ARGUMENTAIRE CONTRE LES METHANISEURS à la mode gouvernementale !!!

ÉLÉMENTS D’ANALYSES SUR LA MÉTHANISATION

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La méthanisation, C’EST QUOI ?
La méthanisation est un processus de dégradation des matières organiques qui produit du gaz, lequel est transformable en électricité et en chaleur, les résidus appelés digestats, après avoir subi une séparation de phase se présentent sous forme liquide et solide et sont utilisés par les agriculteurs comme fertilisants
Ce processus, qui peut apparaître comme vertueux au premier abord n’est pas sans poser de nombreux problèmes pour peu que l’on étudie les impacts qu’il engendre au niveau environnemental (l’eau, le sol, l’air) et plus globalement ce qu’il signifie en matière agricole (concentration d’ateliers hors sol de plus en plus gros et transformation du métier d’agriculteur en pourvoyeur de matières organiques pour alimenter ces méthaniseurs)

Contexte
Le projet de 4 méthaniseurs implantés dans le Ségala (Espeyroux, Labathude, Gorses, Viazac) représente une capacité de traitement supérieure à celui de Gramat, 83500t qui vont générer 81500t de digestat brut, celui de Gramat a une capacité de près de 70000t, c’est, en rajoutant celui de Mayrac, en tout, près de 10000 ha d’épandage et on peut s’attendre à ce que d’autres projets voient le jour dans un futur proche ( extension d’un élevage d’engraissement bovin de 350 veaux à 800 veaux qui va produire 2000t de déjections), la procédure du « porté à connaissance » auprès de la Préfecture permet à un porteur de projet d’augmenter la capacité du méthaniseur sans aucune obligations préalables, le gouvernement prévoit de consacrer 30 % des énergies renouvelables à la méthanisation (5000 unités au niveau national), dans le Lot le plan Climat/énergie prévoit prochainement 10 unités suplémentaires.
L’éclatement de ce projet en 4 projets permet de faire l’impasse sur l’obligation d’une enquête publique ce qui fait qu’il n’y a pas d’étude d’impact et de danger, seulement une consultation publique
Ce projet subventionné à hauteur de 34 %, donc avec nos impôts, mais le citoyen qui finance ces projets n’a rien à dire, pas de débat public

Impact sur l’eau
Le Ségala est le château d’eau du Lot, il alimente 70 % des lotois en eau potable ( l’Ouysse, le Francès, le Drauzou, le Bervezou, la Bave et une multitude de sources) la majeure partie du Lot est classée en zone fortement vulnérable de par sa topographie et sa géologie (sols karstique sur le Causse, sols sableux et pentus dans le Ségala) ce qui a pour effet d’avoir une capacité d’épuration et de rétention de l’eau très réduite
Les travaux de scientifiques de renommée internationale tel que Claude et Lydia Bourguignon, Michel Bacalowickz, Guy Astruc pour ne citer qu’eux , font état d’un risque majeur pour la santé publique
L’hygiénisation préconisée pour les lisiers de canards et volailles (1h à 70°ne semble pas suffisant pour éradiquer tous les germes pathogènes, le stockage dans des poches pendant plusieurs mois, non brassées et exposées à la chaleur, va favoriser la multiplication des bactéries anaérobies, d’ailleurs, l’Ademe préconise une analyse avant chaque épandage ce qui paraît difficilement réalisable

