez au milieu de la figure qui, on dirait, n’attend que d’être dissout. 

Lire aussi : Plus de 5000 personnes ont déterré les canalisations d’une future méga-bassine dans les Deux-Sèvres

Seulement voilà, nous qui signons cette tribune, ne croyons pas en cette fable, et nous savons de quoi nous parlons. Pour avoir participé à certaines manifestations, pour en avoir organisé d’autres, pour avoir signé des appels, des tribunes, accueilli des réunions, participé à la logistique de tel ou tel campement, ou à des manifestations interdites, pour nous être aussi parfois joyeusement munis de cutters, de marteaux ou de sécateurs pour autre chose que pour bricoler, pour avoir parfois simplement souri à l’idée de leur usage possible… 

nous savons qu’il n’est nul besoin de comité central, ou de cercle de stratèges aguerri.e.s, pour reconnaître autant l’urgence absolue de la situation, que l’attentisme criminel de ceux et celles qui ont le pouvoir d’arrêter la machine.

Lire aussi : La politique de Laurent Wauquiez va détruire 140 ha de terres agricoles et forestières

Nous savons aussi que nous n’avons pas peur de ces gens vêtus de blancs de protection ou de bleus de chauffe qu’on nous montre désormais à la télé, après des années de surdité du gouvernement face aux luttes écologistes. 

Nous ne pouvons d’ailleurs leur donner tort quand nous les entendons affirmer que leurs actions de « désarmement » sont un élément essentiel de toute stratégie conséquente pour freiner, enrayer, stopper les projets qui bétonnent les sols, s’accaparent les terres ou empoisonnent les rivières. 

Mieux que ça, nous aimerions parfois en être, si nous en avions l’occasion ou si nos fonctions, notre santé ou nos situations de famille ne nous requéraient pas ailleurs. Car leurs gestes, leur précision, leur détermination joyeuse, nous parlent infiniment plus que les grimaces du ministre de l’Intérieur quand il verse des larmes de crocodile sur les barrières cassées d’un chantier, sur la mise à l’arrêt temporaire d’un site industriel hautement polluant, ou sur les dommages économiques subis par telle ou telle entreprise multinationale écocidaire.

Lire aussi : 200 militant·e·s ont saboté et mis à l’arrêt une usine Lafarge vers Marseille

Nous voyons déjà pleuvoir les convocations, les mises en accusation, les passages à tabac, les procès, sur les militants de Bassines Non Merci, de la Confédération Paysanne ou des Soulèvements de la Terre, sur des manifestants qu’on est parfois venu chercher jusque sur leur lit d’hôpital, pour les mettre en garde à vue. 

Les premiers procès de la lutte contre les bassines, celui qui a eu lieu le 28 novembre, et ceux qui se tiennent les 5 et 6 janvier 2023 à la Rochelle et à Niort, sont à ce titre exemplaires. Les dossiers d’instruction pouvant aller jusqu’à 1500 pages témoignent de la surveillance, notamment téléphonique, de centaines de personnes. 

Lire aussi : Des militants anti-bassines ont été arrêtés chez eux, puis relâchés : « une tentative d’intimidation indigne »

A cela s’ajoute des filatures, des dispositifs de vidéo surveillance cachés devant les maisons de militant.es, des dizaines de gardes à vue et une cinquantaine d’auditions libres. Et nous voyons venir, puisqu’on nous le dit jusque dans les pages du journal, que la simple participation à ces manifestations, à ces réunions, à ces regroupements, sera bientôt non seulement illégale mais répréhensible. Ces gestes et ce qu’ils appellent de transformations, sont pourtant de ces moments qui dessinent un avenir possible.

Alors depuis tous les endroits où nous nous trouvons, nous nous apprêtons à nous porter solidaires, à dire que, nous aussi, nous en sommes, quand bien même ce ne serait qu’en pensée. Et que celles et ceux qui voient l’ombre de la répression obscurcir leur part du ciel ne seront pas seul.e.s, car nous sommes déjà là….

Crédit photo couv – Les Soulèvements de la Terre

11 janvier 2023 – La Relève et La Peste

« ECO-TERRORISME » : LES LUTTES ÉCOLOGISTES DANS LE VISEUR DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ?

