Methanisation du Ségala = HOLD-UP de la préfecture sur l’eau potable du Lot !!

La préfecture du Lot est complice de cet écocide avec de surcroit un total déni de démocratie comme ici à Labathude (empoisonnement des sols et de l’eau potable).

Rappelons-nous que le Préfet est aussi responsable de la santé publique des citoyens !!

Nous étions une centaine réunis ce samedi 25 juillet à Labathude.IMG_3699 (1)

Alors que les recours juridiques ne sont pas clos ; « ILS »commencent les travaux sur la source du Drauzou.
Et avec leur plan d’épandage « ILS » vont polluer les réserves d’eau souterraines et de surface.

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Et nos élu.e.s ne bougent pas.Alors que les recours juridiques ne sont pas clos ; « ILS »commencent les travaux sur la source du Drauzou.
Et avec leur plan d’épandage « ILS » vont polluer les réserves d’eau souterraines et de surface.
Et nos élu.e.s ne bougent pas.IMG_3705 (1)IMG_3702 (1)

Un projet de méthanisation gigantesque multi sites (LABATHUDE, ESPEYROUX, GORSES ET VIAZAC) impactera plus de 4 000 hectares.
Des digestats bruts, pauvres en carbone et très riches en azote ammoniacal, soluble et fortement volatile, seront déversés en abondance sur les sols.
Cette réalisation, pour le plus grand bénéfice de lobbys économiques puissants, d’un petit nombre d’agriculteurs manipulés et d’une autorité administrative complaisante,
détruira un grand nombre d’écosystèmes.
Qui dit « méthanisation industrielle » parle d’élevages surdimensionnés et déjections en masse. Les digestats qui en seront issus, répandus sur les sols peu épais et pentus du Ségala posent de sérieux problèmes : métaux lourds, produits chimiques, bactéries évoluant dans un milieu idéal pour muter en agent pathogène.
De plus le Ségala Limargue, fait géologique incontournable, c’est le « château d’eau » potable de tout le département !!
Notre biodiversité est menacée et notre vulnérabilité accrue.
Nous rappellerons simplement pour mémoire la dégradation du cadre de vie des riverains et la chute vertigineuse de la valeur des biens immobiliers.
Voilà l’impact d’une usine de METHANISATION MULTI SITES (LABATHUDE, ESPEYROUX, GORSES et VIAZAC)

Chers habitants du LOT,
INDIGNEZ-VOUS, MOBILISEZ-VOUS, REJOIGNEZ-NOUS
Nous serons tous impactés, vos impôts financeront directement ces projets au bénéfice exclusif de 36 agriculteurs,
vos impôts financeront l’entretien des routes dégradées par la noria de camions qui circuleront pour alimenter ces quatre méthaniseurs.
Plus de 8 000 logements du GRAND FIGEAC attendront pour être isolés, il n’y aura plus la moindre subvention pour le faire.
Nous serons tous impactés, la pollution induite par ces méthaniseurs ne stagnera pas sur le SEGALA LIMARGNE.
Les molécules d’oxydes d’azote, les particules fines se propageront sur notre belle France, ajoutant de la pollution dans les villes, les campagnes et même vers les océans.
UN METHANISEUR IMPLANTE SUR LA SOURCE DU DRAUZOUIMG_3709 (1)IMG_3708 (1)
IMG_3726 (1)La zone sur laquelle va être implantée le méthaniseur de Labathude est une zone humide qui a été partiellement drainée afin de capter une partie des eaux d’infiltration
dans des regards busés permettant d’alimenter en eau potable les deux fermes voisines.
Le reste des eaux d’infiltration dans cette zone constitue la tête de bassin, naissance du Drauzou.
Les eaux des drains en cours d’installation vont se déverser dans la zone humide mitoyenne en partie basse de la zone d’implantation du méthaniseur.
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Malgré les recours juridiques, les travaux de terrassements vont débuter.

MOBILISONS NOUS POUR STOPPER CES TRAVAUX !

Collectifs signataires: l’Association Départementale de Protection et de Défense de l’environnement et du
cadre de vie dans le Lot (ADPD-Env46), la Confédération Paysanne du Lot, le Collectif

Citoyen Lotois.





(source La Dépêche 28 juillet 2020)

Le méthanisateur fait du bruit à Labathude

  • L’intervention de Pierre Dufour sur le chantier du méthaniseur de Labathude.
    L’intervention de Pierre Dufour sur le chantier du méthaniseur de Labathude. Photo DDM Marc Brun

 Dix jours après le début des travaux du méthaniseur de Labathude, une centaine d’opposants s’est mobilisée samedi sur le site pour lancer « une alerte écocide ». Les agriculteurs qui portent ce projet et les trois autres à venir sur le Ségala répondent.

Revue de presse : 95 plaintes déposées au Tribunal de Cahors ce lundi 13 juillet 2020 et droit de réponse à Mr Canal/Président de la chambre d’agriculture du Lot

 

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Ce dépôt de plainte est un succès avec la participation devant et dans le jardin du tribunal d’une cinquantaine de soutiens et de plaignants : les « Pisseurs Involontaires de Glyphosate« .

Merci au Président du tribunal, que nous avions contacté, qui nous a autorisé à picniquer dans le jardin ombragé du tribunal.

A 13h30 le Référent de la Campagne Glyphosate lotoise accompagné d’une plaignante est entré dans le tribunal pour déposer 95 plaintes lotoises.

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A 16h  Sortie du tribunal avec le double des 95 plaintes tamponnées.

Lien reportage RuraleTV

Rassemblement le 13 juillet 2020devant le Tribunal Judiciaire de Cahors pour le 1er dépôt de plaintes https://www.youtube.com/watch?v=gVHxdkpyU6c&feature=youtu.be





La Dépêche 13 juillet 2020

“Campagne Glyphosate” dépose plainte

Les anti-glyphosate du Lot ont déposé plainte ce lundi midi au tribunal de Cahors pour “mise en danger de la vie d’autrui” et “atteinte à l’environnement”, après leurs analyses d’urine. Ils espèrent l’ouverture d’un procès.

Trop c’est trop. Pour les “pisseurs volontaires” du Lot, la coupe est pleine. Rassemblés ce lundi midi devant le Palais de justice de Cahors, les membres et militants du mouvement des “Faucheurs volontaires”, de “Campagne glyphosate 46” et de “Nous voulons des coquelicots”, ont une nouvelle fois dit leur ras-le-bol des produits phytosanitaires dont le controversé Glyphosate.

“On veut montrer qu’on est tous empoisonnés, même pendant le confinement, les distances d’épandage ont été réduites avec les habitations”, signale Philippe Coulloud, le référent de l’association “Campagne glyphosate 46”. Il a dans les mains un volumineux dossier contenant 95 plaintes, individuelles et collectives, d’habitants du Lot, qu’il s’apprête à déposer au tribunal. Des plaintes pour “mise en danger de la vie d’autrui”, “tromperie aggravée” et “atteinte à l’environnement”, qui sont adressées aux responsables des fabricants de pesticides, aux présidents et membres de la Commission européenne et à ceux de l’Anses (Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Depuis octobre 2019, près d’une centaine de ces “pisseurs volontaires” ont fait analyser leurs urines dans plusieurs villes du département, Cahors, Figeac, Montvalent et Gourdon. “Le seuil maximal de glyphosate par millilitre est fixé à 0,1 nanogramme, nous sommes tous bien au-dessus de ce taux”, se désole Philippe Coulloud.

De 0,26 à 3,14 ng/ml

Thomas, un habitant de Gigouzac affiche sur son tee-shirt l’un des taux les plus élevés de cette campagne d’analyse : 3,14 ng/ml, soit plus de trente fois le seuil autorisé. Il vit dans une petite ferme bordée de prairies et de foins non traités, “le critère d’achat principal”. Thomas mange bio et boit beaucoup d’eau : “Je suis un traitement qui fait que je consomme énormément d’eau, 3 litres par jour, je pense que c’est ce qui explique mon taux élevé, la pollution de l’eau potable”.

Aujourd’hui, le Lotois est plus en colère qu’inquiet. “Je veux que les fabricants de glyphosate fassent le nécessaire pour que je n’ai plus de pesticides dans mon organisme”. À l’inverse, Yvonne fait partie de ceux qui ont l’un des taux le plus bas : 0,26 ng/ml. Elle coche toutes les cases : elle ne boit pas, ne fume pas et mange bio. Mais selon elle, ses résultats d’analyse sont biaisés car elle a bu beaucoup d’eau avant le test. “Sinon j’aurais sûrement un taux plus élevé. Une de mes amies est autosuffisante depuis 40 ans, et affiche quand même 0,53 ng/ml dans le sang”, s’étonne-t-elle.

La moyenne la plus élevée vient de Gourdon avec un taux médian de 2,14 ng/ml. Derrière, Figeac affiche 1,18 ng/ml et Cahors 0,84 ng/ml. C’est bas, “mais toujours trop” pour les militants.

De la mise en scène”

Pour Christophe Canal, le président de la Chambre d’agriculture 46, cette action n’est qu’une “mise en scène” : “Ces analyses n’ont aucune fiabilité, l’adjuvant retrouvé peut-être aussi celui d’un shampooing, Des agriculteurs ont fait des tests partout en France par des laboratoires habilités et on ne retrouve rien, c‘est du spectacle, on incrimine encore l’agriculture. C’est malhonnête de vouloir faire peur aux gens avec des analyses biaisées”.

Manon Adoue La Dépêche

 





La presse lotoise a relayée l’information et la réaction du Président de la chambre d’agriculture du Lot (Christophe Canal) qui est diffamatoire.

Christophe Canal est par ailleurs vice-president de la FDSA et producteur de grandes cultures (céréales et oléagineux) .

Il parle de « mise en scène » , « d’analyses non fiables » , « de shampoing » dans les urines ??  et plus grave d’une campagne « malhonnête ».

l’objectif de Mr canal est de dénigrer notre campagne avec des affirmations délirantes et non pas de soulever de véritables questionnements pour améliorer notre démarche. Le labo utilisé par la campagne est reconnu mondialement, quant aux analyses des agriculteurs faites avec une autre méthode(pas comparable)par plusieurs labos dont le CHU, aucune transparence ni protocole strict vérifiable …

Il parle surtout pour défendre son « gentil » glyphosate et ses co-formulants qui ne sont pas du « shampoing » mais des métaux lourds (arsenic entre autre) et résidus pétroliers toxiques.