Impact sur le sol
Les digestats liquides présentent un rapport C/N inférieur à 5( – de 3 en moyenne), or le guide d’épandage des effluents préconise de ne pas épandre ces digestats sur sol karstique dont la profondeur est inférieure à 20 cms, ce qui est le cas d’une grande partie du Causse ; Les sols peu profonds, sablonneux et pentus du Ségala favorisent le lessivage et ne permettent pas au sol de jouer son rôle d’épuration, (600ha d’épandage sur la seule commune de Gorses)
Nous ne sommes pas à l’abri d’une pollution accidentelle sur une poche de stockage(ex : Alvignac) le risque de retrouver très rapidement ce digestat dans les eaux souterraines ne peut pas être écarté, des analyses ont été effectuées suite à l’accident d’Alvignac : les prélèvements mettent en évidence la présence de métaux lourds et de perturbateurs endocriniens(D4)
Une mortalité anormale d’abeilles a également été observée en bordure de parcelles épandues, probablement victimes des émanations de gaz amoniac volatile et de gaz soufré, les vers de terre sont eux aussi victimes de ces épandages, un grand nombre vient mourir en surface, lorsque l’on sait que de 2t à l’hectare en 1950 on en compte à peu près 200 kg/ha aujourd’hui, on voit bien l’effet désastreux de la diminution des apports de compost sur les sols au profit des effluents liquides et des engrais minéraux riches en azote
Des spécialistes en archéologie et paléontologie( M.Lorblanchet, G.Delluc, J-Ch Castel) alertent sur le risque de dégradation du milieu souterrain et en particulier sur les risques d’infiltration et de ruissellement
sur les parois des grottes ornées, le Lot est un extraordinaire réservoir de gisements préhistoriques dont beaucoup reste à découvrir, est-ce que des considérations économiques peuvent prévaloir sur notre patrimoine culturel commun

Impact sur l’air
C’est évidemment la pollution la plus visible, chacun de nous a pu en faire l’expérience en passant à proximité de l’unité de méthanisation de Gramat, mais aussi près des lieux de stockage, (Lacapelle-marival par exemple), des personnes se sont endettées pour construire leur maison et se retrouvent aujourd’hui en plein désarroi à subir en permanence une odeur pestilentielle et la possibilité de vendre réduite à néant.
En ce qui concerne le stockage du gaz, les couvertures souples utilisées ne sont pas étanches, et à partir de 4 % de fuite le bilan carbone est négatif, le méthane ayant un impact sur l’effet de serre 25 fois supérieur au carbone.
Lorsqu’il n’y a pas de récupération de chaleur(ce qui est le cas des méthaniseurs du Ségala), 40 % de l’énergie produite part dans la nature, les subventions publiques attribuées servent uniquement à améliorer le revenu des porteurs de projet

Conclusion
En résumé, le principe de la méthanisation n’est pas à rejeter, mais il doit se limiter à son utilisation au niveau d’une exploitation ( production de gaz et de chaleur pour chauffer des bâtiments et des habitations) et il doit limiter au maximum les épandages de digestat liquide au profit du digestat solide, de ce fait, le principe d’élevage hors sol sans litière est à proscrire
Cette méthanisation industrielle ou semi- industrielle conforte le développement d’une agriculture industrielle et en est la suite logique avec son lot de nuisances olfactives, hydrologiques, sanitaires, et à terme la disparition des petits paysans dont la façon de produire en respectant la terre, l’eau et les animaux est largement plébiscité par une grande majorité de Français

 

Source Paul Cayrel : un récapitulatif de l’ensemble des problèmes liés à la méthanisation qu’elle soit industrielle (Gramat) ou semi-industrielle (projets du Ségala)

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UNE VICTOIRE DE PLUS CONTRE L’OBSCURANTISME DES LOBBIES PHYTOSANITAIRES —————————————————- 7 mars 2019

 Cette décision intervient aussi après des années de lutte citoyenne avec l’appui de nombreux mouvements et associations : Faucheurs Volontaires, Confédération Paysanne, Générations Futures etc..

Cette victoire doit être partagée et non accaparée par les seuls eurodéputés verts !!

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Glyphosate : la justice européenne défend le droit d’accès à l’information

(source Le Monde avec AFP / 07 mars 2019)

le Tribunal de l’Union européenne a estimé que l’intérêt du public à accéder à l’information en matière d’environnement était supérieur à l’intérêt commercial et annule des décisions de l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), qui avait refusé la demande de députés européens d’accéder à une partie des études non publiées sur les risques de cancer liés au glyphosate.

 

Dans un communiqué, le tribunal explique :

« La divulgation des informations qui ont trait à des émissions dans l’environnement […] est réputée présenter un intérêt public supérieur par rapport à l’intérêt tiré de la protection des intérêts commerciaux. »

Il précise que « l’intérêt du public à accéder aux informations relatives aux émissions dans l’environnement est de savoir non seulement ce qui est, ou sera de manière prévisible, rejeté dans l’environnement mais aussi de comprendre la manière dont l’environnement risque d’être affecté par les émissions en question ».