(source: lundimatin#365 – 9 janvier 2023)

lundimatin#365

Dans une tribune, plus de 3000 signataires soutiennent préventivement le mouvement

Le ministère de l’Intérieur va-t-il décider de s’en prendre aux initiatives écologiques les plus ambitieuses et audacieuses ? Après le succès grandissant des mobilisations populaires contre les mega-bassines à Sainte-Soline et la neutralisation temporaire d’une usine de béton près de Marseille, plusieurs articles de presse évoquent une contre-offensive policière et médiatique en cours ou à venir. En l’espace de 48h, plus de 3000 personnalité.e.s, militant.es, paysan.nes, artistes, élu.es, ouvrier.es, intellectuel.es, syndicalistes, scientifiques, soignant.es, fonctionnaires, naturalistes, associations et organisations ont apporté leur soutien préventif à la lutte en signant cette tribune. Le vocable d’« éco-terrorisme », sciemment mobilisé par le ministre de l’Intérieur, ne semble pas convaincre celles et ceux qui prennent la question de notre avenir au sérieux. Une nouvelle mobilisation, internationale cette fois, est déjà annoncée par Les Soulèments de la Terre et le collectif Bassines Non Merci le 25 mars, l’appel est à retrouver ici.

Mardi 20 décembre dernier, au début des vacances de Noël les plus chaudes jamais enregistrées, le journal Le Parisien publiait les bonnes feuilles d’un mystérieux rapport des Renseignements Territoriaux, « fuité » à dessein, sous le titre tapageur : « l’inquiétant virage radical des activistes écologistes ».

Cette étrange habitude des « services de sécurité » français de communiquer, sans en avoir l’air, sur leurs intentions, sonne une fois encore comme un test en vue d’une nouvelle salve répressive. Un test qui s’adresse en réalité à chacun.e d’entre nous, qui avons participé, d’une manière ou d’une autre, aux luttes écologistes des dernières années.

Ce « virage radical » des écolos serait donc le fait des manœuvres cachées d’un regroupement d’« ultra-gauche » récemment converti à la cause écologiste, sournoisement dissimulé sous l’enseigne « Les Soulèvements de la Terre » [1]

[1] Voir l’appel inaugural du mouvement ici -… , et non le signe de la radicalité de la situation dans laquelle nous sommes toutes et tous prises jusqu’au cou. La multiplication des actions de résistance écologique ou paysanne ces dernières années s’expliquerait par l’agitation de quelques « vieux routiers » de Notre-Dame-des-Landes, tout à leur appétit insatiable d’actions « violentes », plus que par un sursaut de dignité, venant d’un peu partout, devant l’écrasante évidence de la catastrophe. Rien à voir non plus, si on en croit ce rapport, avec la complaisance manifeste des gouvernements successifs vis-à-vis des responsables identifiés de cette catastrophe, ni avec la macabre fuite en avant de l’industrie du béton ou du lobby agro-industriel.

Qu’importe les appels à actions signés et relayés par des centaines d’organisations écologistes, de la société civile, de fermes, d’associations citoyennes, de collectifs locaux en lutte, de personnalités de tous horizons, qui ont accompagné les récentes mobilisations populaires contre l’accaparement des terres, de la ressource en eau, ou contre l’artificialisation des sols. Ce foisonnement tonitruant qui ne cesse pourtant de grandir, ne serait que l’écran de fumée venant protéger une poignée d’activistes radicalisés, bien décidée à entraîner tout le « légitime mouvement pour la préservation de la planète » dans sa chute.

La ficelle est usée mais pourrait encore servir : identifier une fraction du mouvement en cours, l’isoler et la désigner comme l’agent infectieux, dont il faut à tout prix s’écarter au risque d’être à son tour écrasés. L’éternel retour de la triste figure de la Sous-Direction Anti-Terroriste (Sdat) dans les enquêtes qui touchent aux luttes sociales, paysannes et écologiques – à l’occasion d’une nouvelle action collective contre le cimentier Lafarge condamné aux Etats-Unis pour sa collaboration avec Daesh [2]

[2] Le cimentier Lafarge, outre son rôle majeur dans l’une… – fait figure de renversement ubuesque. Préparé par les sorties du ministre de l’Intérieur sur l’« éco-terrorisme », ce glissement cache mal l’embarras des stratèges du maintien de l’ordre, qui, ne sachant plus ou donner de la tête, en cherchent une à couper.

« L’arme du gouvernement, la dissolution », annonce fort de ses sources le journaliste du Parisien. Mais que s’agirait-il donc de dissoudre ?

On comprend bien au vu des récents tours de force réalisés, entre autre en son nom, pour la défense concrète des terres et de l’eau, que « les Soulèvements de la Terre » est un coupable tout indiqué. Ce mouvement de convergence inédit entre paysan.nes, jeunes urbains, écologistes et syndicalistes a en effet le mérite d’avoir un nom, un site, un compte Twitter, des rendez-vous publics réguliers et même, selon la note des RT, un compte en banque… Un bon gros nez au milieu de la figure qui, on dirait, n’attend que d’être dissout.