Ce mépris à l’égard de plaignants citoyens responsables est inadmissible et irresponsable pour un président de chambre d’agriculture.

La justice respecte notre action et reconnait nos plaintes qui représentent un énorme travail.

Cette action a été menée depuis 2 ans par des  citoyens bénévoles assistée d’une équipe scientifique et juridique sur tout le territoire national.

Depuis plus d’une décennie de nombreuses études scientifiques indépendantes au niveau mondial démontrent la dangerosité des pesticides pour la santé et la bio-diversité. On parle d’écocide (cide=qui tue).

Défendre notre santé et celles des générations futures n’est pas un spectacle.

En France de nombreux agriculteurs et agricultrices sont morts ou sont gravement malades suite à l’utilisation du glyphosate et d’autres pesticides (lymphome non-hodckinien, Parkinson etc..).

Trop peu malheureusement sont reconnus par la MSA comme maladies professionnelles.

 Sans oublier son coté perturbateur endocrinien = pubertés précoces chez les filles (avant 7 ans) et pour les garçons malformations génitales masculines : micropénis, malformations de l’urètre, testicules non descendus dans les bourses…, plus de risques du cancer des seins et des testicules, pb de fertilité. Le Pr Sultan du CHU de Montpellier étudie ces problèmes depuis plus de 20 ans surtout chez les enfants d’agriculteurs.

En Amérique latine ce sont des milliers de morts et d’enfants malformés suite à l’utilisation massive du glyphosate pour la culture des OGM, qui vont nourrir ensuite les élevages de l’agro-industrie française.

Ces affirmations mensongères correspondent au discours pro-lobbyiste des dirigeants de la FNSEA qui bradent notre santé(notre vie) pour une agriculture chimique « conventionnelle » reconnue aujourd’hui et mondialement en bout de course aprés 50 ans d’utilisation.

Le discours de la FNSEA est non seulement inacceptable mais dangereux pour ses propres adhérents(e)s.

La FNSEA qui ne voit dans le mouvement citoyen actuel que «du populisme écologique» doit impérativement comprendre que les citoyens ont de plus en plus de conscience qu’ils paient trois fois le prix de leur alimentation :
– une première fois sur les marchés ou au supermarché,
– une seconde fois par leurs impôts pour financer la PAC et la dépollution,
– et désormais une troisième fois pour se soigner, étant donné l’explosion des maladies environnementales, notamment cancers et maladies neuro-dégénératives…

Notre président Macron le reconnaissait en début de mandat et devait aider les agriculteurs à la transition sans pesticides..! 

Belle exercice de manipulations et de mensonges de notre pouvoir à la solde de la mondialisation et de ses multinationales de l’agrochimie, des semences et engrais.

POUR RAPPEL et INFORMATION

au Président de la chambre d’Agriculture du Lot

Selon la Charte de l’environnement de 2004,

la LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’environnement (JORF n°0051 du 2 mars 2005 page 3697) stipule que :

Article 1er. Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Article 2. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Article 3. Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

Article 4. Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.

 

Qui sont les hors la loi ?

Certainement pas les « pisseurs » !!

Pisseurs Involontaires de Glyphosate lotois : 1er dépôt de PLAINTE CAHORS: 13 juillet 2020

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6 juillet 2020

COMMUNIQUE DE PRESSE ASSOCIATION CAMPAGNE GLYPHOSATE 46 

 

Le collectif Glyphosate46 appelle à venir Lundi 13 juillet à partir de midi devant le Tribunal Judiciaire de Cahors pour le 1er dépôt de plaintes des « Pisseurs involontaires de Glyphosate Lotois » qui commencera à 13h (heure d’ouverture du greffe). Ce dépôt sera effectué par notre référent lotois pour une petite centaine de plaignants.

Pendant le confinement, sous le prétexte que le Covid 19 empêcherait les consultations du public, le gouvernement a reculé de nouveau en accordant des réductions supplémentaires pour épandre les pesticides à des distances encore plus faibles des habitations que celles – pourtant insuffisamment protectrices – imposées en décembre. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’une exposition chronique à la pollution de l’air est considérée par ATMO-France comme un facteur aggravant les conséquences d’une infection par le Covid 19. Il serait justifié, dans de telles circonstances sanitaires, d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées. Les préfets doivent protéger les riverains, pas aggraver la situation !

La Campagne Glyphosate nationale propose aux citoyens la recherche de glyphosate dans les urines, principal marqueur de notre ingestion quotidienne de pesticides. Cette campagne est un très grand succès: de nombreuses étapes ont été franchies, qui nous rapprochent de la perspective d’un procès : 6300 analyses à ce jour et 4731 plaintes déposées auprès du Pôle santé auprès du Tribunal Judiciaire de Paris ; création d’un groupe pluridisciplinaire pour travailler aux analyses des résultats… La campagne a créé un effet boule de neige avec des analyses de cheveux et des arrêtés municipaux contre les pesticides. Tout cela amène à une prise de conscience très large de l’imprégnation permanente et généralisée que nous subissons.

La Campagne Glyphosate permet à celles et ceux qui le souhaitent de porter plainte contre les responsables du maintien de ce produit sur le marché (les décideurs, politiques ou responsables d’entreprise, qui ont permis de diffuser ces produits sans analyses suffisantes) pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement.

Sur 182 prélèvements dans le Lot, nous rappelons que 166 ont choisi de porter plainte, dont 11 enfants. La moyenne Lotoise est de  1,36 ng/ml. Tous les tubes du Lot avec plainte contiennent entre 3 fois et 38 fois le taux de référence de glyphosate dans l’eau potable qui   est de 0,1 ng/ml maximum (nanogramme par millilitre), ce qui est de toutes façons une norme arbitraire. Nous pensons qu’un taux de zéro est le seul acceptable, dans l’eau potable comme dans l’organisme humain. Rappelons que l’eau, l’air, le sol, l’alimentation, sont pollués non seulement par le glyphosate mais par ses co-formulants (composés de résidus de pétrole toxiques et d’arsenic).

POUR une agriculture sans pesticide

Nous savons maintenant qu’une agriculture agro-écologique pourrait nourrir la planète. Des agronomes et des agriculteurs proposent déjà des alternatives.

L’agriculture dite conventionnelle s’appuie sur des béquilles chimiques dont les consommateurs ne veulent plus et qui sont insoutenables pour la planète.

 

S’engager et soutenir cette campagne répond à un engagement personnel, citoyen, non-violent et responsable :

 

« Je me lève pour affirmer mon refus d’être en permanence exposé à des pesticides qui mettent en danger ma santé, celle de mes proches et celle de tous les êtres vivants sur terre ».

 

 

 

 

 

CAMPAGNE GLYPHOSATE 46 – glypho46@riseup.net

Tel : 06 60 22 23 54

PISSEURS-EUSES-1024x502Date 1er dépôt de PLAINTE CAHORS: 13 juillet 2020

Bretenoux : blocage du chantier Macdonald le 17 juin // Action Nationale Agir contre la réintoxication du monde !

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Lot.

Le collectif « Construire le monde d’après » ne veut pas d’un McDonald’s à Bretenoux

Sur place depuis 6 h du matin nous étions une cinquantaine à installer le blocage du chantier de construction du Macdo : Brebis au premier plan et installation d’un point Café & collations abrité devant l’entrée grillagée du chantier ou étaient enchainés 2/3 camarades.

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Sur le toit du macdo une banderole était installée en toute sécurité et évidemment sans aucune détérioration de matériel.

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Une petite intervention des gendarmes pour inciter à descendre du toit pour des raisons de sécurité, en vain !!

 

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communiqué de presse  17/06/2020

Le Monde d’Après … Construisons-le !

Depuis la fin du confinement, la pollution repart en flèche et la catastrophe écologique se redéploie partout au nom des mêmes impératifs marchands, avec le même aveuglement.

Visiblement, rien ne fera bifurquer les lobbies et gouvernements si on ne les y contraint pas maintenant !

Localement, un collectif de citoyens s’est mobilisé par rapport à la construction d’un nouveau McDonald’s à Bretenoux. Malbouffe, OGM, agriculture industrielle, obésité, bétonisation des sols, emplois précaires, déchets et emballages, évasion fiscale… Nous n’en voulons pas !!

Comme nous ne voulons pas non plus de projets absurdes tels que : la Cité de la mode à Souillac, le méthaniseur de Gramat et autres projets identiques, privatisation du lac du Tolerme, parcs solaires et éoliens surdimensionnés qui défigurent nos paysages. Le Lot a autre chose à offrir !

Une agriculture paysanne diversifiée, des commerces de proximité, une alimentation saine et locale, des emplois pérennes et qui ont du sens, un artisanat de qualité, un tourisme nature à échelle humaine et des services publics préservés.

Nous nous inscrivons dans l’appel du 17 juin « Non à la réintoxication du monde » et proposons à ceux et celles qui veulent nous rejoindre de nous retrouver le samedi 20 juin à partir de 10h au parc Ayroles à Bretenoux pour échanger, se rassembler et commencer à construire le monde d’après.

Collectif « Construire le monde d’après »,
Les Faucheurs volontaires,
Confédération paysanne du Lot.





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Dès 7h des cafés et collations ont été offert aux ouvriers, gendarmes et RG.. que nous avons accueillis cordialement et pacifiquement. Un dialogue a pu s’établir avec tous ainsi qu’avec le maire arrivé un peu plus tard.

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Selon le maire Pierre Moles (nouvellement réélu) et son premier argument : le « Macdonald » ramènera les jeunes à Bretenoux !!

