Diffamation de la FDSEA du Finistère envers la Campagne Glyphosate

Victimisation de la FDSEA et attaques violentes et diffamatoires envers la campagne Glyphosate et ses organisateurs…. même technique de communication que TRUMP !!

cropped-campagneGly-4-438x315Unknown

Aujourd’hui nous voilà traités de manipulateurs, populistes et malhonnêtes par Jean-Alain Divanac’h, président de la FDSEA du Finistère … cherchez l’erreur !

Non le ridicule ne tue pas, pas plus que le glyphosate…!!

Nous devrions demander à notre ministre de l’intérieur(appui actif de la FNSEA) qui vient de créer DEMETER(cellulle de Gendarmerie contre l’agri-bashing) d’en créer une, par souci d’équité, contre lespisseursdeglyphosateinvolontaires-bashing !!

5df6400f4bbf17.57080732

Cette communication diffamatoire servie par des médias complaisants révèle la médiocrité de leurs arguments avec des unes raccoleuses : « la farce des tests au glyphosate » (Le 7 novembre 2019
- Mensuel Le Morbihan) et « Preuve à l’appui : les glyphotests sont bidon ! »(Le 19 décembre – Le Point)

Il serait préférable de ne plus relayer les liens pour ces articles.

Ne prêtons plus attention à ce dénigrement systématique qui est une insulte à tous les citoyennes/citoyens et bénévoles impliqués dans cette campagne ainsi qu’aux scientifiques qui soutiennent cette action dont le CRIIGEN et l’association AMLP(Alerte des Médecins sur les Pesticides). Ces attaques avaient été anticipées par notre avocat et notre groupe de travail scientifique ainsi que par les PIG(Pisseurs Involontaires de Glyphosate bretons). A travers la victimisation agressive de la FDSEA/FNSEA nous avons un signe évident que notre mobilisation est juste et à pérenniser.

Il n’y a plus de place pour les « écocideurs-sceptiques », toutes les preuves/constats scientifiques du monde entier sont là.

La FNSEA asservie depuis des décennies aux lobbies doit penser à l’avenir qui sera sans agro-chimie de synthèse.

 

POUR RAPPEL QUELQUES UNES DES REPONSES A CE DENIGREMENT

 

(13/11/2019 Communication de Me Guillaume TUMERELLE, avocat de la Campagne Glyphosate)

Le collectif s’attendait évidemment à des attaques et contestations en tous genres qui n’ont pas manqué de venir. Il a pu leur être reproché d’analyser la lessive et non le glyphosate, d’avoir choisi un laboratoire étranger, d’avoir utilisé une mauvaise méthode d’analyse et toutes contestations imaginables.

Heureusement le collectif a mis en place un protocole drastique de prélèvements sous contrôle d’huissier, validé par le laboratoire. Le choix a porté sur la méthode d’analyse la plus fine avec le meilleur taux de détection (à partir de 0,075 μg/l), et la moins onéreuse. (rappelons que ces analyses sont payés par les volontaires, il n’y a aucune prise en charge par les pouvoirs publics. Les citoyens sont contraints de pallier les carences de l’Etat.

Le résultat est sans appel, plus de 99% des personnes testées sont exposées à cette molécule cancérigène probable.

La molécule glyphosate n’est qu’un indicateur, rappelons que selon certaines études scientifiques les produits dans leurs formulations complètes  telles que commercialisées sont jusqu’à mille fois plus toxiques que la seule molécule glyphosate. Il en est probablement de même pour nombre de pesticides.

Rappelons également que l’arrêt de la Cour de justice de l’union européenne du 1er octobre 2019 vient de préciser que la toxicité et la carcinogénicité des pesticides devait être évaluée tant sur les molécules « principes actifs » que sur les produits dans leur formulation complète, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

affiche-presence-pig(PIG 7/09/2019)  

                                                                                                                                                              Que faut-il penser d’une organisation «syndicale» qui, plutôt que penser à protéger ses propres adhérents, premières victimes des pesticides avec les salariés de l’agroalimentaire, est toujours dans le déni et intimide, voire menace les élus de représailles s’ils étaient tentés de protéger les populations des territoires dont ils ont la charge ???

La FNSEA qui ne voit dans le mouvement citoyen actuel que «du populisme écologique» doit impérativement comprendre que les citoyens ont de plus en plus de conscience qu’ils paient trois fois le prix de leur alimentation :
– une première fois sur les marchés ou au supermarché,
– une seconde fois par leurs impôts pour financer la PAC et la dépollution,
– et désormais une troisième fois pour se soigner, étant donné l’explosion des maladies environnementales, notamment cancers et maladies neuro-dégénératives…Le discours de la FNSEA est non seulement inacceptable mais dangereux pour ses propres adhérents(e)s.

 

 

(AMLP – juillet 2019)

Du fait de l’ampleur de plus en plus importante de cette campagne, la nécessité d’une démarche scientifique en appui à la démarche militante est devenue une évidence. Pourtant, un cadre de recherche-action ne s’improvise pas. L’association a donc mis en place une charte qui vise à organiser le fonctionnement du groupe scientifique impulsé par les bénévoles et à définir une méthode et une éthique de travail ainsi que les rapports qu’il entretient avec l’association Campagne Glyphosate France. Le CRIIGEN a d’ores et déjà signé cette charte.

 

Ce qui est important à noter c’est que dans tous les échantillons, du glyphosate a été retrouvé, jusqu’à présent. Cela confirme bien qu’il existe une pollution généralisée et que tous les écosystèmes sont atteints.

 

En ce qui concerne les doses retrouvées, elles sont très différentes et ce n’est pas la peine de rechercher ce qui est le plus grave, 0,1ng/ml, 1 ng/ml ou 3 ng/ml. Ce qui est grave, c’est d’en avoir ! En effet, quand nous avons du glyphosate, nous avons aussi les co-formulants des différents Roundup dont certains sont des perturbateurs endocriniens avérés, pour lesquels ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la durée et les périodes d’exposition.

 

Les formulations commerciales des herbicides à base de glyphosate (dont les Roundups) sont plus toxiques que le glyphosate seul qui n’est déjà pas une molécule gentille. Or seul le principe actif déclaré (dans ce cas, le glyphosate) est évalué et il suffit qu’il soit autorisé pour que les cocktails entiers de ces poisons en contenant le soient. La Loi Constitutionnelle de 2005 précise que « tout français a le droit de vivre dans un environnement favorable à sa santé ! ». Retrouver ces molécules dans les organismes est donc inacceptable !

 

nous découvrons de plus en plus les effets délétères sur la santé humaine, des pesticides, des perturbateurs endocriniens qui modifient l’expression de nos gènes, de l’impact des nouvelles techniques de modification du vivant… Pour découvrir, comprendre et agir sur ces effets, trop souvent négligés par nos dirigeants, « économie oblige ! », le CRIIGEN développe toute son énergie. Outre ses activités de recherche pour continuer à mettre en lumière les effets et les carences d’évaluation de toutes ces substances

 

 

logo-alerte-medecins-pesticides

(pour l’AMLP, son Président,Docteur Pierre-Michel PERINAUD 15/5/2019)

Malgré la justice américaine, malgré les preuves scientifiques qui s’accumulent depuis l’expertise du CIRC (1) en 2015, le cadavre du glyphosate bouge encore. Comment est-il encore possible d’entendre qu’il existe un doute scientifique sur le danger de cette substance? Rappelons donc que le danger correspond aux effets de la substance: provoque-t-elle des lésions sur l’ADN? Induit-elle des lésions cancéreuses chez l’animal et enfin chez l’homme? Et avec quel niveau de preuve scientifique? A ces questions l’organisme scientifique de référence, analysant toute la recherche publique, avec des experts sans conflits d’intérêt, a répondu: oui le glyphosate est génotoxique, cancérigène pour l’animal. Et cancérigène «probable» pour l’homme. Ce à quoi les évaluateurs du risque (les agences telles que l’EPA aux Etats-Unis, l’EFSA en Europe ou l’Anses en France) répondent: OK, mais les doses auxquelles la population est exposée ne lui font courir aucun risque. Mais comment les agences, qui toutes à l’unisson répètent qu’il n’y a pas de risque, ont-elles construit leur opinion? C’est là que le bât blesse. Une étude (2) parue en avril 2019 donne des éléments de réponse. Ceux-ci sont tellement étonnants que personne ne semble vouloir les considérer dans le débat public, hormis les ONG. Comparant les études prises en compte par l’agence américaine, l’ EPA, et le CIRC afin d’étudier la génotoxicité du glyphosate, elle montre que:1) pratiquement les 2/3 (95 sur 151) des études prises en compte par l’EPA proviennent de l’industriel.2) 1% de ces études montrent le caractère génotoxique du glyphosate…3) à contrario l’expertise du CIRC porte seulement sur la recherche publique. Sur les 191 études considérées 76% montrent un effet génotoxique du glyphosate.4) l’EPA n’a pris en compte que 23% de la littérature publique citée par le CIRC.5) et enfin elle a donné peu de poids aux études portant sur la formulation complète contrairement au CIRC dont 65% des études portant sur celle-ci montrent un effet génotoxique (contre aucune des43 citées par l’industriel!) Il est malheureusement certain que l’EPA n’est pas seule à procéder de la sorte, puisque le règlement européen par exemple, fournit aux industriels, le soin de démontrer l’absence de danger de leurs produits. Nous assistons donc à ce paradoxe: pour l’appréciation du danger, les évaluateurs s’appuient essentiellement sur les études fournies par ceux dont ils prétendent réguler les intérêts! Peuvent-ils faire autrement dans le cadre européen ?

Bien sûr, mais c’est une question de choix politique.

De plus depuis 2015 un ensemble d’études (3) est venu conforter l’appréciation du CIRC: elles s’appuient sur les trois plus grosses cohortes au monde, américaine, norvégienne et française et

montrent toutes, une augmentation du risque de lymphomes non hodgkinien chez les travailleurs les plus exposés.

L’appréciation des risque a-t-elle pris en compte ces effets? A-t-elle évalué la proportion de la population contaminée par le glyphosate? Car si le CIRC a raison, et le niveau de preuve avancé porte à le croire, le caractère génotoxique et cancérigène probable pour l’homme d’une substance, devrait conduire à son exclusion du marché européen en raison d’effets dits sans seuil (c’est à dire qu’aucune dose ne garantit l’innocuité). Fort de ces données il ressort que le danger est indiscutable et que l’appréciation des risque néglige la contamination probablement assez large de la population.

Non-respect des règles d’épandage des pesticides : un riverain obtient gain de cause

10153_uneAgroécologie ( source actu-environnement, 16 décembre 2019, Dorothée Laperche)

100355_zc

Après une plainte déposée pour non-respect des règles d’épandage de pesticides, le riverain d’une exploitation arboricole a finalement obtenu gain de cause. La Cour de cassation a confirmé un jugement en sa faveur.