Seulement voilà, nous qui signons cette tribune, ne croyons pas en cette fable, et nous savons de quoi nous parlons. Pour avoir participé à certaines manifestations, pour en avoir organisé d’autres, pour avoir signé des appels, des tribunes, accueilli des réunions, participé à la logistique de tel ou tel campement, ou à des manifestations interdites, pour nous être aussi parfois joyeusement munis de cutters, de marteaux ou de sécateurs pour autre chose que pour bricoler, pour avoir parfois simplement souri à l’idée de leur usage possible… nous savons qu’il n’est nul besoin de comité central, ou de cercle de stratèges aguerri.e.s, pour reconnaître autant l’urgence absolue de la situation, que l’attentisme criminel de ceux et celles qui ont le pouvoir d’arrêter la machine.

Nous savons aussi que nous n’avons pas peur de ces gens vêtus de blancs de protection ou de bleus de chauffe qu’on nous montre désormais à la télé, après des années de surdité du gouvernement face aux luttes écologistes. Nous ne pouvons d’ailleurs leur donner tort quand nous les entendons affirmer que leurs actions de « désarmement » sont un élément essentiel de toute stratégie conséquente pour freiner, enrayer, stopper les projets qui bétonnent les sols, s’accaparent les terres ou empoisonnent les rivières. Mieux que ça, nous aimerions parfois en être, si nous en avions l’occasion ou si nos fonctions, notre santé ou nos situations de famille ne nous requéraient pas ailleurs. Car leurs gestes, leur précision, leur détermination joyeuse, nous parlent infiniment plus que les grimaces du ministre de l’Intérieur quand il verse des larmes de crocodile sur les barrières cassées d’un chantier, sur la mise à l’arrêt temporaire d’un site industriel hautement polluant, ou sur les dommages économiques subis par telle ou telle entreprise multinationale écocidaire.

Nous voyons déjà pleuvoir les convocations, les mises en accusation, les passages à tabac, les procès, sur les militants de Bassines Non Merci, de la Confédération Paysanne ou des Soulèvements de la Terre, sur des manifestants qu’on est parfois venu chercher jusque sur leur lit d’hôpital, pour les mettre en garde à vue. Les premiers procès de la lutte contre les bassines, celui qui a eu lieu le 28 novembre, et ceux qui se tiennent les 5 et 6 janvier 2023 à la Rochelle et à Niort, sont à ce titre exemplaires. Les dossiers d’instruction pouvant aller jusqu’à 1500 pages témoignent de la surveillance, notamment téléphonique, de centaines de personnes. A cela s’ajoute des filatures, des dispostiifs de vidéo surveillance cachés devant les maisons de militant.es, des dizaines de gardes à vue et une cinquantaine d’auditions libres. Et nous voyons venir, puisqu’on nous le dit jusque dans les pages du journal, que la simple participation à ces manifestations, à ces réunions, à ces regroupements, sera bientôt non seulement illégale mais répréhensible. Ces gestes et ce qu’ils appellent de transformations, sont pourtant de ces moments qui dessinent un avenir possible.

Alors depuis tous les endroits où nous nous trouvons, nous nous apprêtons à nous porter solidaires, à dire que, nous aussi, nous en sommes, quand bien même ce ne serait qu’en pensée. Et que celles et ceux qui voient l’ombre de la répression obscurcir leur part du ciel ne seront pas seul.e.s, car nous sommes déjà là….