En attendant il coûte de l’argent aux contribuables via des aménagements de chaussée etc.. qui seront en partie payés par la mairie, sans compter les avantages fiscaux accordés à ces multinationales de l’agro-industrie. C’est à dire pour être clair des complices de l’écocide en cours. Macdonald a eu et a encore de nombreux procès avec ses employés concernant ses conditions de travail ainsi que des problèmes de fisc et un vaste système de corruption pour rétrocommissions etc…

https://www.bfmtv.com/economie/consommation/mc-donald-s-chercherait-a-eviter-son-proces-pour-fraude-fiscale_AN-201901240071.html

(https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/05/09/mcdonald-s-proces-d-un-vaste-systeme-de-corruption_5124895_1653578.html)

Pour ce qui est des ouvriers et sociétés qui participent au chantier aucune n’est locale, ceux rencontrés ce matin venaient du 91 et ils réalisent tous les chantiers Macdo de la France. Tous ces ouvriers « délocalisés » que nous avons interrogés n’ont pas les mêmes conditions de prise en charge d’hébergement: certains sont logés en mobilhome et d’autres sans ou très peu de défraiements…

Quand aux habitants et commerçants de Bretenoux que des membres du collectif ont rencontrés, tous n’étaient pas au courant et surtout aucune consultation municipale n’a été lancée. Beaucoup n’apprécient pas cette implantation qui serait plébiscitée d’après le maire par 90% voir 95% de la population !! Comment ces chiffres lui sont parvenus ??

Pour ces habitants la priorité ce sont des infrastructures qui manquent style skatepark ou autre pour les plus jeunes de Bretenoux .. avant ce Macdo qui coute déjà pour la communauté.

Exercice de démocratie remarquable!!






 

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(source / Sophie Mitrani/La Dépêche Publié le 18/06/2020)

 

Rien à voir avec l’action altermondialiste qui, il y a 20 ans, avait conduit au « démontage » du chantier du McDonald’s de Millau. Hier, c’est calmement mais par une présence symbolique forte que le collectif « Construisons le monde d’après » a pris place sur le chantier du McDo de Bretenoux.

Une cinquantaine de manifestants se sont rendus autour du chantier du restaurant McDonald’s de Bretenoux, dès 6 heures du matin, hier. Des habitants, citoyens militants, ainsi que des représentants de la Confédération paysanne et des faucheurs volontaires du Lot se sont ainsi réunis au sein du collectif « Construire le monde d’après ».

Ensemble, ils participaient ce mercredi à l’appel du 17 juin « Non à la ré-intoxiction du monde ». « Depuis la fin du confinement, la pollution repart en flèche et la catastrophe écologique se redéploie partout au nom des mêmes impératifs marchands, avec le même aveuglement », constatent-ils.

Adeline Garric, agricultrice, avait amené 13 brebis dans un petit enclos improvisé à la hâte sur le chantier. Une camionnette barrait la route sur un des accès et une petite barricade constituée de paillage et de petites plantations sur l’autre côté. Un groupe de musiciens est également arrivé vers 7 h 30 pour animer la manifestation de ses chansons engagées.

De grands parasols ont été déployés, abritant café et croissants qui ont été partagés entre les manifestants et les ouvriers du chantier et proposés également aux forces de l’ordre.

Rapidement, la discussion s’est engagée entre les différentes parties. Dans une ambiance calme, les militants ont dit leur refus « de projets absurdes tels que la cité de la mode à Souillac, le méthaniseur de Gramat, les parcs solaires et éoliens surdimensionnés qui défigurent nos paysages », revendiquant : « Une agriculture paysanne diversifiée, des commerces de proximité, une alimentation saine et locale, un tourisme à échelle humaine ou encore des services publics préservés ».

Pierre Moles, maire de Bretenoux, Laurent Escarpe, son premier adjoint, sont arrivés sur les lieux à 7 h 45 pour discuter avec les porte-parole de ce mouvement. Alain Dumazel, élu de Bretenoux, en charge de la communication, était également sur place.

Le chantier de construction de l’enseigne de restauration rapide McDonald’s avait repris le 4 mai, les travaux ont été interrompus, toute la matinée d’hier.

Le collectif « Construire le monde d’après » propose d’élargir le débat, ce samedi 20 juin, à partir de 10 heures, autour d’une rencontre au parc Ayroles à Bretenoux et d’un pique-nique.

 

La direction de McDonald’s

La rédaction du Lot a sollicité le maire de Bretenoux pour réagir à cette action, il n’a pas donné suite à notre proposition. Contacté la direction de McDonald’s France nous a fait parvenir un communiqué: « La direction du restaurant tient à rappeler son plein engagement dans le cadre de la démarche environnementale dans laquelle l’enseigne travaille désormais depuis plus de 20 ans. Par ailleurs, nous continuons de travailler sur ces sujets dans le cadre d’une nouvelle feuille de route ambitieuse en faveur de la transition écologique. McDonald’s s’engage notamment à réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 avec 3 priorités: 0 diesel en logistique, 0 ustensile en plastique à usage unique et valorisation & recyclage des emballages dans 100% des restaurants ».





 

(Source/ actuLot le 18 Juin 2020)

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Lot. Le collectif « Construire le monde d’après » ne veut pas d’un McDonald’s à Bretenoux

Plusieurs dizaines de militants de la Confédération paysanne du Lot avec Les Faucheurs volontaires, ont manifesté sur le chantier de construction du McDonald’s à Bretenoux.

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L’action de sensibilisation menée mercredi 17 juin 2020 sur le chantier du McDonald’s de Bretenoux, s’est déroulée de manière pacifique, sous le regard de la gendarmerie et avec un échange avec Pierre Moles, le maire le maire de Bretenoux. (©DR )

Les membres du Collectif « Construire le monde d’après », avec Les Faucheurs volontaires, la Confédération paysanne du Lot, s’indignent de voir repartir la pollution. Ils dénoncent « l’aveuglement qui préside au développement économique ». Le 17 juin 2020, plusieurs dizaines de militants sont venus dire « non » à la construction d’un McDonald’s à Bretenoux.







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Rendez-vous samedi 20 juin à partir de 10h au parc Ayroles à Bretenoux

Nous nous inscrivons dans l’appel du 17 juin « Non à la réintoxication du monde » et proposons à ceux et celles qui veulent nous rejoindre de nous retrouver le samedi 20 juin à partir de 10h au parc Ayroles à Bretenoux pour échanger, se rassembler et commencer à construire le monde d’après. »

 

Contacts:

lemondedapres@riseup.net

conf.paysanne.lot@gmail.com

 

L’action de sensibilisation menée mercredi 17 juin 2020 sur le chantier du McDonald’s de Bretenoux, s’est déroulée de manière pacifique, avec pose de banderoles et installation de moutons.  (©DR )

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 Bilan de cette journée au niveau national

A 20h30, plus de 50 actions à travers le pays!

Aujourd’hui s’est matérialisée une grande vague de luttes de terrain contre la réintoxication du monde. Dès 6h du matin, les premiers
blocages de sites de productions et chantiers ont commencé. A 20h nous avions déjà reçu des retours sur plus de 50 actions.

Blocages de cimenteries à Toulouse et à Saint Barthélémy d’Anjou (49), d’usine de physanitaires à Marseille, du chantier de la ligne 17 à Bonneuil, occupation de jardins contre la bétonisation à Besançon ou d’un chantier de McDo à Bretenoux , livraison d’un colis géant au Ministère de l’économie à Paris et déploiement de banderoles sur le Pont du Gard contre Amazon, rassemblement et blocage des travaux contre la destruction de la forêt du Madrillet à Rouen, mise hors service de terminaux de paiement dans des stations Total parisiennes ou de multiples publicités à Marseille, déversement de fumier et peinture sur les locaux de Bayer Monsanto à rennes, blocage de l’aéroport de Nantes Atlantique, pique niques contre l’urbanisation d’une zone humide au Carnet ou un chantier de fluidification du trafic dans le Percy, remise du prix Pinocchio par des Vikings à la multinationale Yara et occupation de terres menacées par un projet 

d’urbanisme à Dijon, mobilisation contre une ferme usine de 178000 poulets dans le Morbihanet pistes cyclables sauvages à Amboise…etc.
La liste (quasi) complète est trouvable ci-dessous et les nouvelles continuent d’arriver! Un retour plus détaillé sera envoyé demain.

Toutes ces mobilisations locales dessinent une première cartographie post-confinement de sites de production destructeurs qui doivent
s’arrêter, de sites naturels – forêts, zones humides, terres cultivables – qui ne doivent pas être artificialisées, de projets insensés auxquels il faudra les faire renoncer. Nous savons que cela nécessitera de revenir régulièrement sur tous ces lieux, d’en habiter certains, d’en faire muter d’autres, de continuer à se coordonner et de lancer de nouvelles vagues de mobilisations encore plus amples et déterminées.

C’est seulement à cette condition que nous parviendrons peut-être à maintenir des conditions d’existence possibles et désirables pour nous comme pour le reste du vivant, hors du nihilisme marchand. Si nous pouvons être ce soir porté.e.s par un sentiment d’espoir c’est bien
parce que cette vague d’action n’est pas isolée mais qu’elle se mêle cette semaine aux mouvements des soignant.e.s et aux grand surgissement maintenant mondial contre le racisme et les violences policières. A bientôt pour l’acte 2 et bravo à toutes celles et ceux qui ont agi aujourd’hui !

Bayer: Un tribunal US bloque la commercialisation de l’herbicide dicamba

(source / Reuters 4 JUIN 2020)

Bayer-Monsanto-Web

Bayer: Un tribunal US bloque la commercialisation de l’herbicide dicamba

                     

Le groupe agrochimique allemand Bayer pourrait être empêché de vendre son herbicide dicamba aux États-Unis après le rejet mercredi par une cour d’appel de l’autorisation du régulateur fédéral pour ce produit.

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(Reuters) – Le groupe agrochimique allemand Bayer pourrait être empêché de vendre son herbicide dicamba aux États-Unis après le rejet mercredi par une cour d’appel de l’autorisation du régulateur fédéral pour ce produit.

La cour d’appel a estimé que l’agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) avait largement sous-estimé les risques liés à l’herbicide et n’avait pas tenu compte d’autres risques associés au produit.

Le tribunal a estimé également que l’EPA avait violé les réglementations fédérales et n’avait jamais déterminé si une prolongation de l’enregistrement de l’herbicide de deux ans supplémentaires pourrait conduire à un monopole ou un quasi-monopole.