Le riverain avait en effet dénoncé la dérive, du fait des conditions climatiques, d’un produit épandu en 2012 par l’exploitant. « Le produit pulvérisé était du Merpan 80, pesticide, classé R 40 (suspecté cancérogène), R 43 (sensible pour la peau) et R 36 (irritant pour les yeux) », précise l’association Générations futures qui a suivi l’affaire. « Il dérivait sur un rayon d’une dizaine ou vingtaine de mètres, au gré du vent, dont la force était supérieure à 19 km/h et, selon le site de météo France, comprise entre 30 et 65 km/h, les gendarmes ayant pris des photos attestant de sa dérive ».Merpan_80_WDG_fungicid_Adama.png

L’arboriculteur a été condamné par le Tribunal correctionnel du Mans en avril 2017, puis par la Cour d’appel d’Angers, le 2 octobre 2018. L’arboriculteur avait alors formé un pourvoi en cassation de la décision.

« Depuis que nous travaillons sur ce dossier des riverains victimes des pesticides, et malgré les centaines de témoignages reçus chaque année, nous avons de très grandes difficultés à faire valoir devant la justice que les bonnes pratiques d’épandages ne sont pas systématiquement respectées, souvent au bénéfice du doute (les relevés météos par exemple n’étant pas fait sur la parcelle traitée), a souligné Nadine Lauverjat en charge de la campagne victimes des pesticides à Générations Futures. C’est donc une grande victoire que la confirmation par la Cour de cassation de cette règle ».

Un projet de décret et un projet d’arrêté, relatifs aux mesures de protection des personnes lors de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation, devraient par ailleurs être bientôt publiés.

« Alors que l’ensemble de la population subit cette pollution chronique, insidieuse et dangereuse, obtenir une décision de justice favorable à la protection de la santé des riverains immédiats constitue une très belle prouesse judiciaire. Chapeau ! Car ainsi que le mentionne l’article, caractériser le délit en la matière est très complexe (il faut déjà que la Gendarmerie accepte de se déplacer et constate bien l’infraction puis que le procureur ne classe pas sans suite comme c’est très souvent le cas dès lors qu’il s’agit de droit de l’environnement) et le doute – si ce n’est l’intimidation ! – profite quasi exclusivement aux pollueurs.

Une magnifique jurisprudence en Cour de cassation qui fait date, même si sur le fond il est parfaitement regrettable d’en être réduit à devoir se réjouir de cela. »

(réaction lecteur Pégase)

 

AVIS DE RECHERCHE : Où sont les résultats de la consultation publique concernant la protection des populations face à l’épandage de pesticides?

pesticides 5 mètres1278701-000_1le8fvjpgAVIS DE RECHERCHE : Où sont les résultats de la consultation publique concernant la protection des populations face à l’épandage de pesticides?

12 Décembre 2019

La Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, Générations Futures et l’Association Santé Environnement France et Alerte Médecins Pesticides

Nos organisations pressent le Premier ministre de rendre publics les résultats de cette consultation avant la publication des textes règlementaires censés encadrés l’utilisation des pesticides

Le 4 octobre dernier, la consultation publique lancée par Elisabeth Borne, Agnes Buzyn et Didier Guillaume concernant la protection des populations vis-à-vis de l’épandage des pesticides comptabilisait 53 000 réponses, un record ! Face à ce vif intérêt de la part de la société, nous attendions du gouvernement une publication en grande pompe des résultats. A ce jour, rien n’a été présenté, alors même que la synthèse de cette consultation est prête depuis plusieurs semaines. A la veille de la publication des textes réglementaires encadrant cette protection, nos organisations demandent au Premier ministre de les publier dans les plus brefs délais .

Un préalable à la décision : rendre publics les résultats de la consultation

53 000 réponses, c’est près de 30 fois plus que la moyenne enregistrée par les autres consultations publiques du ministère de la Transition écologique et solidaire en 2019 ! L’engouement est puissant pour un sujet de taille qui concerne la santé humaine et la protection de l’environnement. Pourtant, plus 2 mois après le terme de cette consultation : silence radio. Pas de communication du gouvernement sur l’issue de cet exercice visant à modifier les textes réglementaires d’encadrement de la protection des populations face à l’épandage des pesticides.

Si l’arrêté et le décret doivent être annoncés fin décembre, les ONG demandent de toute urgence la publication des résultats de la consultation et une prise en compte de ces conclusions dans les textes réglementaire.

Protection des populations, mais aussi des agriculteurs, face aux pesticides : tout mettre en œuvre pour y arriver !

En 2018, la loi EGalim introduisait des dispositions pour protéger les riverains par la mise en place de chartes d’engagements concertés entre les agriculteurs, les associations et les élus, à partir de 2020. Dans le cadre du travail de mise en place de ces chartes, l’ANSES recommande la mise en place de distances minimales entres les populations et les zones traitées aux pesticides.

Car les effets néfastes des pesticides sur la santé et l’environnement ne sont plus à démontrer. Le Conseil d’Etat, dans sa décision du 26 juin 2019 a confirmé que la protection actuelle des riverains en France est insuffisante et qu’ils sont ainsi trop exposés aux produits phytosanitaires ; protection pourtant demandée par la réglementation européenne. Le temps des mesurettes et des petits pas est désormais révolu. Si le cadre national sur l’utilisation des pesticides n’est pas plus ambitieux, la situation sur le territoire ne pourra pas s’améliorer. Par exemple, force est de constater que les chartes posent de nombreuses difficultés, tant sur la forme que sur le fond puisqu’en l’état actuel elles ne permettent ni d’engager de réelles négociations territoriales, ni de réellement de protéger les citoyens et l’environnement.

VRTH & IMAZAMOX : Lettre de l’association « Alerte des médecins sur les pesticides « 

Lettre de position à propos des cultures de tournesol modifiées pour être tolérantes aux herbicides à base d’imazamox.

Alerte des médecins sur les pesticides est une association de médecins créée en 2013 qui regroupe 130 membres, généralistes, pédiatres, médecins du travail, médecins libéraux et hospitaliers, toutes spécialités confondues. Nous avons lancé en mars 2013 un appel dit « appel des médecins limousins pour une réduction de l’usage des pesticides », qui réunit 1813 médecins signataires.

L’association « Alerte des médecins sur les pesticides » a été reconnue d’utilité publique en 2018.

Nous considérons donc qu’il est de notre devoir de médecin de mettre en garde les agriculteurs, les plus exposés, d’alerter les pouvoirs publics, et d’informer plus largement toute la population sur les effets sanitaires des pesticides. L’association a notamment pour objet de contribuer à ce qu’une diminution effective de l’usage des pesticides soit entreprise.

Nous avons été sollicité pour témoigner à propos des cultures VRTH, c’est à dire aux cultures de Variétés Tolérantes aux Herbicides, et notamment concernant les tournesols VRTH Clearfield développés par BASF.

1) Généralités à propos des cultures VRTH de tournesol

La tolérance à l’herbicide permet l’utilisation couplée de la variété et de l’herbicide (ou de la famille d’herbicides) associé, qui est alors appliqué en « post-levée », c’est-à- dire sur une culture et des adventices déjà développées. Les herbicides à base d’imazamox sont des herbicides sélectifs, à spectre large, et non pas un herbicide total. L‘imazamox est un herbicide correspondant à la catégorie HRAC* B, c’est à dire la classe des inhibiteurs de l’acétolacte synthase. Le risque pour la plante de développer une résistance à l’herbicide est considéré comme élevé pour ce mode d’action. Cet herbicide peut être utilisé uniquement sur de variétés de tournesol modifiées, le tournesol n’y étant pas tolérant naturellement.

Les résistances exploitées commercialement sur les variétés VRTH de tournesol correspondent à des mutations dans l’enzyme acétolactate synthase (ALS). La variété Clearfield correspond à une mutation d’un l’une des copies du gène de l’ALS, alors que la variété Clearfield Plus correspond à une mutation dans deux copies du gène de l’ALS. Le tournesol Clearfield tolère 40g/ha d’imazamox, alors que le Clearfield Plus 50g/ha d’imazamox.

Les herbicides correspondants, inhibiteurs de l’ALS, et notamment les herbicides à base d’imazamox, sont très utilisés sur les céréales à paille, le maïs et de nombreuses autres cultures. En 2014, environ 18 % des surfaces de tournesol étaient cultivées en VRTH. En 2017, 27 % des surfaces de tournesol étaient cultivées en VRTH (soit environ 160 000 hectares).

Des VRTH de colza ont été développées, elles aussi tolérantes à l’imazamox, dont la culture représente 2 % des parcelles en 2017 soit environ 30 000 hectares.

  1. Impact prévisible sur les quantités d’herbicides employées et risque de dissémination du gène de la tolérance à l’herbicide imazamox

2.1 Impact prévisible sur les quantités d’herbicides employées

Initialement développées notamment dans le but de diminuer les quantités d’herbicides utilisées, il apparaît que l’usage de ce type de variétés tendrait plutôt à augmenter les quantités d’herbicides utilisés, ainsi que le cumul de différents herbicides, ce qui majore la toxicité du fait de l’effet cocktail.

Ce risque était déjà évoqué dans l’expertise collective INRA CNRS de 2011, ainsi que dans d’autres publications. En effet, dans le cas des variétés modifiées pour tolérer les herbicides totaux comme le glyphosate, s’il semblait y avoir à court terme une réduction de la quantité d’herbicides utilisée, les études réalisées aux États-Unis montraient que le différentiel de consommation d’herbicides initialement en faveur des VRTH, régressait en quelques années et devenait défavorable pour le soja et le coton.

Dans le cas des variétés modifiées pour tolérer des herbicides sélectifs, comme c’est le cas pour le tournesol Clearfield avec l‘imazamox, il semblait aussi qu’à moyen terme ces pratiques aboutissent à une augmentation de l’Indice de Fréquence de Traitement (IFT). Telles qu’elles ont été mises en œuvre jusqu’à présent aux États-Unis notamment, les VRTH s’inscrivent dans une logique de gestion du désherbage fondée sur l’emploi d’herbicide associé à une réduction de la lutte mécanique, et peuvent en outre renforcer la tendance au recours, préventif et curatif, au cumul d’herbicides de mode d’action différents. La culture des variétés tolérantes aux herbicides semblait entraîner une majoration du nombre de traitements, et notamment du nombre de traitements après la levée.

De même, le 28 novembre 2019, l’ANSES publie son expertise à propos VRTH et conclut que les « conditions d’utilisation* peuvent conduire à l’augmentation de la quantité et de la fréquence d’utilisation d’herbicides au même mode d’action dans les successions incluant des cultures VRTH », bien que cela n’ait pas été identifié à partir des données étudiées. L’ANSES souligne que « les limites relatives à la quantité et à la qualité des données collectées ne permettent pas de statuer sur les effets indésirables potentiels et de conduire une évaluation a posteriori des risques sanitaires, environnementaux et agronomiques. Néanmoins, l’analyse des données relatives aux pratiques culturales confirme l’existence de facteurs de risque, déjà pointés par l’INRA et le CNRS dans leur expertise collective, quant au développement potentiel de résistance des adventices et/ou à l’augmentation des usages d’herbicides ».

2.2 Risque de dissémination de la tolérance aux herbicides à d’autres plantes et maîtrise de repousses

Le tournesol sauvage, le topinambour ainsi que les variétés de tournesol non VRTH cultivées pourraient s’hybrider avec le tournesol VRTH, acquérant la tolérance à l’herbicide, ce qui pourrait entraîner une intensification des épandages d’herbicides pour des désherbages ultérieurs. Les herbicides à base d’imazamox étant déjà largement utilisés sur les céréales, la généralisation de l’usage de ce type d’herbicide favorise le développement des résistances, et par là le recours aux épandages d’autres herbicides, réalisant une fuite en avant. De telles résistances ont déjà été observées dans 5 départements français (Poitou et Haute Garonne), ces résistances sont liées à la cible (très probablement par flux de gène depuis les variétés de tournesol cultivées tolérantes à des herbicides inhibiteurs de l’ALS).