350 PREMIERS SIGNATAIR.E.S

Alegre Angel, paysan, porte parole de la confédération paysanne de l’Ariège
Amalric Mathieu, réalisateuracteur
Amarouch Samir, Compositeur, pensionnaire de la Villa Médicis (2022-2023)
Ambroselli Etienne, Avocat au Barreau de Paris
Ariane Castellane, femme de ménage, Romainville
Arnoux Claire présidente de l’association Les Jardins des Vaîtes
Aspe Bernard – philosophe
Attias Jonathan, Désobéissance Fertile
Aubry Manon, Eurodéputée, LFI et coprésidente de la Gauche au Parlement
BESNARD Michel, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest
Babou Igor, Professeur à l’université Paris Cité, membre du laboratoire Ladyss (CNRS 7533)
Bailly David, Docteur en Hydrogéologie et en Sûreté Nucléaire de l’INPT
Balbot Jean-claude , Paysan dans le Finistère
Balibar Jeanne, actrice et réalisatrice
Barot Sébastien, Chercheur en écologie
Barrière Olivier, Chercheur juriste de l’environnementAnthropologie du droit
Baschet Jérome, Historien
Bastard-Rosset Valentin, militant LFI-NUPES de Haute-Savoie et délégué syndical Force Ouvrière
Baudelin Alexis, Avocat au Barreau de Paris
Beaufils Eliane, Scientifique en rebellion et Extinction rebellion
Belluco Lisa – députée NUPES de la Vienne
Benaben Claudine – ligue des droits de l’homme
Berlan Aurélien, Maitre de conférence (Toulouse 2)
Bernard Léa, Coordinatrice semences paysannes et agriculture paysanne à l’ARDEAR AURA
Besancenot Olivier, Porte parole du NPA
Besombes Camille, chercheuse, Terrestres
Biteau Benoît, Paysan, agronome & Député Européen Écologiste
Blache Sébastien, paysan naturaliste, la ferme du Grand Laval
Blanc Guillaume, Chercheur
Bodin David, Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT 79, Agent Territorial
Bonneuil Christophe, Directeur de recherche au Cnrs
Botiveau Lucie, comédienne
Boucher Romain, ingénieur déserteur membre du collectif Vous N’êtes Pas Seuls
Bouffartigue Cathy, Agronome, membre du Réseau Semences Paysanne et de la Confédération Paysanne
Bouillon Coline, Avocate
Boullic Elsa, Animatrice d’actions AIDeS
Bourreau Stéphane, Marin, membre de Terre de liens
Boyard Louis, Député LFI-NUPES
Boyer Didier gérant biocoop
Brand Maxence, Conseiller Municipal de Tours
Braun Henry, Avocat
Brunet Marc, Comédien
Burlotte Estelle, chargée de mission Natura 2000
Bériou Nora Guide du Patrimoine Savoie Mont Blanc et cofondatrice Giffre en Transition
Bérégovoy Jean-Michel Adjoint au maire de Rouen, Conseiller départemental 76
Cadiot olivier, écrivain, poète et dramaturge
Calame Claude, directeur d’études EHESS
Camara Mélissa, Conseillère municipale EELV
Cambourakis Isabelle, Editrice
Camelot Emmanuelle, conseillère municipale Eelv Pau
Camille Chambord, ingénieure en environnement et paysanne, Extinction Rebellion
Cardona Lila Association la petite forêt urbaine et Federation murs à peches
Cartier Dominique, association NAture Environnement 17
Carême Damien, Député européen ecologiste
Cerbaï Florence , conseillère régionale écologiste Auvergne Rhône Alpes
Cerf Bernard, RéalisateurProducteur
Chabrol Jacky, Journal & Éditions La Galipote
Chaibi Leïla, députée européenne LFI
Chalaye Pierrick, chercheur en science politique environnementale, Australian National University
Charavin Michael – guide en régions polaires
Charmasson Guillaume, président de France Nature Environnement 43
Chesné Lou, Porte-parole de l’association ATTAC
Chopard Enora, EELV, Conseillère Municipale de la ville de Rouen
Chopot Antoine, philosophe
Chureau Marie, activiste pour l’écologie et la justice sociale
Coadou Yann, physicien au CNRS
Cohen Aurélien Gabriel, géographe et philosophe, membre fondateur de la revue Terrestres
Colas Sylvie, Confédération paysanne
Colin Albane, conseillère régionale Aura
Combes Muriel, philosophe
Coskun Alparslan, Conseiller municipal de Clermont-Ferrand, France insoumise
Coulombel Alain membre du bureau exécutif d’EELV
Coulomme Jean-Francois, Député de la Savoie
Coutant Françoise, Conseillère régionale Nouvelle Aquitaine de Charente
Crankens Caroline, documentariste, stop rockwool
Daadouch Christophe, co-président du GISTI
Damasio Alain, écrivain
Damiano Mireille, Avocate Syndicat des Avocats de France
Daoudi Kamel, programeur indépendant
Dardour Robert, membre d’ATTAC
Daumas Renaud, Paysan bio et conseiller régional Les Ecologistes
Davodeau Étienne, Auteur de bande desisnée
Davy Lucie, Avocate, SAF et associaton ATTAC
De Toledo Camille – Ecrivain, enseignant
Delahaies Laetitia, Coordinatrice stratégie opérationnelle, Mouvement Colibris
Delalande Samuel Avocat
Delatouche-Biotteau Éléonore, Directrice générale INTÉRÊT À AGIR