Dans un communiqué, Bayer a expliqué que ce jugement porte sur la décision d’homologation de l’EPA de 2018, qui expire en décembre de cette année, et qu’il s’efforce d’obtenir une nouvelle homologation de l’EPA pour l’herbicide pour 2021 et au-delà.

“Sur la base des actions de l’EPA et si la décision est contestée avec succès, nous travaillerons rapidement pour minimiser l’impact sur nos clients cette saison”, a déclaré le groupe allemand.

L’EPA avait imposé des restrictions sur l’usage du dicamba en novembre 2018, craignant des dommages éventuels aux cultures entourant les zones où le produit est appliqué.

En février, Bayer a annoncé faire appel de la décision de justice lui imposant de payer, avec BASF, 265 millions de dollars de dommages-intérêts à un agriculteur du Missouri qui avait attribué au dicamba la destruction de ses pêchers.

 

POUR RAPPEL :

En Europe, le dicamba est autorisé depuis 2008 et 27 pays l’utilisent, dont la France. Toutefois, il est beaucoup moins répandu dans l’hexagone que de l’autre côté de l’Atlantique car la culture des OGM y est interdite.

POISON: Le dicamba est un herbicide à large spectre, comme le glyphosate, et existe depuis longtemps. Mais son utilisation s’est intensifiée depuis que Monsanto, la firme américaine récemment rachetée par Bayer, commercialise des semences de soja et de coton génétiquement modifiées pour y résister. Une aubaine pour certains exploitants au moment où les mauvaises herbes deviennent de plus en plus résistantes à d’autres désherbants. Le problème, c’est que le dicamba se disperse facilement et tue les plantes qui ne sont pas adaptées. Il a ainsi pollué environ 4% des champs de soja aux Etats-Unis en 2017.

 

Lors de l’action des faucheurs contre TRISKALIA                                                                     à Glomel/Bretagne le 27 septembre 2018 de gros stocks de Dicamba                               ont été découverts  sous différents noms!!!!





(source / Zonebourse 4  JUIN 2020)

Bayer : La valeur du jour en Europe BAYER empoisonné par le dicamba

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Bayer abandonne 2,6% à 63,40 euros pénalisé par une mauvaise nouvelle concernant le dossier dicamba aux Etats-Unis. Une cour d’appel a rejeté l’autorisation du régulateur fédéral pour ce pesticide accusé de contaminer les terres et dévasté les cultures. Selon la justice, l’agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) a notamment largement sous-estimé les risques liés au produit hérité de Monsanto acquis en 2018 pour 63 milliards de dollars, et n’avait pas tenu compte d’autres risques associés au produit.

Dans un communiqué, Bayer a rappelé que ce jugement portait sur la décision d’homologation de l’EPA de 2018, qui expire en décembre de cette année, et qu’il s’efforce d’obtenir une nouvelle homologation de l’EPA pour l’herbicide pour 2021 et au-delà.

Les ennuis continent donc de s’accumuler pour le groupe allemand. En février dernier, un tribunal américain avait condamné Bayer, ainsi que BASF, qui commercialise un autre produit à base de dicamba, à verser une indemnité de 265 millions de dollars à un agriculteur du Missouri, qui accusait dicamba d’avoir détruit ses vergers de pêches.

Le groupe allemand avait alors annoncé son intention de faire appel de la décision de justice.  » Nous estimons que les preuves présentées au cours du procès ont démontré que les produits de Monsanto n’étaient pas responsables des pertes invoquées « , avait assuré le groupe dans un communiqué.

Pour autant, Bayer est loin d’en avoir fini. La société doit encore affronter plus de 140 procès aux Etats-Unis… Sans parler des milliers de plaintes liés au Roundup.

A cet égard cependant, le groupe pourrait connaître une embellie. Fin mai, Bloomberg a révélé que le géant allemand de la chimie avait conclu des accords verbaux avec une grande partie des 125 000 plaignants accusant son désherbant Roundup d’avoir provoqué le cancer. Les accords, qui doivent encore être signés, concerneraient entre 50 et 85 000 plaintes sur un total de 125 000 a précisé l’agence de presse.

Cette dernière rappelle que Bayer a prévu une enveloppe de 10 milliards de dollars pour mettre fin à une bataille juridique longue et couteuse débutée avec le rachat de l’américain Monsanto en 2018.

 

Pesticides/Conseil d’Etat: les épandages peuvent se poursuivre près des habitations !!

(source: Le Monde/15 mai 2020)

Pesticides : pour le Conseil d’Etat, les épandages peuvent se poursuivre près des habitations malgré le Covid-19

Dans une ordonnance rendue le 15 mai, la haute juridiction valide les dérogations accordées pendant la crise sanitaire pour réduire les distances de sécurité.

Dans un vignoble, à Macau, près de Bordeaux, en 2012.

Dans un vignoble, à Macau, près de Bordeaux, en 2012. JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Les agriculteurs peuvent continuer à épandre des pesticides à proximité des habitations, en dépit du confinement au cours duquel certains riverains ont été davantage exposés. Telle est en substance le message adressé par le Conseil d’Etat dans les ordonnances rendues vendredi 15 mai. La plus haute juridiction administrative a rejeté deux requêtes qui lui avaient été adressées en urgence. Les décisions sur le fond ne sont pas attendues avant plusieurs mois.

Le premier recours, du Collectif des maires anti-pesticides, visait à obtenir l’annulation du décret du 27 décembre 2019 instaurant des distances minimales d’épandage à proximité des habitations. La centaine de maires a multiplié les arrêtés ces derniers mois. Ils prônent au moins 150 mètres quand le gouvernement a retenu dix mètres pour les cultures hautes (vignes ou arbres fruitiers) et cinq mètres pour les cultures dites « basses » comme les céréales et les salades.

Riverains davantage exposés

Le deuxième recours, émanant d’un regroupement d’associations (Générations futures, UFC-Que choisir, France Nature Environnement, Union syndicale Solidaires, la Ligue pour la protection des oiseaux, Alerte médecins pesticides, le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest ou encore Eau et rivières de Bretagne) demandait l’annulation de textes offrant des dérogations aux agriculteurs afin de pouvoir pulvériser des pesticides encore plus près des habitations sans passer au préalable par une phase de concertation publique prévue pourtant dans ledit décret. Une situation dont se sont plaints nombre de riverains, encore davantage exposés pendant la période de confinement.

(La suite de l’article du Monde est réservée aux abonnés)

Pandémie démocraticide : entretien Alain Damasio

(source Reporterre 28 avril 2020)

 

arton20296-36395Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d’un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »

Comment penser les conséquences politiques, collectives et individuelles de la pandémie de Covid-19 et du confinement? Dans cet entretien, l’écrivain Alain Damasio remet notamment le concept de biopolitique au goût du jour, s’intéresse à notre rapport à la mort, vante le pouvoir de l’imaginaire et de l’expérience vécue, indispensables pour envisager une autre suite.

Alain Damasio est écrivain de science-fiction. Son dernier roman, Les Furtifs, a été publié en avril 2019 aux éditions La Volte.

Reporterre — Êtes-vous en colère avec ce qui se passe en ce moment ?

Alain Damasio — Clairement, je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultra sécuritaire, en faisant assumer à la population son incompétence crasse. Sur les trois axes clés de la lutte, à savoir les tests, les masques et les lits,la Macronerie a totalement échoué, rendant obligatoire ce confinement qu’on subit.

Ce gouvernement nous martèle depuis deux ans : « Nous sommes l’innovation, nous sommes la réactivité, nous sommes la performance », et au moment crucial où il faudrait « performer », plus personne ! Jugeons Macron et ses laquais sur leurs propres critères, c’est-à-dire en tant que managers supposés de « la start-up nation ». Même se procurer des masques, négocier les achats, ils en ont été incapables. C’est une faillite complète. Et si l’on met ça en regard avec ces infirmières qu’on a matraquées et gazées à bout portant un mois avant le déclenchement de la pandémie, avec les grèves et démissions des médecins qui ont été traités avec un mépris absolu avant d’être érigés en héros, oui, ça fout la rage ! Mais cette rage, il faut l’apprivoiser et en faire quelque chose. La transformer en rage du sage.

Mais quand le président de la République parle, 36 millions de personnes l’écoutent. Les contrôles de police sont acceptés. Il n’y a pas de contestation du confinement. Comment mettez-vous en regard cette faillite du néolibéralisme et le fait que sa gestion est acceptée par la population ?

On vit en démocrature, il faut quand même le réaliser ! Aucune des décisions prises sur cette pandémie n’a respecté la moindre ébauche de débat démocratique. On subit les choix d’un Prince aux yeux crevés. Le seul levier qu’ils actionnent est la peur : sa gestion triviale, son emprise évidente, son aérodynamisme pour pénétrer les corps et les têtes  d’une population choquée. Au lieu de faire de la médecine — c’est-à-dire de tester, d’isoler et de traiter — les macronards ont fait dans le moyenâgeux, la petite terreur quotidienne et le flicage. Ils on maximisé l’angoisse des citoyens. La « grande » presse, tenue par les milliardaires amis de Macron, joue bien ce jeu. Chaque jour, elle assène en page d’accueil le total des morts. On nous dit 20.000 morts, le lendemain 21.000 morts, et après 22.000! Sans jamais relativiser ce que signifie ce chiffre. Quel média rappelle qu’en France, il y a 660.000 morts par an et qu’avec le Covid, on va simplement avoir une surmortalité de 5 % à 10 % en 2020 ?

En réalité, ce qui importe serait de comprendre ce que ces morts signifient pour un pays de 67 millions de personnes. En valorisant spécieusement le total cumulé des morts, on construit un storytelling de l’anxiété, voire de la panique : « Oh la la, tu te rends compte, 20.000 morts ! », comme s’ils avaient péri sous une bombe en une nuit! Si tu ancres jour après jour ce récit d’une catastrophe croissante, tu inclines les citoyens à chercher fébrilement un pôle de réassurance, qui ne peut alors être que le gouvernement, sorte de père/mère de la Nation.