De même, dans les cultures suivant celles du tournesol VRTH sur la même parcelle, la maîtrise des repousses de tournesol VRTH (dans la culture qui succède, sur la même parcelle) entraîne un nouvel épandage précoce d’herbicides utilisant un autre mode d’action. La gestion des repousses de tournesol VRTH dans la succession culturale nécessite pour sa part l’utilisation d’autres herbicides, à base d’ioxynil, de bromonyl, de 2-4 MCPA, de sulcotrione, de tembotrione, de fluroxypyr, de mésotrione, de dicamba ou de clopyralid(1). Tous ces herbicides sont donc susceptibles d’être utilisés plus fréquemment, en plus grande quantité ou en cumul plus important que sur des cultures de tournesol non VRTH.

Au delà de la question de l’intensification de l’usage des herbicides liée à la dissémination de la tolérance aux herbicides, une telle dissémination peut produire des effets irréversibles sur l’environnement.

  1. Caractéristiques toxicologiques des herbicides employés sur les cultures de tournesol VRTH

3.1 Herbicides à base d’imazamox employés sur les cultures de tournesol VRTH

Les noms commerciaux de ces herbicides à base d’imazamox associés aux cultures VRTH de tournesol sont PULSAR 40 pour la variété Clearfield et PASSAT PLUS pour la variété Clearfield Plus.

L’imazamox appartient à la classe des imidazolinones, et son activité herbicide repose sur l’inhibition de l’acétolactate synthase (ALS). Cette enzyme est impliquée dans la synthèse des acides aminés valine, leucine et isoleucine, et son inhibition provoque un déficit de synthèse protéique pour les plantes exposées. Cette enzyme est présente chez les plantes, les bactéries, champignons et levures. La toxicité de cet herbicide ne se limite pas à la cible moléculaire ALS, et l’exposition à l’imazamox peut affecter d’autres cibles intracellulaires même dans des espèce ne possédant pas l’enzyme ALS.

Chez l’homme, l’imazamox n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien.

Une étude brésilienne réalisée en 2007 conclut néanmoins à l’existence d’un risque de génotoxicité à haute dose pour l’imazamox, chez la drosophile, et estime que des investigations supplémentaires sont nécessaires pour cette substance.

Chez l’animal, dans les études de reproduction conduites par l’agence d’homologation californienne, une toxicité maternelle (perte de poids, manifestations cutanées) a été observée chez le rat et le lapin, ainsi que certaines malformations fœtales chez le lapin (agénésie d’un lobe intermédiaire du poumon et malformations de vertèbres cervicales), sans qu’il ait été possible de conclure sur la causalité de l’imazamox quant à leur survenue.

3.2 Co-formulants des herbicides à base d’imazamox employés sur les cultures de tournesol VRTH

PULSAR-40-5LLe PULSAR 40 a un co-formulant, le 1,2-Benzisothiazol-3(2H)-one qui provoque des dermatites de contact sévères ainsi que des sensibilisations allergiques. Ce composé a des effets tératogènes à forte dose chez l’animal, provoquant des malformations squelettiques.

bidon_passat_plus_1540x866Le PASSAT PLUS a un co-formulant, le Bis(2-ethylhexyl) maleate, qui présente une néphrotoxicité aiguë et chronique : en cas d’administration orale répétée de quantités faibles, la substance peut causer des lésions rénales (résultats d’essais sur l’animal).

Un autre co-formulant du PASSAT PLUS, le 2,2′,2 »-nitrilotriéthanol pourrait être cancérigène à hautes doses par voie cutanée chez la souris, causant des hémangiosarcomes hépatiques chez la souris mâle et des adénomes hépatiques chez la souris femelle, sans qu’il n’y ait de preuve qu’il ait un effet similaire dans l’espèce humaine. Le 2,2′,2 »-nitrilotriéthanol est classé groupe 3 dans la classification du CIRC* : produit inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’homme. Il provoque également des malformations dentaires chez la souris. Selon BASF, « ce produit n’a pas été testé intégralement. Les données ont été déduites en partie d’autres produits de structure ou composition similaire. Le potentiel d’altérer la fertilité ne peut être exclu lors d’administrations à hautes doses, pour lesquelles d’autres effets sur la santé ont été observés. La pertinence des résultats sur la santé des personnes n’étant pas avérée, d’autres tests vont être initiés ». Dans certaines conditions spéciales, le 2,2′,2 »-nitrilotriéthanol peut former une nitrosamine. Les nitrosamines se sont révélées être cancérigènes en expérimentation animale. Le CIRC classe une des nitrosamines dans la catégorie 2A, c’est à dire “probablement cancérogène pour l’Homme » et six dans la catégorie 2B, soit « peut-être cancérogène pour l’Homme », enfin, une nitrosamine est classée dans la catégorie 3 ce qui signifie que la substance est «inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’Homme ».

Un autre co-formulant du PASSAT PLUS, le docusate sodique présente également une toxicité développementale : selon BASF, en expérimentation animale, la substance n’a pas causé de malformations mais aux doses les plus importantes un effet néfaste sur le développement a été observé, sans que plus de précisions concernant ce composant puissent être retrouvées dans la littérature

3.3 Adjuvants des herbicides à base d’imazamox employés sur les cultures de tournesol VRTH

Le PULSAR 40 est souvent utilisé avec un adjuvant : ACTIROB B, MIX-IN, RADIAMIX, VEGESTAR, COLSURF, DISPOS ou FLUX-IN selon BASF, ou DASH HC selon le guide du Tournesol 2019, notamment en cas d’ambroisie. Le PASSAT PLUS contient déjà un adjuvant. Ces adjuvants sont des agents qui favorisent la pénétration de l’herbicide, qui permettent l’adhésion de la formulation base d’imazamox et la couverture de toute la feuille de la plante.

ACTIROB B, MIX-IN, RADIAMIX, VEGESTAR, et COLSURF correspondent à de l’huile de colza esterifiée à 842 g/L, à plus de 90%. Il n’est pas possible de savoir quels additifs ou conservateurs sont ajoutés à la formule de ces adjuvants, car les industriels ne sont pas tenus de déclarer les composants en dehors des substances actives, qui relèvent du secret industriel. De même, enfin, les fiches de sécurité précisent pour le PULSAR 40 et le PASSAT PLUS que les caractéristiques sont déduites des propriétés des différents constituants de la formulation, mais que la formulation n’est pas testée en elle-même : il n’y a pas de prise en compte de l’effet cocktail. Il n’y a pas de données non plus concernant la pureté des composants. Le processus de fabrication peut induire la présence significative d’impuretés, pouvant avoir des effets sanitaires, sans que celles-ci soient mentionnées.

Il n’y a pas d’information disponible quant à DISPOS et FLUX IN.
DASH SC est un adjuvant contenant du solvant naphta aromatique lourd, dérivé du kérosène et du naphtalène.

Le solvant naphta aromatique lourd est bio-accumulable. Les intoxications aiguës avec des solvants aromatiques peuvent provoquer des troubles digestifs, neurologiques ou irritatifs non spécifiques. L’exposition répétée à ces solvants peut entraîner des atteintes neurologiques. L’exposition prolongée à ces solvants aromatiques peut également être responsable de troubles mentaux organiques pouvant associer irritabilité, troubles de la concentration, du sommeil, de la mémoire et baisse de l’efficience intellectuelle. Les données ne permettent pas de conclure quant au risque cancérogène chez l’homme. Une étude cas-témoins a signalé une augmentation significative de la fréquence des cancers du poumon ou de la prostate après des expositions importantes supérieures à 20 ans à de nombreux solvants (incluant le white-spirit, le solvant stoddard ou encore le benzène). La responsabilité des différents solvants ne peut être déterminée à partir de cette seule étude. Plusieurs études rapportent un excès de risque statistiquement significatif d’avortements, d’accouchements prématurés ou petits poids de naissance en cas d’exposition à des solvants (sans précision) pendant la grossesse.

Le CIRC considère que les preuves de la cancérogénicité des solvants pétroliers (comprenant les solvants aromatiques) chez l’Homme sont insuffisantes. Les données disponibles font état d’un signal d’alerte pour les risques sur la reproduction.

Le naphtalène est classé en 2002 comme cancérogène possible pour l’homme (groupe 2B) par le Centre International de Recherche sur le Cancer ou CIRC ce qui correspond à des données jugées insuffisantes chez l’homme mais suffisantes chez l’animal. Plus récemment, en 2014, le naphtalène a été classé comme devant « raisonnablement être cancérogène » pour l’homme, d’après des preuves suffisantes provenant d’études sur l’animal, d’après le Programme Toxicologique National du ministère de la Santé des États Unis.

images

  1. Caractéristiques toxicologiques des herbicides utilisés dans la succession culturale du tournesol VRTH, en dehors de l’imazamox

Les herbicides susceptibles d’être employés en pré-levée sont le PROWL 400, le ATIC AQUA, le DAKOTAP, le BELOGAP, le WINGP ou la flurtamone. La gestion des repousses de tournesol VRTH dans la succession culturale nécessite pour sa part l’utilisation d’autres herbicides, à base d’ioxynil, de bromoxynil, de 2-4 MCPA, de sulcotrione, de tembotrione, de fluroxypyr, de mésotrione, de dicamba ou de clopyralid.

Tous ces herbicides sont donc susceptibles d’être utilisés plus fréquemment, en plus grande quantité ou en cumul plus important que sur des cultures de tournesol non VRTH.

Le PROWL 400 est un herbicide à base de pendiméthaline. L’US-EPA classe la pendiméthaline dans la catégorie C2, possiblement cancérogène pour l’homme. Ce composé est aussi hépatotoxique et toxique pour la thyroïde lors d’une exposition chronique.PROWL-400-5L.jpg

 

Le ATIC AQUA est un herbicide à base de pendiméthaline, dont l’un des co-formulant est le 4,4′-diisocyanate de diphénylméthane.

Atic-Aqua.jpg

Le 4,4′-diisocyanate de diphénylméthane est considéré comme « faiblement » mutagène, et est un cancérogène pulmonaire par inhalation pour le rat. Il est classé cancérigène 2 dans la classification CLP européenne, c’est à dire « produit chimique cancérogène suspecté ». Chez l’homme, certaines études mettent en évidence des effets cytogénétiques sur les cellules de sujets exposés. Les rates gestantes exposées au diisocyanate de diphénylméthane présentent à forte concentration, une toxicité maternelle importante (létalité, lésion du tractus respiratoire, baisse de la prise de poids) ; à cette concentration, il y a une fœto/embryotoxicité (réduction de poids du placenta et du fœtus, augmentation des variations squelettiques et retards de croissance) mais pas d’effet tératogène.