Deli Karima, Eurodéputée
Delord Julien, enseignant-chercheur, Atécopol
Delsuc Marc-André, Directeur de Recherche au CNRS
Dequivre Sylvain, Secrétaire SUD protection sociale 93
Descola Philippe, anthropologue, professeur émérite au Collège de France
Desmares Claire, Secrétaire Nationale Adjointe d’EELV
Despret Vincianne, Philosophe
Dietrich-Ragon Pascale, Sociologue romancière
Diouf Niokhobaye ; Responsable Département foncier et politiques Agricoles ; Forum social sénégalais
Dorlin Elsa, philosophe, Autrice de Se défendre, une philosophie de la violence
Dossus Thomas, sénateur écologiste du Rhône
Douillard Pierre, essayiste
Doussain Etienne, Noisy Solidaire
Dreyfus Laurent – conseiller Régional Grand Est
Dubois Clémence – responsable de campagne pour 350.org
Dubuquoy Olivier, Réalisateur et Géographe
Duchesne Niels pour Occupons le terrain Wallonie
Ducos Laure, activiste, chargée de campagne & consultante agriculture en ONG
Dufour Alma, Députée Nupes-France Insoumise
Dufresne David, écrivain réalisateur
Dujardin Claire, Avocate
Dumesnil Jean-Luc, Conseiller régional Ile-de-France
Duquesne Juliette, Journaliste, Carnets d’alerte
Durand Véronique , hydrogéologue, Université Paris-Saclay
Durand-Raucher Nour conseiller de Paris EELV
Duteil Simon, Co-délégué général de l’Union syndicale Solidaires
Duval Sébastien, Président de l’Association des Sinistrés de Lubrizol
El arch jamal , documentariste et élu municipal Toulouse
Eliane ROMANI, Présidente du groupe Les Écologistes au Conseil Régional du Grand Est
Etienne Camille, activiste
FORTUNÉ Kattalin conseillère départementale de l’Aude
Faburel Guillaume, géographe, université Lyon 2
Fauché Jean, syndicaliste, équipe d’animation Alternatives et Autogestion et PEPS 81
Faure Jean-Marc, Réalisateur
Fehner Léa, réalisatrice
Fekairi Marie Océane Présidente du Directoire de l Atelier Paysan
Fischer Karin conseillère régionale France Insoumise du Centre Val de Loire
Flatet bénédicte, associaiton AIR.E
Fleury Beatrice, Terres de Lien
Flouriot Patrick, Coordinateur des Communs de Nargoat
Fortin Nicolas, Paysan Confédération Paysanne
Foucauld Giuliani, Collectif Anastasis
Fromont Xavier, agriculteur, co-porte parole de la Confédération Paysanne Auvergne Rhône Alpes
Frédéric Lordon, philosophe
Félix Edith, Co-présidente de la Coordination Eau Ile-de-France
GRANGE Dominique, chanteuse engagée.
Gaiji Khaled, président des Amis de la Terre France
Geais-Detours Béatrix, Coordinatrice, mouvement colibris
Giacinti Chloé pour Ingénieurs sans frontières France
Girod Nicolas, Porte parole de la Confédération paysanne
Gleizes Jérôme, Conseiller de Paris, économiste, Université Paris Sorbonne Nord
Glowczewski Barbara, Directrice de recherchhe au CNRS
Gorge Cécile, paysanne, confédération paysanne
Gosselin Sophie, philosophe membre de Terrestres
Grandjeat Pascal cadre territorial militant CGT services publics
Grevsmuhl, Sebastian, chercheur CNRS
Gruffat Claude Eurodéputé Groupe des Verts
Grébert Fabienne, co-présidente du groupe écologiste à la Région Auvergne Rhône-Alpes
Guilbert Murielle, co-déléguée générale Union syndicale solidaires
Guyotot Marie, membre de la Ruche de l’Ecologie
Gärtner Elsa, paysanne, la ferme du Grand Laval
Géral Frédéric, Coordinateur Le Sens de l’Humus
Haerinck Sabrina Conseillère Municipale et Communautaire Chambéry
Harabi Anis, Avocat
Hauteville Michèle, réalisatrice, membre LPO, Oasis de biodiversité
Henriot Patrick, Magistrat honoraire, Syndicat de la magistrature et Gisti
Herrou Cedric, Agriculteur, membre de Roya citoyenne
Hignet Mathilde, Députée LFI-NUPES d’Ille-et-Vilaine
Honorat Armand, Co-président d’Arthropologia
Hubert Constancias, Administrateur FNE AURA en charge de la forêt
Hupé Jean-Michel, Chercheur CNRS
Hébrard Alain, médecin et paysan
Izoard Célia, Autrice
Jacquot Thierry Paysan Secrétaire national Confédération paysanne
Jannot Vincent, Membre de Terre de Liens
Jaouen Marie, Infirmière,collectif Ozactes !
Jappe Anselm , enseignant en école d’art, auteur de \ »Béton – Arme de construction de masse du capitalisme\ »
Jarrige François, Historien
Jaunet Benoit, Paysan, porte parole de la conf79
Jobbé duval Margot, paysanne, Confédération paysanne 26
Josso Joël Coordination Eau Ile de France
Journée-Duez Aurélie, anthropologue (EHESS), présidente du Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-NITASSINAN)
Jouve Etienne, Association AVEC
Joyeux Benjamin, Journaliste et Conseiller régional écologiste d’Auvergne-Rhône-Alpes
Jules Florient – Artisan producteur de légumes lactofermentés
Junie Lavy, Poétesse
KAJNAR patricia DOCUMENTARISTE