On le sait : quelle que soit la crise — terrorisme, pandémie, guerre —, n’importe quel président en place gagne 15 à 20 points de popularité juste parce que la figure d’une autorité rassure. Ça joue aussi pour Macron, même si cette IA [intelligence artificielle] mal programmée est inapte à témoigner la moindre compassion, que ce type est un sociopathe absolu et qu’on mesure à quel point, dans ce moment tragique, il n’y a pas une once de spiritualité ou de grandeur dans sa vision du monde.

Les morts du coronavirus sont relativement peu nombreux, si on met en rapport le chiffre avec le nombre habituel de morts…

Oui, il faut rester conscient des ordres de grandeur. Il y a eu par exemple une grippe restée célèbre entre 1968 et 1970, avec 31.000 morts en France, qui n’ont engendré quasiment aucune réaction dans le corps social à l’époque. Le chômage est considéré comme causant, par mortalité indirecte, à peu près 15.000 morts par an. La grippe saisonnière il y a deux ans a fait 13.000 morts. Donc, il y a de nombreuses causes de mortalité aussi puissantes et statistiquement fortes. Et qui ne débouchent pas sur cette gestion militaire… À partir du moment où un État, la Chine, a commencé à médiatiser le coronavirus, la comparaison publique mondiale a fait qu’il n’était plus possible pour un État de jouer l’immunité de groupe quand d’autres confinaient a maxima. La visibilité médiatique des morts ne laisse plus le choix et c’est sans doute tant mieux pour les vies sauvées. Ensuite, la biopolitique a fait le reste : un État néolibéral est voué à préserver et développer ses populations, qui sont sa force productive. Il doit « gérer la vie », comme l’a montré Foucault, même si ça doit tuer sa vache sacrée qu’est l’économie.

Vous évoquez l’exploitation de la peur et les exigences d’une biopolitique pour expliquer le traitement confiné de cette pandémie, soit. Mais quand on voit que quatre milliards d’humains sont confinés, n’y a-t-il pas autre chose qui se joue?

Bien sûr, quelque chose de plus profond se joue. Ce qui me semble passionnant est que de nombreux malades du Covid-19 ne meurent en réalité pas de la prolifération du virus, mais d’une hypertrophie de la réaction immunitaire. Cet emballement des défenses immunitaires, on la retrouve par analogie dans l’hystérie de notre réaction politique et sociale, qui trahit selon moi un refoulé majeur de nos civilisations actuelles : on ne supporte plus ni la maladie ni la mort. On se rêve dans l’immunité absolue. Ça pourrait être une bonne nouvelle, la preuve d’un amour pour la vie. Et ça l’est sans doute pour ceux qui soignent. Moi, j’y lis plutôt en creux une perte de vitalité latente dans nos sociétés. J’ai cette intuition qu’on a moins peur de mourir, voire plus peur du tout, lorsqu’on a bien vécu. Plus on a le sentiment d’avoir fait quelque chose de sa vie, d’avoir éprouvé et habité chaque instant« comme si c’était le premier, comme si c’était le dernier », pour reprendre Épicure, mieux on peut accueillir la mort.

Après, un gouvernement, même aussi sourd que le nôtre, prend ses décisions par rapport à une sensibilité publique qui peut recevoir ou non ce qu’il propose. Le confinement est si bi accepté parce qu’il reconduit cette illusion de la bulle immunitaire. Et il la reconduit pour chaque individu, foyer par foyer, en la vitrifiant dans le numérique, qui est le dispositif idéal de la « distanciation » sociale.

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« Pourquoi l’État surréagit-il face au terrorisme, se demandait Foucault (PHOTO), alors que le terrorisme fait en réalité extrêmement peu de morts ? Il a répondu que l’État se doit d’apparaître comme le garant de notre sécurité existentielle. C’est ce pacte de sécurité qui fait qu’on en accepte les disciplines et le contrôle. »

Bref, notre confrontation anthropologique à la mort a profondément muté sans qu’on en soit vraiment conscient. On le découvre à travers cette pandémie rare.

Pour prendre un exemple : j’ai été sidéré que l’interdiction faite aux proches d’aller soutenir leurs parents alors qu’ils sont en train d’agoniser, de « partir », ait été acceptée si facilement. À titre personnel, ça me paraît inadmissible et scandaleux. Mon père ou ma mère serait en train de crever, j’entrerais de nuit dans l’Ehpad, je sauterais les grilles avec mon frère, j’escaladerais la façade, je ferais n’importe quoi mais je ne les laisserais jamais mourir seul sous respirateur… L’accompagnement des vivants auprès des morts fait partie du lien le plus fondamental. On se rend compte que le refoulement de la mort est devenu tellement puissant, sa conjuration tellement ancrée dans nos sociétés que, quand la mort ressurgit, qu’on nous la met devant les yeux, on la fuit. On n’accepte au fond de l’affronter que sous forme de chiffres et de courbes. Je suis d’ailleurs fasciné par un détail bizarre : à quel point la courbe exponentielle des décès incarne finalement la courbe parfaite d’une économie florissante. Je ne sais pas ce qu’il faut en tirer, mais c’est la courbe de croissance dont rêverait tout entrepreneur pour son business…

Refoule-t-on la mort parce qu’on est coupé                de la vie ?

C’est ma conviction et la source de mon combat depuis trente ans : cette sensation que notre Occident est en voie de dévitalisation avancée. La plupart de nos relations au vivant ont été coupées. En nous et hors de nous. On a tranché nos liens avec la vie, avec les animaux, les maquis, les forêts, et même avec le cœur physique de notre vitalité. Cette sensibilité du corps
au monde, cette chair vibrante désormais épaissie comme un mauvais cuir par nos technococons. On accède au monde par une chrysalide de fibres optiques. Et on confond la vibration de ses fils avec les vibrations du dehors.

J’ai des amis qui ne sortent plus depuis un mois. Pas une fois. De quoi ont-ils peur exactement ? De mourir ? De souffrir ? De la maladie ? De contaminer les autres ? Est-ce qu’ils savent que vivre est une maladie mortelle? Que le risque est consubstantiel à la fragilité magnifique du vivant ? C’est le fond ontologique du problème. Tout ce qui conjure le rapport à la mort est vécu comme désirable. On peut applaudir des lois incroyablement liberticides si elles prétendent sécuriser notre rapport à la mort. Un copain m’a même dit :« On sera bien content d’êtres libres, tiens, quand on sera mort ! » Pour lui, ça absout les pires lois d’avance. Pour moi, il ne voit pas qu’on est déjà mort si l’on raisonne comme ça. Mort-vivant, oui. Zombie quoi !

Dans cette logique, le seul critère de bon gouvernement serait que le gouvernement assure la vie biologique de ses sujets ou de ses citoyens ?

Je reviens à l’analyse si forte de Foucault sur le terrorisme,dans un texte de 1977 : pourquoi l’État surréagit-il face au terrorisme, se demandait-il, alors que le terrorisme fait en réalité extrêmement peu de morts ? Foucault répond que l’État se doit d’apparaître comme le garant de notre sécurité existentielle. C’est ce pacte de sécurité qui fait qu’on en accepte les disciplines et le contrôle. Il doit nous garantir que rien ne viendra déchirer la trame ordinaire de nos existences protégées.

Quand cette déchirure survient, par un attentat ou une pandémie comme ici, l’État doit apparaître comme une sorte de Big Mother de la sollicitude. Il doit se soucier de nous et nous préserver de tout risque au maximum, afin qu’on puisse poursuivre nos existences hygiénistes et calfeutrées, où la mort est toujours repoussée, toujours cachée, toujours enfouie. Et tout ça finit avec des amis dont la mère a été mise dans un sac plastique dans une chambre froide à Rungis, sans qu’ils puissent jamais lui dire au revoir.

Si, en fait, c’est nous qui acceptons cette coupure avec le vivant, est-ce que le gouvernement ne répond-il pas à un désir profond de la société ?

Je n’ai jamais cru que le pouvoir tombe du ciel et nous soit purement imposé. Il a nécessairement une dimension « émergente » issue des peuples, qui lui donne son assise et son efficacité. On a toujours les pouvoirs qu’on mérite, qu’on espère secrètement ou qu’on consent à subir — et aussi une faculté prodigieuse à la servitude volontaire. Oui,« les masses peuvent désirer le fascisme », comme le rappelaient Deleuze et Guattari. En 2020, nos sociétés européennes sont globalement sorties du régime disciplinaire, même si on a avec Macron un retour de la verticalité, un retour bien dégueu du répressif — c’est le côté has been de Macron, qui n’est absolument pas moderne. La gestion d’un Hollande était beaucoup plus moderne dans le sens où il était dans le registre du contrôle et de la réponse souple à une demande latente de la population. Mais, quoi qu’il en soit, ces politiques sécuritaires ne pourraient pas être mises en place si elles ne répondaient pas à une demande sociale extrêmement forte de contrôle, de réassurance et de « sérénité ». S’il y a une responsabilité dans cette crispation sécuritaire, elle est pleinement collective.

Comment sortir de là, alors ?

Je suis tenté de faire un parallèle avec le numérique : tu peux incriminer les Gafa[Google, Apple, Facebook, Amazon], mais personne ne t’oblige à t’inscrire sur un réseau social aussi fliqué que Facebook, à utiliser Google (la machine de guerre du traçage) comme moteur de recherche, à laisser tes courriels être lus par des collexiqueurs. Nous sommes parfaitement libres d’utiliser ou non ces outils hautement tracés. Ces entreprises vont tout faire pour nous pousser à la dépendance, bien sûr. C’est leur cœur de business : designer la dépendance, revendre les traces. Mais il y a toujours moyen de refuser, d’y échapper, d’utiliser Framasoft, des moteurs et des logiciels libres. De ne pas avoir de smartphone. Ce combat est d’abord à mener entre soi et soi, pour savoir jusqu’à quel point — au nom de la sécurité, du confort et de la paresse — on est prêt à cesser d’être une femme ou un homme libre.

Comment changer le psychisme collectif ?

Il y a un mot de Péguy que j’adore, qui serait comme un virus pour faire muter nos psychismes : « Ne pas vouloir être tranquille d’avance. » Ça pourrait être une base éthique.