Le DAKOTA-P, le BELOGA-P et le WING-P ont des compositions très similaires. Ce sont des herbicides à base de pendiméthaline avec entre autre comme co-formulant le naphtalène, classé en 2002 comme cancérogène possible pour l’homme (groupe 2B) par le CIRC et comme composé devant « raisonnablement être cancérogène » pour l’homme, d’après le Programme Toxicologique National du ministère de la Santé des États Unis. A noter que le DAKOTA-P contient un isomère de la pendiméthaline, la pendiméthaline (ISO); N-(1-éthylpropyl)-2,6- dinitro-3,4-xylidine qui « a provoqué des tumeurs de la tyroïde lors d’études à long terme sur les rats. L’effet est causé par un mécanisme spécifique chez l’animal qui n’a pas d’équivalent chez l’homme. Dans les études à long terme réalisées avec des souris par administration avec les aliments, la substance n’a pas eu d’effet cancérigène. »751435961eb0520829f6b62f7ce9.jpegbidon_wing_p_1540x866.jpgbidon_beloga_p_1540x866.jpg

L’usage de la flurtamone vient d’être interdit en France en juin 2019. Cette substance était classée cancérigène 2 cancérigène 2 dans la classification CLP européenne soit « produit chimique cancérogène suspecté »

L’ioxynil et le bromoxynil sont classés comme reprotoxique 2 dans la classification CLP européenne, c’est à dire « substance suspectée d’être toxiques pour la reproduction humaine ». Ils sont tous deux cytotoxiques.

Le 2-4 MCPA n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien chez l’homme.

Le sulcotrione est néphrotoxique en usage chronique et classé comme reprotoxique 2 dans la classification CLP européenne, c’est à dire « substance suspectée d’être toxiques pour la reproduction humaine » Le tembotrione est classé comme reprotoxique 2 dans la classification CLP européenne, c’est à dire « substance suspectée d’être toxiques pour la reproduction humaine ». Le mésotrione n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien chez l’homme.

Le fluroxypyr n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien chez l’homme. Le fluoxypur est néphrotoxique chez l’animal.

Le dicamba n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien chez l’homme. Il y a néanmoins des éléments en faveur d’une toxicité pour l’ADN, in vitro pour les lymphocytes humains et in vivo chez l’amphibien, ainsi que chez le hamster.

Le clopyralid n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien chez l’homme.

  1. Risques environnementaux liés aux herbicides à base d’imazamox employés sur les cultures de tournesol TH

Un des risques liés à la culture de tournesol VRTH est à moyen terme une augmentation de la fréquence des traitements phytosanitaires, une augmentation des quantités d’herbicides employés et un cumul d’herbicides aux modes d’action différents, dont certains sont cancérigènes ou reprotoxiques. Cette augmentation de la fréquence de traitement et ce cumul d’herbicide conduit à une pression encore plus grande sur la biodiversité.

De surcroît, les produits employés sont difficilement biodégradables, et      « en cas de rejet dans le sol, le produit s’infiltre et peut -en fonction de la biodégradation -être transporté dans les zones plus profondes du sol avec de grands volumes d’eau ». Il y a donc un risque de contaminer les eaux de surfaces et les eaux souterraines, impactant la qualité de l’eau potable. Les cultures de tournesol VRTH représentent 160 000 hectares en France chaque année, la contamination des eaux de surfaces et des eaux souterraines est à craindre.

L’ANSES pointe justement ce risque dans son rapport de novembre 2019, et demande un renforcement de la surveillance. «Toutefois, les substances actives herbicides associées à l’utilisation des VRTH n’ont pas été recherchées dans les eaux environnementales dans les principales zones de culture du colza et du tournesol VRTH. Les métabolites ne sont pas surveillés. ». L’ANSES recommande donc de renforcer la surveillance des résidus des substances herbicides associées aux VRTH dans les régions concernées, notamment dans l’eau. L’ANSES recommande également « en premier lieu d’étudier le métabolisme de dégradation des herbicides par les plantes VRTH afin de vérifier qu’il n’entraîne pas la formation de métabolites spécifiques non pris en compte lors de l’évaluation européenne des substances actives phytopharmaceutiques ».

Les herbicides à base d’imazamox utilisés dans la culture du tournesol VRTH sont tous deux toxiques, voir très toxique pour le PULSAR 40 à long terme pour les organismes aquatiques et « polluant marin », et les utiliser de façon associée, dans un type de culture entraînant à moyen terme à une augmentation de la fréquence de traitement phytosanitaire risque de mettre en péril certains écosystèmes aquatiques, aggravant la crise de la biodiversité. L’imazamox est classé « dangereux pour l’environnement ».

Concernant les différents herbicides utilisés dans la succession culturale :

Le PROWL 400, le ATIC AQUA, le DAKOTA-P, le BELOGA-P, le WING-P, l’ioxynil, le bromoxynil, le 2-4 MCPA, le sulcotrione, le tembotrione, le mesotrione, le dicamba et le clopyralid sont classé très toxiques pour les organismes aquatiques, entraînant des effets néfastes à long terme. Le fluoxypyr est classé toxique pour les organismes aquatiques, entraînant des effets néfastes à long terme.

Le PROWL 400, le ATIC AQUA, le DAKOTA-P, le BELOGA-P, le WING-P, l’ioxynil, le bromoxynil, le fluoxypyr le 2-4 MCPA, le dicamba et le clopyralid sont classés difficilement biodégradables. Le sulcotrione, le tembotrione et le mesotrione se dégradent lentement dans le sol.

  1. Dissémination dans la chaîne alimentaire

La dose journalière admissible de l’imazamox est fixée à 3mg/kg/jour selon l’INERIS.

Le tournesol VRTH permet d’épandre les herbicides à bases d’imazamox après la levée des semis, jusqu’au stade 4 feuilles, parfois 8-10 feuilles pour les adventices à type d’orobranche, soit plus tardivement qu’avec du tournesol classique.

La contamination des eaux de surfaces par les herbicides à base d‘imazamox peut entraîner une contamination des poissons élevés dans ces eaux, formant une autre voie de contamination humaine par le biais de l’alimentation.

Selon le rapport de l’ANSES à propos de VRTH publié en novembre 2019, « des risques potentiels spécifiques des VRTH ont été identifiés. En effet, du fait de la génétique des VRTH, les plantes cultivées peuvent soit bio-accumuler les herbicides associés, soit au contraire les métaboliser. Dans le premier cas, cela est susceptible d’augmenter les niveaux de résidus de pesticides dans les denrées alimentaires. Cela n’a pas été mesuré à travers les données disponibles. Dans le second cas, des métabolites spécifiques des VRTH pourraient être produits. La prise en compte, dans le cadre de l’évaluation a priori des risques sanitaires au titre du règlement n°1107/2009, du métabolisme spécifique des plantes VRTH, a été jugée partielle par les experts ».

L’ANSES alerte aussi sur le nécessité d’augmenter la surveillance des résidus des substances herbicides associées aux VRTH et dans les matrices de colza et de tournesol et recommande « en premier lieu d’étudier le métabolisme de dégradation des herbicides par les plantes VRTH afin de vérifier qu’il n’entraîne pas la formation de métabolites spécifiques non pris en compte lors de l’évaluation européenne des substances actives phytopharmaceutiques». En effet, des métabolites toxiques de l’imazamox pourrait être synthétisés lors de la dégradation de l’imazamox par le plant de tournesol. La détermination de ces métabolites et l’étude de leur éventuelle toxicité doit être prioritaire.

Conclusions

L’emploi de tournesol VRTH risque d’avoir un impact négatif en terme de quantité d’herbicides utilisés, que ce soit à moyen terme sur les parcelles de tournesol VRTH ou à long terme sur les autres cultures qui auraient subi une dissémination de la tolérance à l’herbicide. Le risque d’augmentation des quantités d’herbicides utilisées, ainsi que que le risque de cumul de différents herbicides a été à nouveau souligné récemment par l’ANSES dans sa publication de novembre 2019. L’ANSES recommande également une meilleure surveillance des résidus d’herbicides dans les nappes phréatiques et cours d’eau à proximité des cultures VRTH, ainsi que la recherche de métabolites spécifiques aux VRTH, dans les cours d’eau à proximité et le tournesol produit. Ces herbicides peuvent être, du fait du caractère modifié du tournesol pour acquérir la tolérance aux herbicides, utilisés plus tardivement dans la culture, en pleine pousse, entraînant un plus fort risque de contamination du tournesol.

Chez l’homme, l’imazamox n’est pas classé à ce jour comme cancérigène, mutagène, reprotoxique ni comme perturbateur endocrinien mais une étude conclue néanmoins à l’existence d’un risque de génotoxicité à haute dose pour l’imazamox, chez la drosophile, et estime que des investigations supplémentaires sont nécessaires pour cette substance. Chez l’animal, lors des études de reproduction, des malformations ont été décrites sans que la causalité de l’imazamox ait pu être établie. L’imazamox est difficilement biodégradable.

Concernant les coformulants des herbicides à base d’imazamox : 1,2-Benzisothiazol-3(2H)-one est tératogène à forte dose.

2,2′,2 »-nitrilotriéthanol est lié à la survenue d’hémangioblastomes hépatiques chez la souris, et peut entraîner la formation de nitrosamines classées cancérigènes 2A, 2B ou 3 par le CIRC. Selon BASF, « ce produit n’a pas été testé intégralement. Les données ont été déduites en partie d’autres produits de structure ou composition similaire. Le potentiel d’altérer la fertilité ne peut être exclu lors d’administrations à hautes doses, pour lesquelles d’autres effets sur la santé ont été observés. La pertinence des résultats sur la santé des personnes n’étant pas avérée, d’autres tests vont être initiés ».

Concernant les adjuvants des herbicides à base d’imazamox : le DASH SC contient du naphta lourd, bioaccumulable, et de la naphtalene, classée cancérogène 2B par le CIRC.

Concernant les autres herbicides utilisés dans la série culturale, dont l’usage et le cumul risque d’être majoré par l’emploi des variétés VRTH :

  • –  la pendiméthaline est classée cancérigène C2 par l’EPA

  • –  le 4,4′-diisocyanate de diphénylméthane, co-formulant du ATIC AQUA est faiblement 
mutagène est classé cancérigène 2 dans la classification CLP européenne

  • –  les DAKOTA-P, BELOGA-P et WING-P contiennent eux aussi de la naphtalene classés cancérigène 2B par le CIRC

  • –  l’ioxynil, le bromonyl, le tembotrione et le sulcotrione sont tous classés reprotoxiques 2 dans la classification CLP européenne

  • –  le dicamba n’est pas à ce jour classé cancérigène, mutagène ou reprotoxique, mais différentes publications documentent une génotoxicité in vitro.

  • –  plusieurs produits ont des toxicités spécifiques d’organe : thyrotoxicité, nephrotoxicité, hépatotoxicité

  • –  Tous les herbicides de la série culturale sont difficilement biodégradables et toxiques, y compris à long terme, pour les animaux aquatiques. 
Les herbicides utilisés en pré-levée sur les cultures de tournesol VRTH sont eux aussi susceptibles d’être utilisés en plus grande quantité, tout comme les herbicides destinés à contrôler les repousses de tournesol VRTH. 
La série culturale peut donc amener à exposer les agriculteurs et les populations riveraines, ainsi que les consommateurs des plantes à plusieurs substances cancérigènes, reprotoxiques, tératogènes, ou à toxicité spécifique à un organe. Ce cumul d’exposition a des substances toxiques peut générer un effet cocktail aggravant encore leur toxixité. A noter, que la zone de non traitement définie par BASF est de 5 m, ce qui est insuffisant pour garantir la protection quant à la dérive des produits épandus. Pour rappel, près d’un tiers du tournesol cultivé en France est VRTH, soit 160 000 hectares. Les données de littérature concernant la toxicité des herbicides, co- formulants et adjuvants utilisés dans la série culturale sont résumés dans le tableau en annexe. 
Le développement des cultures tolérantes aux herbicides ne tiennent par leurs promesses en terme de réduction de l’usage des herbicides, et pourraient même au contraire conduire à une 
augmentation de leur usage, qui serait totalement contradictoire aux orientations dessinées par le plan Ecophyto.