Kannas Katia co-fondatrice et ancienne présidente de Greenpeace France
Kastler Guy, paysan, Confédération Paysanne
Koechlin Aurore, sociologue
L’1consolable, Rappeur
LAURENT Anthony, rédacteur en chef du magazine en ligne Sciences Critiques
Labbé Joël, Sénateur écologiste du Morbihan
Lacoste Paul, Fondateur d’HALEM (Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles)
Lafont Jean, ex. chef de service au ministère de l’Environnement
Lagneau Antoine, Chercheur-associé au LIR3S UMR 7366 – CNRS-UBFC Dijon
Lagrange Pierre, anthropologue (chercheur associé, EHESS)
Lahmer Annie, Conseillère Régionale EELV
Laigneau Florent Menuisier
Lamri Cathy, Co-fondatrice de Street Art Rebellion
Landy Frédéric, Géographe, université Paris Nanterre
Lasnier Bruno, Délégué national, Mouvement pour l’économie solidaire
Laurens Christophe Architecte Paysagiste
Laurent Jérôme Paysan
Laveau Romain professeur des écoles conseiller fédéral EELV
Lazare Léna, activiste, Youth for Climate
Laïdouni-Denis Myriam, Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes Europe Ecologie Les Verts groupe Les Ecologistes
Le Marec Joëlle, Professeure au Museum National d’Histoire Naturelle
Leblanc Frédérique, sociologue, université Paris Nanterre, membre de Terre de liens
Leblond Martine présidente de Natur’Jalles et administratrice de la Sépanso Gironde et Sépanso Aquitaine
Lecerf Meunier Harmonie, Adjointe au maire de Bordeaux
Lecomte Pierre, Mouvement français pour un revenu de base
Legal team Rouen
Legeard Nathanaël, Conseiller fédéral EELV Bretagne
Lermyte Chantal, Collectif contre l’ordre atomique (CCOA)
Lesconnec Françoise conseillère municipale déléguéeconseillère métropolitaine EELV
Levaray Nicolas, conseiller municipal de Rouen
Lindeperg Régis, SOS forêt France
Lison-Croze Catherine, avocate honoraire
Lotta Nouqui, porte parole des Soulèvements de la Terre
Louesdon Gaël Terre de Liens
Loup Bernard Président du Collectif pour le Triangle de Gonesse
Lowy Michael, sociologue
Lozat Olivier, Animateur de la Confédération paysanne de l’Aude
Lucbert Sandra, autrice
Lécorché Pascaline Secrétaire Générale Place publique
MALLARD Claire – conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté
MAURIN Odile Activiste lutte anti validisme et élue d’opposition à Toulouse
MUSMAN Aurélie, maraîchère
Majerowicz Sébastien , Conseiller municipal de L’Arbresle (69)
Mante Philippe, élu EELV en mairie du 19e arrondissement de Paris
Marandola Laurence, Paysanne Confédération paysanne
Marchal Christian, Paysan
Marot, Sébastien, Historien de l’environnement, Ensavt Paris-Est
Martin Tanguy, Ingénieur.es sans Frontière groupe Agriculture et Souveraineté alimentaire
Massadian Valerie, Cineaste
Maud GRARD, Conseillère Régionale Auvergne-Rhône-Alpes
Meulemans Germain, anthropologue au CNRS
Meunier Alice, Directrice de Recherche en biologie, CNRS, Scientifique en Rébellion
Meyer Maxime , Conseiller Régional, Auvergne-Rhône-Alpes
Michel Cécile, Conseillère régionale Les Ecologistes, Auvergne-Rhône-Alpes
Milanesi Julien, économiste, Université Toulouse 3
Milo Rau, Metteur en scène et réalisateur
Mixel Esteban, Professeur d’histoire, Conseiller municipal EELV de Bayonne
Modde Stephanie Vice présidente région Bourgogne- Franche-Comté
Monnier Gérard, paydan, président Accueil Paysan 44
Monnin Karine infirmière collectif Loues et Rivières Comtoises
Monod Claire, porte parole Cité écologique, EELV
Monville Bénédicte, élue écologiste municipale et communautaire de Melun
Morantin Christophe, Paysan, Confédération paysanne 26
Morel Darleux Corinne, Autrice
Morizot Baptiste, Philosophe
Médard François, Maître de Conférences Université Clermont Auvergne
Naudon Didier, ancien Chargé de mission au parc naturel du marais poitevin
Nicolas Dominique, Président de l’association Aquitaine Alternative
Novel Anne-Sophie, journaliste, autrice
Oechsner de Coninck Alice, Mouvement pour l’Economie Solidaire
Oliva Jean-Claude, Président de la régie publique de l’eau, VP d’Est Ensemble
Olivier de Marcellus, Collectif BreakFree
Ollivier Jean-Louis, ACEN MASA, Sud Rural Territoires
Organisation Communiste Libertaire
Osouf Valérie, Réalisatrice, membre du CNR
PERSIL Sarah, vice-présidente Région Bourgogne-Franche-Comté
Pajot Yann, secrétaire confédération paysanne 85
Panot Mathilde, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale
Papadato Patrick, vice président Bordeaux Métropole Eelv
Paquignon Natacha, chorégraphe
Paquot Thierry, Philosophe, professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris
Parreaux Marie-Hélène, co-présidente de l’association Les Jardins des Vaîtes