Il y a aussi les sources d’information et de réflexion : le travail fantastique qu’assure la presse indépendante comme Reporterre, Mediapart, Socialter, Ballast, Terrestres… mais aussi pleins de petits sites, de petits blogs rigoureux et profonds… À travers leurs entretiens et leurs articles, ils vont en appeler à la pensée et nous aider à déconstruire nos aliénations. Prendre du recul sur la peur, par exemple…

Sauf que cette approche rationnelle est vite asséchante si on ne l’articule pas à des imaginaires « empuissantant ». J’entends : des idées, des sensations, des perceptions qui nous arrachent à nos habitudes, redonnent une puissance à nos désirs mutilés; des univers qui activent l’envie de vivre autrement en prenant ce monde-ci à bras-le-corps.

Cet imaginaire n’est jamais mieux porté à mon sens que par les récits. Parce qu’un récit a cette faculté de mettre en scène des personnages auxquels on s’identifie et qui deviennent de vecteurs affectifs qui nous engagent : à partir du moment où l’on s’identifie à un personnage, on va ressentir ce que le personnage éprouve. Et si ce personnage est une révoltée, qui se bat, une héroïne qui construit une  vie alternative, libre et collective, et que l’on met ça en scène dans une histoire riche, où l’empathie et la générosité l’emportent sur le survivalisme perso,
qui n’aurait envie de s’en inspirer ? Un film, une série ou un livre font traverser un vécu. Ce que tu vis avec les personnages va rester en toi au même titre que ce que tu as vécu avec tes amis ou ta famille. Ça crée une familiarité avec certaines situations hors norme : la catastrophe, la guerre, une révolution. Quand surviennent ces événements inattendus, ton comportement va s’appuyer sur tout ce qu’a nourri cette mémoire. Yves Citton, qui a beaucoup travaillé sur la notion d’imaginaire, dit : « Le récit préscénarise les comportements. »

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« On retiendra aussi la réduction de la pollution en ville, un silence nouveau, la disponibilité que beaucoup ont retrouvé en confinement, en levant le pied malgré eux, les espèces qui reviennent occuper leurs biotopes… »

Quel imaginaire joue quand, face à l’inattendu, la société s’enferme ?

C’est l’imaginaire de la peste, de la collapsologie, des explosions nucléaires, du« post-apo » ! C’est ma came quoi ! [rires] D’autres solutions étaient possibles mais on s’est rabattu sur une gestion moyenâgeuse qui rassure car elle est ancrée dans nos mémoires collectives. Il « aurait fallu » tester avant, remonter à la source de la diffusion, repérer et isoler les foyers d’infection, etc. Je vois pourtant un côté positif dans la plasticité de notre réaction collective. Nous nous sommes adaptés très vite à la nouvelle configuration sociale. On sait très bien qu gouvernement a fait de la merde, qu’aujourd’hui on n’a plus le choix et qu’on est obligé de se confiner. Alors les gens jouent le jeu et mettent en place des solidarités multiples. Ça, c’est très beau. Cette plasticité, je la trouve admirable quand elle repense le partage.

En même temps, la pandémie montre qu’on peut aussi tolérer des restrictions monstrueuses de nos libertés extrêmement vite. L’empreinte du confinement préforme un renoncement. Parce qu’on y expérimente une liberté très restreinte, qu’on s’y sera plié par nécessité, puis par habitude. L’expérience qu’elle tatoue en nous m’inquiète : la « distanciation » sociale, se tenir loin des gens, ne plus se faire la bise, barrer son visage par un masque comme on placerait un bâillon sur sa bouche, se méfier des autres« par principe », « au cas où ». Et faire la queue pour manger, écouter religieusement le Président nous parler tous les quatre jours, n’avoir accès au monde qu’à travers les écrans, tenir son corps immobile et voir son esprit happé par

l’économie de l’attention… Plein de perversions se mettent en place dont j’ai peur qu’elles suscitent, sur le linge de nos peaux, des mauvais plis qui ne partiront pas. Ou mal.

Comment résister ? Comment faire dévier le cours disciplinaire de la biopolitique mondialisée ? Parce que l’un des aspects essentiels de ce qui nous arrive est que cela se déroule à l’échelle mondiale.

Un ordre légal n’est pas forcément légitime. C’est la clé de la désobéissance civile, qui vaut en crise sanitaire comme sous attentat terroriste. On n’a pas à obéir à l’aberrant, voilà, c’est tout. L’État pratique une infantilisation extraordinaire qu’on doit absolument refuser.

En Allemagne, on prend les citoyens pour ce qu’ils sont : des adultes. La confiance qu’on leur fait suscite une solidarité sociale des comportements, pas des soubresauts de moutons rétifs. Ensuite, il faut résister à la peur. Et pour ça, ceux qui ont une parole publique — médias, politiques, artistes, penseurs — ont la responsabilité de travailler sur ces imaginaires de la trouille et de les inverser. Ce beau mot d’encourager : redonner courage.

Dans les idées sur l’après, il y a celle, prometteuse, de refonder un CNR, Conseil national de la Résistance, sur de nouvelles bases.

Pour le déconfinement, je rêve d’une chose simple : un vrai carnaval des fous, comme a Moyen-Âge, qui renverse nos rois de pacotille. Un carnaval immense, dès le 12 mai. Avec des masques fabriqués, artisanaux, inventifs, et ce mot de désordre : « Stop ! On ne reprend pas les choses comme avant ! On ne reprend pas ce monde tel qu’il est. Gardez-le, ce monde du burn-out, de l’exploitation de tous par tous, du pillage généralisé du vivant ! Halte-là ! On ne reprend aucun de vos produits : ils sont périmés ! »

On continue la grève générale ?

Oui, parce que concrètement, on est très proche des effets d’une grève générale confinement a réussi ce qu’aucune lutte écologique, aucune lutte sociale n’avait fait depuis cinquante ans. Le virus a stoppé l’économie pendant trois mois. Et il n’y a aucune raison de redémarrer comme avant. On a trop appris. On voit trop ce que ça apporte, de stopper cette course en avant, cette frénésie d’activités, la consommation mécanique, ce que ça ouvre en possibilités, en disponibilités.

Que pourrait-il sortir de bon du moment incroyable qu’on est en train de vivre ?

 

Un vrai resserrement des liens parce qu’on prend des nouvelles de plein de gens, et plein de

gens prennent des nouvelles de nous. Dans l’état de vulnérabilité où nous nous trouvons se recrée beaucoup d’empathie, de solidarité, d’attention à l’autre. On l’avait largement perdu. Cette attention à l’autre, elle va rester, elle fera empreinte au même titre que la privation de libertés.

Autre chose positive : l’évidence que certains métiers méprisés s’avèrent en fait les plus précieux : les soignants, mais aussi les profs, les postiers, les manutentionnaires, les éboueurs, les caissières… On se rend compte que ce sont eux qui assurent l’économie de première nécessité, pas nos cadres sup’, qui sont essentiellement des parasites, en réalité. Ça nous a sauté aux yeux et ça ne disparaîtra pas aussi vite. Les premiers de corvée sont plus utiles que les premiers de cordée !

On retiendra aussi la réduction de la pollution en ville, un silence nouveau, la disponibilité que beaucoup ont retrouvé en confinement, en levant le pied malgré eux, les espèces reviennent occuper leurs biotopes… Une anecdote à ce titre : je suis parti m’aérer, il y a quelques jours, et j’ai vu cinq dauphins nager à deux cents mètres du rivage! Cela ne m’était jamais arrivé en douze ans de balade dans les Calanques. Des naturalistes ont repéré des rorquals de dix-sept mètres de long ! En deux mois, on obtient déjà des choses hallucinantes au niveau écologique.

On peut imaginer la ville sans voiture…

Oui, plein de choses qu’on n’espérait plus. Nous sommes un peu les cobayes d’un laboratoire d’anthropologie de science-fiction. On y expérimente de nouvelles réalités en temps réel et au jour le jour ! Et dans ce laboratoire, les expériences qu’on subit révèlent aussi des sensations perdues et des chocs nouveaux. Ces sensations resteront. Pour tous les gens qui sont en activité réduite par exemple, tout d’un coup, il y a cette chute du productivisme imposé, de l’injonction à faire toujours plus avec toujours moins. Si bien que l’on se dit : « Ce mode de vie où je travaille moins en ayant beaucoup plus de disponibilités sensibles, n’est-ce pas le bon équilibre à trouver ? »

Il va y avoir quand même des millions de gens en galère !

Bien sûr. Et je ne dis pas que tout le monde va se révolter et descendre dans la rue. Ce serait trop beau. Mais une succession de chocs intérieurs, de ras-le-bol, de prises de conscience, de déclics, peut faire que progressivement nos modes de vie vont se métamorphoser. La pandémie ne va pas produire d’un seul coup un changement immédiat et visible. Mais elle va inscrire énormément de choses dans les corps, dans nos mémoires, et cela nous rendra disponibles pour de vrais basculements intimes et collectifs.

Regardez les Gilets jaunes, dont certains ont dit : « Finalement, ça n’a servi à rien… tu vois, ils ont disparu. » Ben non ! Le mouvement a politisé beaucoup de travailleurs déclassés qui ne s’étaient jamais engagés auparavant, qui n’avaient jamais fait de manifs, qui ne s’étaient jamais réunis pour agir ensemble. Ça a créé aujourd’hui un terreau précieux pour que pousse ce nouveau monde qu’on sent frémir. On ne va pas voir des arbres politiques monter très haut en une seule nuit ni des buissons jaunes peupler tous nos espaces sociaux, mais l’herbe drue pousse déjà dans les fissures et c’est cette herbe qui dit notre avenir : une force horizontale, interstitielle, capable de fendre les plaques de béton grâce à la pression osmotique des tiges, une force capable de se répandre dans tous les milieux et d’y préparer l’émergence de nos maquis.

Je pense qu’un tiers de la population environ est déjà sensible à ces modes de vie et prête à basculer. La décroissance devient un horizon moins théorique, moins aberrant pour les petits capitalistes que nous sommes malgré nous !