L’association Alerte des Médecins sur les Pesticides a notamment pour objet de contribuer à ce qu’une diminution effective de l’usage des pesticides soit entreprise, afin de protéger la santé humaine et l’écosystème. De ce fait, l’association Alerte des médecins sur les pesticides tient à exprimer son opposition totale quant à l’autorisation des cultures de tournesol tolérantes aux herbicides, du fait de la très probable majoration d’exposition des agriculteurs et riverains à des substances dont plusieurs sont cancérigènes, et reprotoxiques.

Dr Cécile Stratonovitch pour Alerte des médecins sur les pesticides                                      Le 07/12/2019 à Toulouse

L’Anses annonce le retrait de 36 produits à base de glyphosate

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

32500_fb

  • Actualité du 09/12/2019 – source ANSES

Suite à la réapprobation pour cinq ans de la substance active par l’Union européenne en 2017, l’Anses procède au réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate commercialisés en France et a lancé une évaluation comparative avec les alternatives disponibles. Sans attendre la fin du processus en cours, l’Agence a notifié le retrait des autorisations de 36 produits à base de glyphosate et le refus d’autoriser 4 nouveaux produits, les données fournies par les industriels ne permettant pas de statuer sur leur éventuelle génotoxicité. Ces produits représentaient en 2018 près des trois quarts des tonnages de produits à base de glyphosate vendus en France, pour des usages agricoles et non agricoles.

S’agissant du glyphosate, ce cadre a été spécifiquement renforcé en 2017 suite à la réévaluation de la substance active, avec davantage d’exigences impliquant la fourniture de données supplémentaires concernant les risques pour la santé et l’environnement. Ces nouvelles dispositions requièrent des études spécifiques menées selon des méthodes standardisées et robustes.

L’Anses vient d’annoncer sa décision de retirer les autorisations de 36 des 69 pesticides à base de glyphosate actuellement disponibles sur le marché français et ayant demandé le renouvellement de leur autorisation en raison de l’insuffisance ou de l’absence de données scientifiques permettant d’écarter tout risque génotoxique.

Ces produits vont être retirés du marché et ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020,

L’Anses poursuit l’examen des demandes d’autorisation et de réautorisation de produits à base de glyphosate et, comme elle l’a annoncé en novembre 2018, procèdera également à une évaluation comparative avec les alternatives non chimiques disponibles.

Par ailleurs, et pour des raisons identiques, l’Agence a notifié une décision négative pour 4 des 11 nouvelles demandes d’autorisation déposées depuis janvier 2018 et en cours d’examen.

« Générations Futures se réjouis de ces premières décisions de retrait d’AMM. Elles confirment que l’innocuité des herbicides à base de glyphosate…est un mythe ! » déclare François Veillerette, Directeur de Générations Futures « Générations Futures rappelle que sur la génotoxicité du glyphosate : 70% des études universitaires (indépendantes de l’industrie) prises en compte par l’expertise du Centre international de recherche sur le caner (CIRC) mettent en évidence une génotoxicité ! Nous espérons maintenant que l’ANSES prenne en compte l’ensemble de cette littérature scientifique disponible montrant la génotoxicité du glyphosate pour refuser les autres demandes de mise en marché d’herbicides à base de glyphosate qu’elle doit encore examiner. » ajoute t’il !

DOSSIER DE PRESSE DES FAUCHEURS VOLONTAIRES BRETONS: IMPORTATION DE SOJA O.G.M. ou l’histoire du poulet breton décapité qui court toujours…

6 Décembre 2019

LES FAUCHEURS VOLONTAIRES ONT BLOQUES LE PORT DE COMMERCE DE BREST ET L’ACTIVITE DE LA SOCIETE BUNGE QUI distribue une part des 4,5 millions de tonnes de soja OGM- PESTICIDES arrivant chaque année d’Amérique du Nord et du Sud en France.

 

IMG_8110

Introduction :
 Le soja, est une légumineuse originaire de Chine. Principalement cultivé dans les zones sub-tropicales, sa graine est traditionnellement consommée par les humains en Asie orientale. Aujourd’hui, le soja est principalement utilisé sous forme d’huile végétale et de tourteaux.

il-y-a-une-semaine-un-groupe-de-80-faucheurs-volontaires_4958183_540x269p.jpg

C’est le principal oléo-protéagineux cultivé dans le monde : 128 millions d’ha pour une production de 360 millions de tonnes en 2018

90 % du soja produit dans le monde est OGM (source : http://www.fopoleopro.com/marche-mondial-des- oleagineux-juin-2018/).
Les USA rassemblent 45 % des surfaces cultivées en soja, qui apparaît dans les statistiques agricoles américaines dans les années 20. L’industrialisation de l’agriculture permet une augmentation des surfaces durant les décennies qui suivent. L’American Soybean Association, associée (regroupant agriculteurs et industriels) avec l’aide du gouvernement, a largement contribué à développer les usages et les marchés du soja (graine, huile , tourteaux à destination de l’élevage industriel), notamment à l’export (source : https://www.persee.fr/doc/tiers_0040-7356_1976_num_17_66_2635). A partir des années 70, c’est le développement du soja au sein des deux géants agricoles sud-américains, le Brésil et l’Argentine, qui expliquent l’augmentation mondiale des surfaces cultivées (ils représentent avec les USA, 82 % des tonnages produits). Cette croissance est particulièrement marquée au Brésil : la surface en soja y a plus que doublé lors des 20 dernières années et équivaut aujourd’hui à celle des USA.

Le marché du soja à l’export représente 66 millions de tonnes / an. Les principaux pays importateurs sont la Chine, ainsi que les pays de L’UE. La France importe annuellement 4,5 millions de tonnes de soja dont les deux tiers sont consommés sous forme de tourteaux dans l’alimentation animale ( alors que la production française s’élève à 0,5 Million de tonnes, niveau record en 2017). (source : https://www.planetoscope.com/cereales/1713- consommation-de-soja-en-france.html).

Malgré cette dépendance de l’élevage français à l’importation de soja, les critiques s’élèvent de tout bord. Le président Emmanuel Macron a déclaré sur France 2 le 26 Août 2019 : « on a une part de complicité » en évoquant les incendies en Amazonie liés à la déforestation au profit des monocultures de Soja. Il a ajouté ensuite « Le soja, on en a besoin en Europe. Parce que ça apporte de la protéine pour nourrir les animaux. Et nous, nous n’en avons pas », a-t-il rappelé. « C’est le fruit d’un vieil équilibre conclu dans les années 60. On a accepté une dépendance en termes de protéines. Je considère que c’est un très mauvais choix». Ce discours rejoint la position de la FNSEA et de la Coordination

Rurale, deux syndicats agricoles qui militent pour la mise en place par l’état d’un « Plan Protéine » qui soutiendrait les producteurs français d’oléoprotéagineux.
Mais cette position rassembleuse adoptée par le président de la république pourrait rassurer si elles n’éludait pas deux questions fondamentales :

– Peut-on se passer des importations de soja sans remettre en cause le système d’élevage industriel, en particulier en Bretagne ?
- Doit-on usé des mêmes techniques culturales qu’en Amérique pour cultiver des oléoprotagineux en France (monocultures OGM-pesticides) pour devenir autonome ?

On développera donc ces questions dans ce dossier de presse en terminant par les détails des revendications des faucheurs volontaires sur ce thème.

IMG_8128.jpg

 

PARTIE I : Soja importé et élevage industriel breton, 2 frères siamois :

  1. A) Les bases de la restructuration de l’agriculture française des années 1960 :

En 1957, le traité de Rome définit la communauté européenne ainsi qu’une Politique Agricole Commune, effective dès 1962. L’objectif n’°1 est l’augmentation de la productivité. Des outils destinés à

« professionnaliser l’agriculture » transforment alors la ferme familiale diversifiée en « exploitation agricole – unité de production spécialisée » : mise en place des différents statuts agricoles, « dotations

jeunes agriculteurs », contrôle du foncier avec la création de la SAFER, etc…
(source : http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/AGRIFRA07c-2.pdf)
La modernisation, c’est aussi le progrès technique à l’intérieur des fermes : mécanisation, bâtiments d’élevage hors-sol, développement des techniques de sélection (végétales ou animales), utilisation de pesticides et d’antibiotiques (toutes ces techniques n’étant bien sûr pas abordables pour une ferme familiale avec une forte partie vivrière).
C’est aussi l’organisation des filières. Grâce la structuration en coopérative, l’agriculteur
« travaille en intégration » à une filière de production. Il est approvisionné en matière première, accompagné techniquement, et sa production est commercialisée en circuit long par la coopérative. La réglementations des prix, des subventions, des systèmes de stockage et des règles communes en matière d’importation et d’exportation seront les bases de la PAC de 1962.
C’est à cette même période que se construit la dépendance protéique de l’Europe aux États-Unis :
« Comment en est-on arrivé là ? Les négociations dans le cadre de l’OMC ou de la PAC ont renforcé une situation issue de la seconde guerre mondiale : la spécialisation de l’Union européenne dans la production de céréales au détriment des protéines végétales. Dès le début des années 60, l’exonération des droits de douane pour les importations de

soja américain [3] a favorisé l’essor des productions animales européennes au travers d’un modèle d’élevage intensif ».

(source : https://www.infogm.org/Dependance-en-proteines-vegetales)
Ceci est particulièrement prégnant en Bretagne où le ministre de l’agriculture de l’époque , Edgar Pisani, annonce en 1965 que cette région doit devenir l’ «atelier à lait et à viande » de la France.

  1. B) L’élevage, socle de la Bretagne :

Selon les conclusions d’un rapport de la DRAAF de Bretagne datant de 2013 : « L’agriculture et l’agro-alimentaire constituent le socle territorial et économique de la Bretagne, dont le maillage est principalement tissé par la filière élevage » .
(source : http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/L_elevage_en_Bretagne_cle49c7b6.pdf

Les chiffres qui ci-contre illustrent bien les conclusions de ce rapport.
La Bretagne est également leader dans les industries agro-alimentaires avec 15 % des emplois français du secteur. C’est la première région d’abattage, et de production d’aliments pour bétail.

(Source : http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/32957/$File/ABC-Agriculture-et- agroalimentaireBretagne-Chiffres2019.pdf?OpenElement)
Ce positionnement économique ainsi que sa situation géographique explique pourquoi cette région est la principale entrée du soja OGM en France avec les ports de Lorient, de Montoir de Bretagne et de Brest.

  1. C) Impacts socio-économiques

Aujourd’hui on compte 67000 actifs agricole, répartis entre chefs d’exploitation, aides-familiaux, et salariés. On peut donc affirmer que, même si la hausse de la productivité, la professionnalisation de l’agriculture, et l’industrialisation n’est pas la seule cause de cette évolution, ce modèle qui

représentait la modernité dans les années 1960, n’a pas réussi à préserver ses travailleurs.