Parret Fatima Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes
Parrot Karine, Enseignante chercheuse à l’université Cergy Pontoise
Pascal BRANCHU Président La Nature en Ville, association du Pays de Rennes
Pasquier Camille, Comédienne
Pavard Judith, Présidente de la fédération nationale des arts de la rue
Payen Magali, Activiste, Fondatrice d’On est prêt
Pelissier J-F, porte-parole ENSEMBLE !
Perdomo Alexandre, Ligue des Droits de l’Homme
Pesant Rémy, retraité, Faucheur Volontaire
Pessis Céline, sociologue, Agroparistech
Piedpremier Isabelle, Présidente FNE63
Pignocchi Alessandro, Auteur de BD et anthropologue
Piron Sylvain, Historien
Pluvinet Christelle, technicienne de l’environnement, membre d’Extinction Rebellion
Pochon Marie, Députée écologiste de la Drôme
Poncet Raymonde Sénatrice EELV
Portes Thomas, Député LFI-NUPES 93
Poutou Philippe, Porte parole du NPA
Prud’hhomme Loïc, Député LFI-NUPES de la Gironde
Pruvost Genevière, Sociologue
REYS Caroline , conseillère municipale Sélestat et Région Grand Est, EELV, Alsace
ROSES Olivier président des AMIS DE LA TERRE DU GERS
Rault Antoine – Réalisateur
Reboux Claudine, Stop nucléaire Besançon
Recher Bastien, Conseiller régional de Normandie EELV
Regol Sandra, Députée écologiste du Bas-Rhin
Renaudie Anaïs, comédienne
Revest Jean, Collectif antinucléaire de Vaucluse
Riba Christine, Paysanne, secrétaire générale Confédération paysanne Aura
Richard Antoine, Association Attac Marseille
Rivier Emmanuelle, conseillère de Paris EELV
Rivoire Marie, maraichere, confederation paysanne
Robert Vincent, Naturaliste en lutte
Rocchi Estelle chef de cuisine
Roisin Sonia, Elue municipale et co secrétaire départementale d’Europe Ecologie les verts en Essonne
Roudeau Damien, Auteur de bande dessinée
Rousselin Pascale, Comptable la ruche de l’écologie
Rousteau Fortin Agnès, Confédération Paysanne Charente
Royer Olivier, Conseiller Régional AuRA Groupe « Les Ecologistes »
Régis Lindeperg, SOS forêt France,
SIGAUX Azelma, porte-parole de la Révolution Ecologique pour le Vivant (REV)
Salmon Daniel, Sénateur écologiste
Sanchez Laetitia, Co-présidente du groupe Normandie Écologie à la Région Normandie
Sandra Lucbert autrice
Sanséau paul – Ingénieur Collectif pour la préservation du plateau de Saclay
Sarthou Jean-Pierre, agroécologue, Professeur à l’Université de Toulouse
Satouri Mounir, Eurodéputé
Saut Olivier, Directeur de recherche CNRS
Savry-Cattan Simon, juriste en droit international
Schmid Bernard, Avocat
Schweitzer Claire, Conseillère régionale Pays de la Loire
Scientifiques en rébellion
Sellenet Pierre CSFV 30 (Comité de Soutien Faucheurs volontaires 30)
Sergent Jérôme, Association De Rives en Rêves
Servigne Pablo, Auteur
Sionneau Éric, SUD-PTT 17
Soleihac Corentin , secrétaire régional EELV Poitou-Charentes
Sourty Eliot, avocat
Stark Fanny
Stengers Isabelle, Philosophe
Stépanoff Charles, anthropologue, EHESS
Suffern Stephen, Avocat
Suissa Jérémie, délégué général de Notre Affaire à tous
Sylveste Olivier, Sud Solidaires (SUDPTT)
Szymanski Samuel, Conseiller Fédéral EELV Membre du BER IDF
Sébastien Léa, Maîtresse de Conférences en géographie, Université Toulouse II
TARDI, dessinateur.
Taché Aurélien, Député Écologiste-NUPES du Val-d’Oise
Tantet Alexis, climatologue à l’École Polytechnique, membre de l’Écopolien
Tessa Chaumillon Conseillère départementale de la Seine-Saint-Denis EELV
Theurier Matthieu, co-président des élu.e.s écologistes à la Ville de Rennes
Thierry Nicolas, Député Écologiste-NUPES de Gironde
Tiburi Marcia, philosophe
Tondelier Marine, Secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts
Toulouse Rémy, éditeur à La Découverte
Toussaint Marie , eurodéputée écologiste
Union départementale syndicale Solidaires 44
VEZIES Séverine Rédactrice en chef du Journal de l’insoumission
ValeroMyriam Directrice de Recherche CNRS Scientifiques Rébellion
Vandame Emmanuel Paysan confédération paysanne
Vauquois Victor, co-fondateur de Terres de Luttes
Vergès Françoise, féministe antiraciste décoloniale
Vermillard Marie Cinéaste
Veroda Marie Commission Education à l’Environnement du Conseil du Parc Naturel Regional Ste Baume
Verzat Vincent, vidéaste activiste, Partager c’est Sympa
Vicherat Denis, Éditeur, Les Éditions Utopia
Vion-Dury Philippe, rédacteur en chef du magazine Socialter
Vogel Ménlanie, Sénatrice écologiste
Wahnich sophie , directrice de recherche au CNRS
Walter Léo – Député LFINUPES des Alpes-de-Haute-Provence
Wateau Mathilde, Vous N’êtes Pas Seuls
XR Aix en Provence
Youlie Yamamoto, Porte-parole de l’association Attac France
Zimmer Alexis – Anthropologue des sciences