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« La guerre des mots est importante, ce sont des graines, elle ensemence nos imaginaires. Tâchons de privilégier les métaphores du vivant : le nid, la poussée, la croissance d’un enfant ou d’une plante, le tissage des hyphes d’un mycélium (PHOTO), l’éclatement en ombelle d’un collectif… »

Vous revendiquez-vous de la décroissance ?

Oui, complètement. Mais ça reste un mauvais mot, trop castrateur. Je préfère hacker le terme de croissance en parlant d’une croissance de nos disponibilités, de nos lenteurs, de nos liens. Je trouve dévitalisant de toujours se positionner en négatif. Prôner une pensée « décoloniale » ou « démondialisée » ? Je préfère porter le flambeau du« tout-monde », cette superbe expression d’Édouard Glissant, que reprend aussi Chamoiseau. La guerre des mots est importante, ce sont des graines, elle ensemence nos imaginaires. Tâchons de privilégier les métaphores du vivant : le nid, la poussée, la croissance d’un enfant ou d’une plante, le tissage des hyphes d’un mycélium, l’éclatement en ombelle d’un collectif… Pour moi, dès qu’on place « anti- », « contre-», « dé- » devant un mot de l’ennemi, on fait mal le travail.
Et le mot « capitalisme », est-il utile de l’employer ou est-il mauvais ?

C’est un mot très juste. L’accumulation du capital y est contenue. Et cette accumulation morbide décide de tout. Libéralisme a une souche étymologique encore trop positive.

Le capitalisme numérique profite bien de la situation, les Amazon, Google, Apple. Comment les contrer?

En ce moment, on n’éprouve nos relations qu’à travers le numérique : on va mesurer ce que ça implique vraiment de boire un coup au café, se faire un petit restau ensemble ou une bouffe à la maison, retrouver cette chair, ce magnétisme des corps, cette vibration de l’échange incarné. Les gens prennent conscience qu’aucune appli vidéo ne remplace le face à face.

Les Gafa périront d’elles-mêmes quand on aura compris qu’internet doit devenir un service public. Du commun au même titre que l’air et l’eau. Un commun mondial. On doit travailler à ça autant qu’à une économie solidaire.

Vous espérez que cette crise paradoxale nous ouvre d’autres mondes ?

J’aimerais que ça nous fasse basculer vers ce que j’appelle des Zag : des zones autogouvernées. Des Zag à créer dans de multiples lieux et territoires, partout où le foncier est accessible, des zones qu’on peut acquérir au besoin, et sur lesquelles on va expérimenter d’autres formes de vies ensemble. Ça existe déjà sous forme de Zad, de communautés, de tiers-lieux, de fermes collectives, de friches autogérées, d’écoquartiers ruraux… J’espère que ces îlots vont se déployer un peu partout en France et ailleurs et qu’un archipel de combat va sortir de terre.

Je ne crois pas au retournement complet et global du capitalisme. Le capitalisme est trop inséré en nous, il exploite trop bien nos désirs, on est trop construit à travers lui pour pouvoir le renverser d’un coup. Il faut qu’on passe par des expériences de vie autre : habiter, manger, travailler, échanger autrement comme sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Éprouver au quotidien ce qu’est une économie du gratuit. Ce que c’est de s’endormir au chant des grenouilles et de se lever avec celui des moineaux. Il faut qu’on expérimente et que ça descende dans nos corps. Je crois aux imaginaires, mais rien ne remplace l’expérience réelle dans un cadre où l’on coupe son bois pour faire la charpente d’un hangar commun. Le grand enseignement de la Zad, c’est qu’on a besoin d’un territoire, d’un terrain où les gens puissent s’installer de façon relativement durable. Alors, on peut faire changer les choses. Sédimenter des pratiques autonomes. Des Zag d’où l’on sorte du système capitaliste, ne serait-ce que par une petite porte. Montrer que c’est possible. Où les gens passent et disent :« Ah ! je me sens bien ici, et c’est fort. J’aimerais trop vivre comme ça. » C’est le désir qui change le monde, plus que les idées, aussi belles soient-elles.

Ne plus passer par une utopie abstraite ?

Surtout pas ! On nage aujourd’hui dans un océan de fric liquide, et voilà que des îlots émergent ! Des myriades d’initiatives qu’on voit à peine, dont très peu de médias parlent ou si vite ! Soyons-y attentifs au lieu de nous lamenter ! On peut accoster sur les rochers, débarquer sur ces plages, contribuer à façonner l’île. Ces îles font déjà archipel, modestement, quelque chose se met en place. Mais l’archipel doit rester pluriel —pluriversel. Il ne faut pas essayer d’imposer un modèle unique, tous les modèles virent à la catastrophe, toutes les convergences dérapent en chefferies. Acceptons d’emblée cette pluralité, que ces îlots soient« polytiques », fonctionnent selon des règles et des envies différentes. Mais par contre, travailler intensément sur les liens entre ces îlots, l’entraide constante, la fertilisation croisée et les alliances, se dire qu’on a des façons différentes de construire nos mondes, mais une masse énorme de choses en commun : « Toi tu es anar, toi tu es communiste, toi tu es écolo, toi tu es terrestre, OK. Mais à 90 %, on partage la même conception de ce que devrait être une société bonne et à 99 %, on a le même ennemi : ce technocapitalisme qui nous tue.» J’aime l’idée qu’on puisse aller vers des sociétés conviviales, au sens d’Illich [1] Qu’on reprenne la main sur nos vies, nos espaces et nos outils.

Propos recueillis par Hervé Kempf

[1] Sévère critique de la société industrielle, Ivan Illich (1926-2002) est l’auteur de La Convivialité, Seuil, 1973, réed. 2014. Dénonçant la servitude née du productivisme, le gigantisme des outils, le culte de la croissance et de la réussite matérielle, il oppose à la « menace d’une apocalypse technocratique » la « vision d’une société conviviale ».

Lire aussi : Au nom du coronavirus, l’État met en place la société de contrôle Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Photos : © Mathieu Génon/Reporterre
. chapô : Alain Damasio en mai 2019.
. Paris : le 19 mars 2020
. Foucault : thierry ehrmann (CC BY 2.0) sur Flickr
. mycélium : Wikipedia (The Alpha Wolf/CC BY-SA 3.0)

Emplacement : Accueil > Entretien >
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GLYPHOSATE : BAYER DURCIT LE BRAS DE FER AVEC LES PLAIGNANTS

(source/ 28 Avril 2020 Novethic)

 

A5 permis de tuer coul-jpegGOUVERNANCE D’ENTREPRISE

GLYPHOSATE : CRAIGNANT UNE CRISE ÉCONOMIQUE, BAYER DURCIT LE BRAS DE FER AVEC LES PLAIGNANTS

Malgré de bons résultats financiers liés à crise du Covid-19, Bayer ne compte pas relâcher la pression concernant le glyphosate. Au contraire, lors de l’Assemblée générale, le DG du groupe a annoncé durcir les négociations en cours avec les 52 000 personnes qui ont porté plainte concernant les effets cancérigènes du Roundup. Le risque financier est énorme pour le géant qui ne trouve pas d’issue à la crise provoquée par le rachat de Monsanto.

Entre les plaignants du Roundup et Bayer, le combat continue.

@Bayer

Les affaires sont revenues à la normale pour Bayer. C’est en tout cas ce qu’on pouvait penser en assistant à l’Assemblée générale virtuelle du géant le 28 avril dernier. Les actionnaires du groupe allemand ont voté à plus de 92 % pour la stratégie de la direction. L’année dernière, les investisseurs avaient rejeté à 55,5 % les « actions du directoire », du jamais vu. Un vote qui avait poussé le président de l’entreprise, Werner Wenning à la démission alors qu’il avait porté avec le directeur-général Werner Baumann  le rachat de Monsanto. Cette fois, le ton a changé. Il faut dire que les résultats sont particulièrement bons. Le groupe allemand enregistre une hausse de 6 % de son chiffre d’affaires pour le premier trimestre. Le Covid-19 a en effet poussé les citoyens a réalisé des stocks de médicaments.

Mais les « effets bénéfiques du Covid-19 » sur le groupe ne reflètent pas une tendance de fond. Werner Baumann a averti qu’il n’était pas capable d’évaluer l’impact de la pandémie sur ses résultats annuels. Surtout, à long terme, c’est l’ombre du glyphosate qui noircit le tableau. En l’espace de trois mois, de février à avril, le nombre de personnes ayant déposé une plainte contre Bayer concernant l’utilisation du Roundup, un herbicide à base de glyphosate, a encore augmenté, passant de 48 600 à 52 500 plaignants.

Bayer serre la vis face aux plaignants

Une hausse de plaintes qui a poussé Bayer à durcir le ton. Depuis quelques mois déjà, le géant avait entamé des pourparlers afin de régler les affaires. Mais en raison du « contexte d’une récession imminente et compte tenu, en partie, des défis considérables en matière de liquidités », le groupe a finalement changé de braquet. « L’entreprise n’envisagera un accord que s’il est financièrement raisonnable et met en place un mécanisme permettant de résoudre efficacement les éventuelles réclamations futures », a prévenu Werner Baumann.

Une annonce qui marque une rupture avec les dernières positions du groupe. Car, si Bayer avait toujours défendu le glyphosate depuis son rachat de Monsanto, il commençait quelque peu à plier sous la pression judiciaires. Selon le journal allemand Handelsblatt, il envisageait même d’arrêter, aux États-Unis, les ventes au détail du glyphosate tout en continuant de servir les agriculteurs. L’enjeu est de taille car le risque financier lié à ses plaintes est énorme pour Bayer, il est évalué entre 10 et 15 milliards d’euros.

Monsanto, un gouffre financier

« La tentative de rendre Bayer plus résilient et plus fort en achetant Monsanto a jusqu’à présent échoué », a déclaré à Reuters Ingo Speich, responsable de la gouvernance d’entreprise pour Deka Investment, l’un des principaux actionnaires de Bayer. Alors que Deka a voté en faveur de Baumann et du conseil de surveillance, il a déclaré : « Tant que Bayer ne pourra pas se libérer de ces poursuites, nous ne verrons probablement pas de reprise du cours de l’action ».