La création d’emploi dans l’industrie agro-alimentaire (IAA) est présenté comme le point positif de cette mutation, bien qu’elle n’a pas compensé la destruction du monde paysan. De plus depuis les années 80, la surproduction, la concurrence importante sur le marché mondial de l’alimentation a fragilisé les emplois. A titre d’exemple, on peut citer la fermeture des abattoirs : fermeture de GAD à Lampaull-Guimiliau en 2013, de Tilly-Sabco à Guerlesquin entre 2013 et 2018 ou de Doux en 2013 (sur la photo ci-contre, le salariés de Doux porte le maillot de l’équipe de foot du Brésil pour dénonçons la concurrence de l’aviculture de ce pays notamment sur le marché du Moyen-Orient).

Selon un rapport de l’INSEE de 2019, la main d’oeuvre des IAA est très féminisée et peu qualifiée, ce qui expliquerait que les salaires soient plus faibles dans l’IAA que dans les autres industries agro-alimentaires.
(Source : file:///H:/FV/importation/la%20pêche%20au%20gros/inseeIAA.pdf).

Pour finir sur le thème des conditions de travail des salariés de l’IAA, il est nécessaire de montrer comment la sécurité sanitaire de la main d’oeuvre n’est pas un sujet pris au sérieux par les dirigeants de ces entreprises. On ne citera à titre d’exemple que :

  • –  les salariés chauffeurs de l’entreprise Nutrea-Triskalia intoxiqués par des fongicides répandus sur l’aliment qu’ils transportaient, 2009 et 2010. La faute inexcusable de l’entreprise est reconnue pour certains d’entre eux.

  • –  l’enquête de l’Association pour la protection de la santé au travail dans les métiers portuaires

  • 44 – APPSTMP44 : plus d’un salarié ou ex-salarié sur 2 était atteint d’une maladie grave ou mort. La cause invoqué est leur contact avec des produits imprégnés de pesticides dans des milieux clos tels que les cales.

  1. D) Impacts environnementaux :

Comme pour les impacts socio- économiques, il est impossible d’être exhaustif tellement la littérature scientifique regorge d’article sur les liens entre industrialisation de l’agriculture, destruction des écosystèmes, et pollution des ressources.

Tout d’abord, la recherche de productivité a entraîné une transformation du paysage rurale et en particulier la destruction du maillage bocager (source:http://educatif.eau-et-rivieres.asso.fr/pdf/bocage.pdf) et la destruction des zones humides.
Bien que considérés comme non-productifs par l’agriculture industrielle, ces éléments paysagers apportent des « services écologiques majeurs » : stockage du carbone, préservation de fertilité des sols, filtrage des nitrates, régulation du cycle de l’eau, maintien de la biodiversité, etc….La modernisation de l’agriculture a donc affaibli le paysage rural quant à ses capacités à maintenir les équilibres écologiques.

D’autre part, l’intensification de l’élevage a placé de nombreux bassins versants en « zones d’excédents structurels » d’effluents d’élevage (Z.E.S.). Ce zonage émane de la directive des nitrates qui posent un problème majeur quant à la potabilité de l’eau et à l’eutrophisation des écosystème (l’invasion des algues vertes étant un des symptômes reconnus de ce phénomène).
(source : http://www.bretagne.synagri.com/synagri/mesures-applicables-en-zones-dexcedent-structurel)

Enfin, on peut questionner le choix d’une production agricole en grande partie vouée à l’export quant à son impact sur le climat. L’import et l’export de marchandises agricoles, ce sont des transports et donc des émissions de gaz à effets de serre. « Produire plus pour nourrir le monde » est une phrase du 20ème siècle et nous sommes bel et bien au 21ème siècle. Pour nourrir le monde, il faut répartir les richesses, manger moins de viande, et éviter de détruire les systèmes agricoles locaux.

(Source http://www.fao.org/fileadmin/templates/wsfs/docs/Issues_papers/Issues_papers_FR/ Comment_nourrir_le_monde_en_2050.pdf)

  1. E) Les politiques d’orientations agricoles du conseil régional :

Nous n’allons pas ici détailler l’ensemble des financement prévu par le conseil régional lors des prochaines années. Malgré le souhait du président de la république de développer une agriculture plus autonome et malgré les impératifs de transition écologique toujours plus prégnants, le conseil régional breton fait le choix de miser sur l’élevage industriel. Les situations comparées de deux types d’exploitations agricoles illustrent bien ce choix :
- d’une part, le budget du conseil régional pour financer la construction ou l’agrandissement de poulaillers industriels est assuré, voir conforté https://www.reussir.fr/volailles/le-poulet-francais-est-de-plus-en-plus-present-chez- mcdonalds-france https://www.reussir.fr/volailles/lavenir-de-la-volaille-en-bretagne-passe-par-le-poulet-lourd Le vice président de la région Bretagne, Olivier Allain va même jusqu’à intervenir dans une enquête publique pour soutenir la construction d’un poulailler industriel à Langouellan. L’argent publique est disponible pour produire de la « Junk Food ».
- d’autre part, les mesures agri-environnementales et climatiques qui subventionnaient lors des 20 dernières années des agriculteurs qui faisaient le choix de l’autonomie en nourrissant leurs bêtes à l’herbe et non au maïs-soja, ne sont pas assurées leur des prochaines années. Une manifestation est d’ailleurs prévue le 12 Décembre 2019 à Rennes.

Ce déséquilibre dans le soutien publique aux différents systèmes agricoles montre que l’élocution du président de la république fin Août n’est qu’un effet d’annonce.

IMG_8112

 

Partie II : Le drame de la culture du soja en Amérique du Sud

Au niveau mondial, plus d’un million de kilomètres carrés de terres sont consacrés à la culture du soja, une surface presque deux fois plus vaste que la France .
La catastrophe environnementale et humaine qui se cache derrière la viande et les produits laitiers français , à cause des monocultures industrielles de soja au Brésil ou en Argentine détruisent des milliers d’hectares.
La politique pyromane du président brésilien Jair Bolsonaro, arrivé au pouvoir début 2019, n’arrange en rien les choses. En juillet, la déforestation au Brésil à progressé de 278 % par rapport au même mois de 2018.

Ces incendies dramatiques ont fini par mettre en évidence la responsabilité de l’Europe et de la France qui importent massivement du soja d’Amérique du Sud et du Brésil pour alimenter leur bétail. Ce soja brésilien qui est presque tout le temps transgénique, soulevant d’autres questions sur nos importations massives d’OGM au regard de la loi qui peinent à trouver des réponses justes… L’association Inf’OGM à dans son numéro de Novembre 2019 tentée de décrypter le sujet et la réalité n’est pas rassurante.

L’utilisation de variétés transgéniques tolérantes à un herbicide a été un des éléments clés de cette colonisation tout azimut, car elle simplifiait la culture industrielle de cette plante sur d’immenses surfaces. (épandages aériens d’herbicides).

Entre 2000 et 2010 c’est 24 millions d’hectares, soit 17 millions de terrains de foot !,de forets de savanes et de prairies (Amazonie,Cerrado,Chaco..) qui ont été convertis en pâturages puis par la suite en champs de soja.

Au rythme actuel de cette destruction l’Est de l’Amazonie et son écosystème naturel pourrait disparaître dans les 30 ans a venir.

Ces modifications du paysage et des modalités culturales ont d’énormes impacts sanitaire et sociaux. Le premier est une concurrence accrue sur la terre,donc une augmentation du prix du foncier. Ensuite la monoculture et les pulvérisations ont entraîné une dégradation des sols,les terres produisent moins ,ce qui obligent les « agriculteurs » à utiliser de plus en plus d’engrais,de pesticides.

De plus, comme le relate Mme Seghezzi réalisatrice du film « histoire de la plaine » le taux de cancer a triplé la ou on cultive du soja et le taux de malformations congénitales quadruplé les données épidémiologiques sont rares car les intimidations et violentes attaques sont monnaie courante en Amérique.

Ce qui ce passe dans ces pays dans tous les domaines ; de l’économie, des relations humaines, de la santé, de la protection de l’environnement est en lien avec l’avancée du secteur de l’agroalimentaire.

Au Brésil, cette situation criminelle est orchestré par un groupe de parlementaire qui domine le sénat et la chambre fédérale : la Bancada Ruralista qui défend les intérêts de l’agroalimentaire dans toutes ses dimensions en dominant le ministère de l’agriculture et celui de la santé. Pour ce groupe qui agit au service des intérêts des grandes entreprises transnationales, la question environnemental entrave les affaires. Tous les défenseurs de ces questions tels que les autochtones,les écologistes, les chefs de communautés traditionnelles sont traités en ennemis à réduire au silence,voire à assassiner ! Ils utilisent tous les pouvoirs constitutionnels,exécutifs,législatifs et judiciaires. La police fédérale et l’armée sont d’efficaces collaborateurs ou quittent le terrain pour laisser agir leur milice.

Lorsque Mr Macron déclare que « la France à une part de complicité dues aux importation massives de soja », il ne croit pas si bien dire !

Pour ce qui est de l’avenir, il nous semble encore plus sombre si jamais les accords de libre-échange du Mercosur-UE venait à être ratifiés par l’Union Européenne.

Dans l’idéal,l’harmonisation des législations lors de tels accords devrait s’effectuer en nivelant vers le haut et non comme elle se dessine, en nivelant vers le bas, vers toujours plus de précarité sanitaire,sociale et environnementale.

(ce document est une compilation de plusieurs textes rédigés par JF Roux et par les journalistes d’info-OGM, toutes les sources sont dans le numéro 157 du journal info’ogm)

IMG_8111.jpg

 

Partie III : revendications des faucheurs volontaires : communiqué de presse du 06 décembre 2019

POURQUOI LES FAUCHEURS VOLONTAIRES BLOQUENT LE PORT DE COMMERCE DE BREST 
ET L’ACTIVITÉ DE LA SOCIÉTÉ BUNGE

AU PORT DE COMMERCE BREST, gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie bretonne qui appartient au conseil régional, les principales marchandises importées sont les hydrocarbures et aliments pour bétail. La principale marchandise exportée : le poulet congelé !I

LA SOCIÉTÉ BUNGE, leader européen dans le négoce international de l’agro-alimentaire, et pour partie l’import et l’export d’oléagineux, est installée depuis 2016 sur le port de Brest. Elle y stocke et distribue donc une part des 4,5 millions de tonnes de soja OGM- PESTICIDES arrivant chaque année d’Amérique du Nord et du Sud en France.

NOUS DÉNONÇONS :

– Les importations de soja et donc les monocultures OGM-pesticides en Amérique. Sur ce contient, elles génèrent l’accaparement des terres par les firmes de l’agro- business, l’élimination des paysans, la destruction des ressources (eau, sol, biodiversité) et en définitive une crise sanitaire et sociale pour les populations persistant à vivre dans ces zones de monocultures

la filière d’élevage industriel mortifère en France et en particulier en Bretagne (dont le poulet congelé destiné à l’export) que ce soja approvisionne. Dans notre région, cette agro-industrie est synonyme de pollutions des ressources, destruction de l’agriculture paysanne, et d’emplois peu rémunérés effectuées dans des conditions néfastes (travail de nuit, non-respect de la santé des travailleurs)

– l’acharnement des différents acteurs économiques et du syndicat majoritaire, la FNSEA, à persister dans cette impasse socio-économique qu’est le marché de
l’ « alimentation des masses », avec ses filières export énergivores et destructrices des économies locales bien plus « sociales et solidaires »
– l’asservissement des politiques qui font le choix de continuer à subventionner l’agro-industrie avec de l’argent public.