LES 90 PREMIÈRES ORGANISATIONS

Les Amis de la Terre France
Arthropologia
Association Aquitaine Alternative
Association département du développement de l’emploi Agricole du Rhône
Association De Rives en Rêves
Association Nature Environnement 17
Association NDDL Poursuivre Ensemble 
Association Sciences CitoyennesAction Antifasciste Deux-Sèvres 79 
Alliance Antifasciste Lot et Garonne (47)Alternatiba Rennes
Association Sur un Air de Terre 
Association Soupe et bobines
Attac Alès Cévennes
Attac France
Attac comité local Tarare
Attac Marseille
La Caisse de solidarité Lyon
Coopérative paysanne de BelêtreEELV Poitou-Charentes
EELV Villeneuve-le-Roi/Ablon
Les Éditions de la dernière lettre
Espace Autogéré des Tanneries
Extinction Rebelion Bordeaux
Extinction Rebellion Tours
France Nature Environnement 43
Fédération Anarchiste
Fédération nationale des arts de la rue
Ferme collective de la Tournerie
Fridays For Future – Quimper
La Gale
Le Gitsi
Greenpeace Groupe Local Nancy
Coopérative intégrale du Haut-Berry
Collectif anti-fasciste de la Sarthe
Collectif Bassines Non Merci Berry
Collectif « À pas de loutre »
Collectif Chez Josette – Café-librairie
Collectif de Défense des Jardins d’Aubervilliers / JAD
Collectif des Faucheuses et Faucheurs Volontaires
Collectif d’édition A la criée, Nantes
Collectif « Justice climatique Angers »
Collectif Rendez-nous la mer – ar mor·Bro an Oriant
Comité Stp Bure en Retz
Compagnie Jolie Môme – Troupe de théâtre
Confédération Paysanne
Confédération paysanne Auvergne Rhône-Alpes
Confédération paysanne Charente
Confédération paysanne des Hautes-Alpes
Confédération paysanne 85
Confédération paysanne 26
Contre Attaque – Média révolté
Coordination antifasciste inter—universitaire
Désobéissance Fertile
Dispac’h
Ecopolien
GAB44
Il Est Encore Temps Bordeaux
Ingénieur.es sans Frontière
Jardins Joyeux Rouen
LÉGAL TEAM MARSEILLE, collectif d’anti-repression et de soutient juridique pour toustes
Ligue des droits de l’Homme section Angoulême et Charente
Maison du Peuple en Colère 
MakiGo Protection du Vivant
Mouvement Colibris
Mouvement pour l’économie solidaire
Mouvement utopia
Notre Affaire à tous
NPA
PEPS, le mouvement pour une Ecologie populaire et sociale
Le Printemps du CARE 
Quartier libre des lentillères
Reprises de savoirs
Réseau Semences Paysanne
Réseau Sortir du Nucléaire
Réseau Terres Vivantes en Cévenne
Revue Silence ! 
Scientifiques en rébellion
Le Sens de l’Humus
Sortir du nucléaire Pays nantais
SOS forêt France
Syndicat de la montagne limousine
Terre de liens
Terres de luttes
Union communiste libertaire
Union Départementale CGT 79
Union départementale syndicale Solidaires
Union Syndicale Solidaires
Vidalgene collectif la Terre citoyenne
Youth For Climate La Rochelle

La liste complète des 3000 signataires est à retrouver ici.

[1] Voir l’appel inaugural du mouvement ici – https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/appel