Depuis le rachat du géant des OGM pour 56 milliards d’euros, le cours de l’action de Bayer n’a cessé de chuter, tout comme sa capitalisation boursière. En avril 2019, le groupe allemand avait perdu plus de 30 milliards d’euros en Bourse ainsi que trois procès emblématiques dont les amendes cumulées représentent des centaines de millions d’euros.

Marina Fabre, @fabre_marina

© 2020 Novethic – Tous droits réservés

Confinement = + d’épandage de pesticides …

Notre santé soit-disant défendue par nos gouvernants, se voit bradée pour les intérêts de l’agro-industrie.

Ces écocideurs profitent de cette pandémie pour continuer à empoisonner terre/eau & air.

moustique




(source/ 23 avril 2020/Générations Futures)

Recours juridiques: Le COVID ne justifie pas d’épandre des pesticides au ras des habitations

9 ONG[1] saisissent la justice en urgence pour stopper les dérogations aux distances d’épandage.

Sous le prétexte que le Covid 19 empêcherait les consultations du public, le Gouvernement recule de nouveau en accordant des réductions supplémentaires pour épandre les pesticides à des distances encore plus faibles des habitations que celles pourtant insuffisamment protectrices imposées en décembre. Afin de protéger les riverains contre cet abus manifeste, 9 ONG déposent deux recours devant le Conseil d’Etat contre cette décision inadmissible.

Contexte

Le Gouvernement avait organisé durant l’automne 2019 une parodie de consultation nationale aboutissant à des distances d’épandage des pesticides ridiculement faibles. Certaines de nos organisations[2] avaient alors dénoncé et attaqué ces mesures devant le Conseil d’Etat. Mais voilà que profitant du covid 19, le Gouvernement a adopté une instruction et communiqué sur la possibilité de réductions supplémentaires !

Ces dérogations permettent de passer outre le processus de concertation à l’initiative des utilisateurs de pesticides et l’obligation faite dans la Loi de respecter des zones sans traitement en l’absence de chartes, chartes dont la démarche de concertation et le contenu doivent être approuvés par les préfets !

En clair pas besoin de concertations autour de chartes, ni d’approbations préfectorales, il suffit d’un simple projet de charte pour pouvoir pulvériser des produits toxiques à des distances encore plus faibles des habitations et des riverains qui y sont confinés, et ce jusque fin juin, période durant laquelle les épandages sont nombreux !

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’une exposition chronique à la pollution de l’air est considérée par ATMO-France comme un facteur aggravant les conséquences d’une infection par le Covid 19. Il serait justifié, dans de telles circonstances sanitaires, d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées. Malgré la forte mobilisation de collectifs, d’associations et de citoyens qui ont interpellé largement les préfets sur ce sujet depuis plusieurs jours[3], aucune annonce de mesures visant à éloigner les épandages n’a été faite. Au contraire, dans de nombreux cas les distances sont fortement réduites, en témoigne les chartes proposées actuellement en Bretagne ou dans le Nord[4], ou encore dans les Pays de Loire[5] dans 5 départements : Loire-Atlantique, Maine et Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée,  des chartes ont été déposées par les syndicats agricoles divisant les distances nationales par quasiment 2 voire 3 selon les cultures, sans concertation réelle!

Des actions juridiques indispensables

Parce que le Gouvernement refuse toujours de répondre à nos organisations sur ce sujet, que les conditions de dialogue et de participation de nos organisations ne sont pas réunies pour réellement atteindre le “mieux-vivre ensemble”, et que les Préfets font également la sourde oreille, nous avons décidé d’engager deux recours[6], l’un sur le fond devant le Conseil d’Etat et l’autre en référé suspension contre :

  • L’instruction technique DGAL/SDQSPV/2020-87 du 3 février 2020 (N° NOR AGRG2003727C),
  • Le communiqué de presse « Distances de sécurité pour les traitements phytopharmaceutiques à proximité des habitations », publié le 30 mars 2020 sur le site internet du Ministère de l’agriculture,
  • La note « Eléments de mise en œuvre », dans sa 4version du 30 mars 2020, mise en ligne sur le site internet du Ministère de l’agriculture. »

En conclusion.

Afin de protéger la santé et les conditions de vie des citoyen.es confiné.es en milieu rural, la période actuelle commanderait que les questions de santé publique deviennent de réelles priorités.

Nous entendons tout mettre en œuvre pour que soit mis fin aux mesures dérogatoires permettant aux utilisateurs de pesticides d’épandre leurs produits dangereux aux pieds des habitations avant que de réelles concertations aient lieu dans les territoires. Rappelons que les populations confinées dans ces zones sont considérées par la réglementation européenne comme des groupes vulnérables, car exposées sur le long terme à petites doses aux produits, et que les études scientifiques démontrent un risque accru de développer des pathologies lourdes du fait de ces expositions. A la justice d’entendre nos arguments ainsi que nos attentes et celles de populations fragiles concernées.

[1] Générations Futures, UFC-Que choisir, Collectif de Soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, France Nature Environnement, Union syndicale Solidaires, Eau et Rivières de Bretagne, AMLP, vigilance OGM, et la LPO sont requérantes – le Collectif Victimes des Pesticides des Hauts de France est en soutien car organisation non constituée

 

Épandage des pesticides : les préfets doivent protéger les riverains, pas aggraver la situation !

Le 16 avril 2020

chartes

Générations Futures

Après avoir dénoncé et attaqué devant le Conseil d’Etat les distances minimales ridiculement faibles d’épandage de pesticides près des habitations, nos organisations[1] sonnent l’alerte quant à l’aggravation actuelle de la situation avec des réductions supplémentaires inadmissibles en cette période de confinement. Nos ONG appellent à la mobilisation générale pour que les préfets interdisent les pulvérisations de pesticides près des habitations et que soient reportées sine die les consultations publiques autour des chartes « pesticides ».

Nombre d’organisations[2] et de riverains[3] ont souhaité attirer l’attention des autorités sur la situation particulièrement pénible actuellement vécue par de nombreuses personnes confinées à leur domicile – comme l’ensemble de la population française – et qui doivent subir les dérives de pesticides pulvérisés à très faible distance de leurs domiciles. Alors que les analyses réalisées sur les productions de l’agriculture conventionnelle[4] confirment régulièrement la présence de pesticides potentiellement dangereux, ces décisions conduisent à augmenter encore l’exposition des riverains à des produits toxiques, et à durcir les conditions de leur confinement. Alors qu’il serait justifié, dans de telles circonstances sanitaires, d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées, l’instruction du 3 février dernier relayée par certains préfets sous forme de dérogations rend possible l’inverse et permet de passer outre l’obligation faite dans la loi de respecter des zones sans traitement !

En outre, alors que des mesures d’éloignement devraient être prises, des chartes d’engagements – dites de bon voisinage- rendues obligatoires par la loi EGAlim et le décret du 27 décembre 2019, sont proposées actuellement à la consultation du public dans certains départements sans aucune homogénéité dans les démarches ce qui rend extrêmement compliqué – surtout en cette période – la possibilité pour la société civile de participer réellement à ces consultations publiques. Ainsi, d’après un questionnaire envoyé à son réseau, Générations Futures note que ces consultations ont débuté dans au moins 13 départements, que certaines vont prendre fin d’ici la fin du mois d’avril et d’autres fin mai, alors que certaines chambres d’agriculture, comme en Charente-Maritime, ont décidé de reporter ces consultations à juin. Au vu du contexte actuel, la période n’est pas propice à une consultation sereine et réellement démocratique des diverses parties prenantes. À la fois parce que les difficultés quotidiennes pèsent sur les Français mais également parce que toutes les conditions d’une réelle concertation ne sont pas réunies pour envisager une participation des riverains concernés.

Nous proposons donc à tous les citoyens et toutes les citoyennes d’interpeller dès aujourd’hui les préfets et préfètes[5] pour leur demander d’interdire les épandages de pesticides à proximité des habitations (et en tout état de cause de ne pas promulguer d’arrêtés préfectoraux permettant de déroger à ces zones de non traitement) et de demander aux utilisateurs de pesticides à l’initiative des consultations publiques sur les chartes de reporter ces dernières à une période ultérieure, en tout état de cause après la levée complète du confinement. Une fois ce report acté, il sera alors nécessaire de revoir la manière dont ces consultations sont proposées. A titre d’exemple, certaines consultations sont tellement orientées que les réponses apportées vont inévitablement biaiser le débat comme c’est le cas aujourd’hui en Gironde où des structures locales[6] ont préféré lancer une contre-consultation tant celle proposée par la chambre d’agriculture fausse le débat.

La période actuelle commande que les questions de santé publique deviennent de réelles priorités et que des mesures fortes soient prises en matière d’utilisation de pesticides, afin de protéger la santé et les conditions de vie des Français confinés en milieu rural. Le Gouvernement commettrait une grave erreur en se positionnant à contre-courant de cet impératif.

 Lien pour interpeller les préfets et préfètes 

[1] Alerte Médecins Pesticides, Alerte Pesticides haute Gironde, Attac, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, Collectif vigilance OGM et Pesticides 16, Eau & Rivières de Bretagne, Générations Futures, Greenpeace France, Justice Pesticides, Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique, MIRAMAP, Nature & Progrès, Syndicat National D’Apiculture, Terre & Humanisme, Union nationale d’apiculture française, UFC-Que Choisir, Union syndicale Solidaires, Victimes Pesticides Hauts de France, Wecf France

[2] A titre d’exemple Générations Futures a écrit fin mars sur ce point au Premier Ministre.

[3] Certains riverains et collectifs ont écrit à des préfets pour s’inquiéter de ces situations.

[4] Le test comparatif réalisé par l’UFC-Que Choisir en 2016 sur 150 lots de fruits et légumes conventionnels révélait la présence de pesticides dans 80 % des échantillons, dont certains contenaient des molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, d’être toxiques pour la reproduction et/ou d’être des cancérigènes possibles.

[5] Pour participer à cette interpellation en envoyant un mail à son préfet et/ou en faisant un tweet: https://shaketonpolitique.org/interpellations/prefet-pesticides-chartes-znt/

[6] Alerte Pesticides Haute Gironde et le relais local de Générations Futures