NOUS DEMANDONS DONC AUJOURD’HUI

– A rencontrer Olivier ALLAIN, vice-président du conseil régional à l’agriculture
et Hervé VASSEUR, président de Nutrinoë, fédération des producteurs d’aliments pour bétail du grand ouest (et donc clients de l’entreprise Bunge).

S’ils ne prennent pas de dispositions en cohérence avec l’urgence de la situation que nous dénonçons, ils doivent en assumer la responsabilité d’élus et de décideurs économiques devant la société civile.

ET « DEMAIN » :

– l’arrêt des importations d’OGM en France et en particulier ceux qui y sont interdits à la culture en France car ce que nous jugeons dangereux pour notre société nationale l’est également pour l’ensemble de l’humanité.
– une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional : ces choix concernent tous les habitants de la région, qu’ils soient agriculteurs ou non, car ils déterminent la qualité de vie de tous.

– une cohérence du budget régional en accord avec une réelle transition (agro-)écologique. Nous demandons donc que soit rendu publique de manière régulière le budget actualisé aux différentes filières agricoles.
– une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels. L’argent ainsi économisé doit être à disposition d’une agriculture respectueuse des travailleur-euses,et de tout les êtres vivants sur cette belle planète

IMG_8113.jpg

 

NOUS CONTINUERONS

nos actions déterminées qui sont un des ultimes remparts à la voracité mortifère des multinationales de l’agro-alimentaire et de leurs valets politiciens locaux et Européens. La désobéissance civique permettra, nous l’espérons, de fendre le silence complice des personnes qui ont trop à perdre pour défendre le bien commun.

Le monde a ce qu’il faut pour les besoins de tous mais pas assez pour l’avidité de quelques-uns !

—————————————————————————————————————faucheurs_police-4549869-1.jpg

(source France3 / 6-12-2019)

 

Brest : opération anti-OGM des faucheurs volontaires au port. Des installations endommagées

faucheurs_a_brest-4549967.jpg

L’importation de soja OGM visé

Depuis 6h45, 70 manifestants bloquaient une des entrées de la société Bunge, un des poids lourd européen du négoce international de l’agro-alimentaire. Une société importatrice d’oléagineux. Vers 9 h, les camions bloqués commençaient à emprunter la seconde entrée.

Les Faucheurs volontaires dénoncent l’importation de soja OGM (Organisme Génétiquement Modifié). Ils réclament « l’arrêt des importations d’OGM en France », « une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional » et « une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels ».

Des installations portuaires endommagées

Un groupe de manifestants s’est introduit de façon frauduleuse dans une zone à accès restreint et a coupé des tapis d’approvisionnement des silos, selon les manifestants et la police. « Le bilan sur site est lourd : l’outil de production est sérieusement endommagé, les réparations et pertes d’exploitation se chiffrent en centaines de milliers d’euros » a précisé dans un communiqué la préfecture du Finistère. « L’activité économique sur le port de commerce est fragilisée jusqu’à la réparation de ces installations » a-t-elle ajouté.

Des procédures judiciaires ont été ouvertes pour identifier les auteurs de ces dégradations.

COMMUNIQUE DE PRESSE CAMPAGNE GLYPHOSATE 46 : RESULTATS & BILAN CAMPAGNE GLYPHOSATE

Campagne Nationale de depistage du Glyphosate dans les urines

Prelevement d’urine lors du depistage du  Glyphosate dans les urines, sous controle d’huissier par les « Pisseuses/pisseurs involontaires de Glyphosates » du 46

 

13 Novembre 2019

COMMUNIQUE DE PRESSE CAMPAGNE GLYPHOSATE 46 :

La Campagne Glyphosate nationale est un très grand succès, de nombreuses étapes ont été réussies, qui contribuent grandement à nous rapprocher de la perspective d’un procès :

– près de 6000 analyses à ce jour

– plus de 5100 plaintes posées ou en cours d’être déposées

– 72 comités locaux répartis dans 68 départements

– une très importante couverture médiatique

– la création d’un groupe pluridisciplinaire pour travailler aux analyses des résultats.

– un effet boule de neige (arrêtés municipaux, analyses de cheveux…)

Tout cela amène à une prise de conscience très large de l’imprégnation permanente et généralisée que nous subissons.

—————————————————————————————————————————————-

image

Le 4ème et dernier prélèvement lotois de GOURDON a eu lieu le 3 octobre avec 44 personnes. 40 vont porter plainte dont deux mineurs.

Tous les tubes prélevés à Gourdon contenaient des traces de glyphosate, comme les presque 6000 prélevés à ce jour dans toute la France.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

RESULTATS & BILAN CAMPAGNE GLYPHOSATE LOT

Les prélèvements sont finis pour le Lot.

Sur 182 prélèvements dans le Lot, 166 portent plainte,

dont 11 enfants.

 

RESULTATS DES QUATRE SEANCES DE PRELEVEMENT

28/03/2019             CAHORS : 0,84  

sur 51 prélèvements dont 4 enfants avec 46 plaintes.

 

17/06/2019               FIGEAC : 1,18

sur 48 prélèvements dont 3 enfants avec 44 plaintes.

 

25/06/2019 MONTVALENT : 1,26

sur 39 prélèvements dont 1 enfants avec 36 plaintes.

 

03/10/2019         GOURDON : 2,14

sur 44 prélèvements dont 3 enfants avec 40 plaintes.

la moyenne Lotoise est de 1,36 ng/ml.

la moyenne nationale est pour l’instant à 1,28 ng/ml.

Tous les tubes du Lot avec plainte contiennent entre 3 fois et 38 fois le taux de référence de glyphosate dans l’eau potable qui   est de 0,1 ng/ml (nanogramme par millilitre) .

Ce qui est une norme arbitraire. Nous pensons qu’un taux de zéro est le seul acceptable, dans l’eau potable comme dans l’organisme humain.

Pour rappel il s’agit de montrer que nous sommes tous « empoisonnés »par le glyphosate et c’est le cas : alimentation, eau, air etc..

 

Les interprétations des taux sont multiples. Les taux élevés ne doivent pas vous inquiéter car ils dépendent du métabolisme de chacun, des périodes d’épandage et de nombreux autres paramètres très difficiles à interpréter à l’heure actuelle.

L’étude épidémiologique donnera certainement quelques pistes.

Nous abordons la deuxième partie :

LE DEPÔT DES PLAINTES AU TRIBUNAL DE CAHORS

Nous attendons les réponses de tous les 166 plaignants lotois afin d’organiser un RDV au TGI de Cahors pour le dépôt des plaintes.

 

Restons unis et mobilisés, car notre combat est loin d’être gagné et nous demandera encore beaucoup d’énergie et de ténacité.

 

 

 

 

Un rapport parlementaire décrit le casse-tête de la suppression progressive du glyphosate

32500_fb

Le Monde Par Laurence Girard

Publié le 10 novembre 2019 à 17h10, mis à jour à 10h13

Lecture 3 min.

Le gouvernement d’Edouard Philippe a fixé pour objectif l’abandon des principaux usages de l’herbicide controversé au 1er janvier 2021, et de tous ses usages au 1er janvier 2023.

La France veut interdire totalement le glyphosate d’ici au 1er janvier 2023.

L’agriculture française est-elle prête à s’affranchir du glyphosate ? Toutes les conditions ne sont pas encore réunies, répond en substance la mission parlementaire qui s’est penchée sur cette question, dans un rapport devant être publié mercredi 13 novembre. Des députés rappellent en préambule le cap fixé par le gouvernement, à savoir l’interdiction des principaux usages du glyphosate dès le 1er janvier 2021 et de l’ensemble de ses usages au 1er janvier 2023. Sachant que l’Allemagne a, de son côté, annoncé en septembre sa décision de bannir cet herbicide controversé fin 2023.

Lire aussi: La France n’est pas le « premier gouvernement qui va supprimer le glyphosate », comme l’affirme Didier Guillaume

Dans leur mission de suivi de cette stratégie volontariste, les membres du Parlement se sont heurtés à un premier mur. Alors qu’ils souhaitaient estimer la consommation de l’herbicide par les agriculteurs en général, mais aussi ses volumes d’utilisation par grandes filières agricoles et par département, ils n’ont pu obtenir que « des données éparses et partielles » de l’Etat.

 

Ils ont été contraints de reprendre le relevé de la base nationale des ventes des distributeurs de produits phytosanitaires (BNV-D), daté de 2017. Soit une évaluation de 8 831 tonnes de glyphosate, ce qui représente près d’un tiers des ventes d’herbicides en France (un chiffre quasi stable depuis 2011).

Lire aussi: A Belle-Ile-en-Mer, la stupeur des « pisseurs » de glyphosate

Rien n’est donc encore disponible pour 2018. « Sans suivi chiffré de la consommation du glyphosate, la mission ne peut constater objectivement les effets de la stratégie mise en œuvre par le gouvernement », regrettent les députés. Ils s’étonnent également que « le volume total des usages déclarés par chaque filière de production (…) [n’atteigne] qu’à peine 50 % des volumes de glyphosate achetés nationalement et disponibles dans la BNV-D ».

 

« Impasses à titre provisoire »

 

Les membres de la mission parlementaire préconisent la création d’« une plate-forme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques », base de données partagée qui favoriserait le pilotage de la sortie des produits phytosanitaires en général et du glyphosate en particulier.

Les rapporteurs ont ensuite examiné les conditions de la transition pour les agriculteurs et de la mobilisation collective. Ils ne manquent pas de « saluer la mise en place de la « task force » [groupe de travail] du comité opérationnel des plans d’action », comprenant les instituts de recherche tels que l’INRA et l’ACTA (instituts techniques agricoles), l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) et les directions ministérielles concernées, l’ensemble étant présidé par le préfet Pierre-Etienne Bisch.

Lire aussi: Les enfants plus exposés que les adultes au glyphosate, d’après les analyses d’urine

Toutefois, les députés évoquent un certain nombre d’obstacles – en premier lieu d’ordre agronomique – qui persistent sur le chemin de la transition. La référence reste le rapport publié par l’INRA en novembre 2017 sur les usages et les solutions alternatives au glyphosate dans l’agriculture française. Il relevait deux situations culturales qualifiées d’« impasses à titre provisoire ».

L’une concerne l’agriculture de conservation des sols, où l’on privilégie le sans-labour, mais qui ne toucherait, dans sa forme la plus aboutie, que 2 % des agriculteurs et 4 % de la surface des grandes cultures. L’autre situation complexe est liée aux agricultures sur des reliefs accidentés sans bénéficier d’une forte valeur ajoutée. Les exemples de la culture de semences, de luzerne, de lin ou des fruits à coque sont également mis en exergue.

 

« Coût substantiel » de la transition

 

Les rapporteurs mentionnent cependant le cas de la SNCF, qui emploie à elle seule 0,4 % du glyphosate vendu dans l’Hexagone pour l’entretien de ses voies. Même si l’abandon de l’herbicide a longtemps été considéré comme problématique par l’entreprise publique, son nouveau patron, Jean-Pierre Farandou, a annoncé qu’elle s’en passerait en 2021. Reste à connaître le prix de cette transition.

C’est l’un des points-clés, selon les députés. « Elle aura un coût substantiel », affirment-ils dans leur rapport, que ce soit en investissement pour développer le désherbage mécanique ou électrique palliant l’herbicide, en baisse de rendement ou en temps de travail supplémentaire sur l’exploitation.

 

CERTAINS PARLEMENTAIRES CONTESTENT LES ÉVALUATIONS FAITES PAR LES INTERPROFESSIONS

 

L’INRA a publié, en juillet 2019, une étude sur la viticulture qui évoque un surcoût variant de 210 à 408 euros l’hectare entre désherbage mécanique et désherbage chimique. Les députés se disent favorables à un soutien financier aux agriculteurs, mais souhaiteraient que des études similaires soient menées sur les autres filières agricoles. Certains d’entre eux contestent les évaluations faites par les interprofessions.

Dans ce contexte, les rapporteurs demandent au gouvernement « qu’il clarifie son message à l’égard des agriculteurs. Quels seront les usages qui bénéficieront d’une dérogation au 1er janvier 2021 et quelles seront les mesures réglementaires ou législatives à prendre ? » Une question capitale pour accélérer le tempo.


Citoyennes et citoyens restons unis et mobilisés, car notre combat est loin d’être gagné et nous demandera encore beaucoup d’énergie et de ténacité.

 

La FNSEA aurait-elle trouvé l’antidote universel au glyphosate? Réponse des pisseurs à la FNSEA bretonne

ob_119607_capture-test-glyphosate

Communiqué de presse campagne glyphosate nationale

 

Dans le Morbihan les agriculteurs sont immunisés contre le glypho, vite un brevet !

 

Avis de recherche :

Entre Bretagne et Limousin le glyphosate a disparu

Le 7 novembre 2019

Deux journalistes du Mensuel Le Morbihan affirment avoir fait rechercher le glyphosate dans leurs urines, en suivant un protocole identique à celui de la Campagne Glyphosate (excepté la présence d’un huissier).
Sur la foi de ces 2 journalistes le mensuel du Morbihan fait la une sur «la farce des tests au glyphosate ».

Basée sur de nombreuses publications scientifiques référencées ci-dessous voici la réponse du groupe recherche de la Campagne Glyphosate France :

Le CHU de Limoges a effectué une cinquantaine d’analyses d’urines provenant d’agriculteurs de la FNSEA 1,2,3,4 suivant un protocole inconnu.

Tous les tests se sont révélés négatifs par une méthode de chromatographie liquide couplée à 2 spectrométries de masse en tandem (CL-MS/MS) avec un seuil de détection qui « depuis quelques semaines » serait 8 fois plus performant selon Laure Le Fur qui précise: « Bonne nouvelle… le seuil de détection est passé de 0,4ng/ml à 0,05ng/ml », mais aussi « Le CHU de Limoges a refusé de répondre à nos questions »

Par ailleurs le laboratoire Biocheck utilisant la méthode Elisa a obtenu des tests positifs sur 5761 prélèvements (seulement 8 négatifs) selon un protocole bien établi sous contrôle d’huissier, avec une limite de détection de 0,075 μg/l. Deux valeurs maximales de 7,01 et 4,0 μg/l ont été observées.

Depuis la fin des années 1970 la banque allemande de spécimens environnementaux (ESB) conserve des échantillons humains et environnementaux à très basse température (cryo-conservation) pour des analyses rétrospectives de risques potentiels dus aux polluants.

La contamination au glyphosate étant devenu un problème majeur de société,

l’ESB a réalisé une étude sur les échantillons d’urine de 399 jeunes adultes (20-29 ans) entre les années 2001-2015 5 .
La méthode utilisée est une chromatographie gazeuse couplée à 2 spectrométries de masse en tandem (GC-MS/MS) avec une limite de quantification de 0,1μg/l.

La contamination au glyphosate est révélée dans 31,8% descas avec un pic de 57,5% en 2012. La baisse de la contamination observée de 2013 à 2015 est due, selon les auteurs, à la restriction en Allemagne de l’utilisation du glyphosate comme dessicant en pré-récolte.
La valeur maximale observée est de 2,8μg/l.

En 2013, avec la même méthode GC-MS/MS et une limite de quantification de 0,15μg/l, sur 182 personnes provenant de 18 pays européens, Hoppe 6 décèle 43,9% de positifs. La valeur maximale observée est de 1,82μg/l.

Sur la période 2014-2015, toujours avec la même méthode GC-MS/MS et une limite de quantification de 0,1μg/l, sur 250 enfants de 2 à 6 ans, l’office national de la nature, de l’environnement, de la protection des consommateurs de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie 7 , a décelé 63% de positifs. La valeur maximale observée est de 3,7μg/l.

En 2017, avec la méthode HPLC-MS/MS, et une limite de détection de 0,03 μg/l, Mills 8 , étudie l’évolution du taux de glyphosate entre 1993 et 2016 à partir d’une cohorte de 6629 personnes vivant en Californie. Sur les périodes 1993-1996, 1999-2000, 2001- 2002, 2004-2005, 2014-2016, les taux de positifs sont respectivement 12%, 30%, 43%, 38%, 70%.

En 2018, avec la méthode LC-MS/MS (méthode identique à celle du CHU de Limoges), et une limite de détection de 0,1μg/l, sur 71 femmes enceintes de l’Indiana, Parvez 9 observe 93% de positifs, bien que la limite de détection soit 2 fois supérieure à celle (toute récente) du CHU de Limoges.

De nombreuses autres études se sont intéressées au glyphosate dans les urines humaines pour des populations plus ou moins spécifiques, Conolly (2018,2017), Rendon-von Osten (2017), Knudsen (2017), McGuire (2016), Jayasumana (2015), Krüger (2015, 2014), Markard (2014), Honeycutt (2014), Mesnage (2012), Varona (2009), Curwin (2007), Acquavella (2004)……

Aucune de ces études n’a trouvé un pourcentage de positifs nul.

Alors?

Le syndrome de Tchernobyl se serait-il abattu sur le CHU de Limoges?

La FNSEA aurait-elle trouvé l’antidote universel au glyphosate?

Au vu de ces résultats contradictoires entre le CHU de Limoges et le laboratoire Biocheck, en vertu du principe de précaution, il revient à l’État de prendre ses responsabilités et non aux citoyens de mener des études onéreuses.

1.https://www.agri85.fr/V4/glyphosate-des-taux-indetectables-dans-lorganisme-des-agriculteurs-actualite-numero-3241634.php

2.https://www.reussir.fr/pisseurs-volontaires-le-glyphosate-non-detectable-chez-trois-agriculteurs-du-calvados

3.https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/loire-atlantique-pas-de-glyphosate-dans-l-urine-des-agriculteurs-6568172

4.https://actu.fr/bretagne/plescop_56158/pesticides-fdsea-morbihan-appelle-faire-confiance-agriculteurs_26954946.html

5. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1438463916302024

6. https://www.foeeurope.org/sites/default/files/glyphosate_studyresults_june12.pdf

7. https://www.lanuv.nrw.de/fileadmin/lanuv/gesundheit/pdf/2016/Projektbericht_KiTa-Studie_Modul-2_Endversion_17032016.pdf

8.https://scholar.google.com/scholar_url?url=https://jamanetwork.com/journals/jama/articlepdf/2658306/jama_Mills_2017_ld_170034.pdf&hl=fr&sa=T&oi=ucasa&ct=ufr&ei=SQyrXfrvCsHRsQLT4ZSIBQ&scisig=AAGBfm1lqK4X5bUkB6-mVW8zF8SostukJQ

9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5844093/

 

 

 

HISTORIQUE !! 8/11/2019 : Pour la première fois, la Justice Française, accorde une décision prenant acte de la dangerosité de l’ensemble des pesticides chimiques de synthèse.

Ce jour marque un cap immense dans la lutte pour une agriculture propre
œuvrant pour une alimentation saine en harmonie avec la Nature.

Un pas de plus pour les militants, associations, citoyens et élus qui chaque jours un peu plus nombreux se lèvent face à la puissance de l’agro-industrie, des entreprises issues de la pétrochimie et de cette
science sans conscience qui a déjà définitivement transformée notre planète.

OUI !!

Une décision judiciaire HISTORIQUE vient d’être rendue

ZWNK6V6GH56Z3B3VFVIXRTRZ4U

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté en référé vendredi 8 novembre une demande de la préfecture des Hauts-de-Seine qui réclamait la suspension de deux arrêtés anti-pesticides à Gennevilliers et Sceaux.

Ainsi pour la première fois, la Justice Française, accorde une décision prenant acte de la dangerosité de l’ensemble des pesticides chimiques de synthèse.

Dans le même temps un nouveau rapport de l’INSERM met en avant les dangers avérés des pesticides sur le corps humain.

Nous interrogeons ainsi une nouvelle fois les plus hautes autorités du département, comme nous l’avons fait le 25 octobre dernier à la suite du dépôt des plaintes des participants aux sessions drômoise de la « Campagne J’ai Des Pesticides Dans Mes Urines et Toi ? » en déposant un courrier au Conseil Départemental de la Drôme en mains propres.

QUAND ALLEZ VOUS PRENDRE ACTE DU DANGER QUE VOUS OSEZ LAISSER COURIR A
VOS CONCITOYENS EN NE PRENANT PAS UN ARRÊTÉ PRÉFECTORAL D’INTERDICTION DE VENTE ET D’ÉPANDAGE DE L’ENSEMBLE DES PESTICIDES ?

Il en va non seulement de la bonne conduite des mandats et autorités des personnes concernées par cette interpellation, mais également d’une question de santé publique majeure et aussi d’une question de gestion des dangers liés à la faune la flore et plus largement une question environnementale globale.

A ce jour, bien que la Campagne Glyphosate en Drôme soit en pause, bien que les  municipalités drômoises aient signées pour se défausser une charte de bonne conduite de la « politique pesticides » que l’ensemble des associations et collectifs militants ont refusés de signer, et, bien que chaque mois des centaines de personnes se rassemblent  autour de l’Appel des Coquelicots,

NOUS FAISONS FACE A UN REFUS D’AGIR DE MADAME MOUTON (Présidente du
département) ET DE MONSIEUR MOUTOUH (Préfet de la Drôme) QUE NOUS
QUALIFIONS DE DANGEREUX !!

Mais nous gardons cependant bonne espoir et nous félicitons de la réussite de notre campagne avec près de 6000 participant et plus de 3000 plaintes déjà déposées partout en France malgré une forte mobilisation des lobbys de l’agrochimie !!

Chaque jour qui passe nous rapproche d’une grande victoire populaire de l’ensemble des militants élus, partis, citoyens, associations qui auront œuvré, de prêt ou de loin à la fin de l’empoisonnement de notre terre et de nos enfants.

Parce que c’est aujourd’hui qu’on construit demain, tous ensemble.

ON EST PLUS CHAUD, PLUS CHAUD, PLUS CHAUD QUE LE GLYPHO !!

Solidairement

Olivier Crenn / Pour la coordination de la Campagne Glyphosate en Drôme