« Victoire historique »

L’eurodéputée des Verts Michèle Rivasi, à l’origine de la saisine du tribunal avec des collègues écologistes, a salué une « victoire historique ». « Si on n’avait rien fait, c’étaient les lobbies qui prenaient le pouvoir. Il faut que les lobbies respectent la réglementation et les politiques », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse (AFP). « Sur la confidentialité des documents, la cour de justice européenne nous donne gain de cause sur toute la ligne. Maintenant, quand les législateurs ou une agence donnent un avis scientifique, s’il n’y a pas accès aux documents, ils sont attaquables », a ajouté Mme Rivasi.

La décision peut être contestée dans un pourvoi, dans un délai de deux mois, soit par l’EFSA, soit par le groupe Monsanto qui s’est associé à l’agence européenne dans ce dossier, selon une source au Tribunal.

Le renouvellement de la licence de cet herbicide controversé dans l’UE avait donné lieu à une saga, avant d’obtenir un feu vert pour cinq ans. C’est l’une des substances les plus utilisées dans l’industrie phytosanitaire.

L’EFSA a estimé qu’il s’agissait d’une décision « importante ». L’arrêt du tribunal « fournit une orientation à l’EFSA et aux autres organismes chargés d’interpréter la législation de l’UE sur l’accès du public aux documents », a expliqué un porte-parole de l’agence basée à Parme (Italie).

Plus de transparence

De son côté, la Commission européenne a rappelé sa proposition pour plus de transparence dans l’évaluation des risques dans la chaîne alimentaire. Avec cette proposition, sur laquelle le Parlement européen et les Etats membres ont récemment trouvé un compromis qui doit encore être ratifié, « toutes les études scientifiques et information en lien avec les demandes d’évaluation scientifique à l’EFSA, vont, à l’avenir, être rendues publiques de façon proactive et automatique, tôt dans la procédure d’évaluation des risques, c’est-à-dire sans demande préalable », a expliqué une porte-parole.

Le classement par l’EFSA de la substance comme « probablement non cancérogène », qui avait ouvert la voie à sa réautorisation dans l’UE, avait alimenté la controverse quelques mois après l’avis contraire rendu par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Quatre eurodéputés verts, dont Mme Rivasi, avaient demandé en mai 2017 l’accès aux « parties relatives au matériel, conditions expérimentales et méthodes et aux résultats et analyse des études sur la cancérogénicité du glyphosate non publiées », des documents refusés par l’EFSA au nom de la protection des intérêts des entreprises qui avaient fourni des rapports d’études. Ils avaient saisi la justice de l’UE pour contester cette décision.

« En tant qu’industrie, nous nous sommes engagés volontairement, en 2018, à rendre publiques toutes les données relatives à la sécurité provenant d’études pour montrer que nous n’avons rien à cacher. Nous demeurons pleinement attachés à cet objectif », a réagi, de son côté, Graeme Taylor, porte-parole de l’association européenne de l’industrie phytosanitaire, l’ECPA.

 

Pesticides : La Réunion à l’aube d’un scandale sanitaire ?

arton16917-ac5bdPesticides : La Réunion à l’aube d’un scandale sanitaire ?

(source Reporterre le quotidien de l’écologie/ 8 mars 2019 / Fabrice Nicolino)

Depuis des décennies, explique l’auteur de cette tribune, l’île de La Réunion est le théâtre d’une pollution massive due aux pesticides de synthèse. L’utilisation par dérogation de produits interdits ailleurs rappelle le tragique précédent du chlordécone aux Antilles.

Fabrice Nicolino est journaliste spécialiste des questions d’écologie et collaborateur de Reporterre. Il préside l’association Nous voulons des coquelicots, qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

Laissez-moi vous dire deux mots : j’aime La Réunion. Je suis allé deux fois sur votre île, et j’y ai aimé ses peuples, ses mélanges, ses défilés et cérémonies, ses paysages inouïs. J’ai aimé l’océan, pourtant si rude, les grands cirques bien sûr, la profusion végétale des pentes, les femmes, les hommes et les enfants rencontrés. Si je vous raconte cela, c’est parce que je me sens lié à vous tous, même à 9.500 kilomètres de l’île.

Je veux vous parler des poisons qui endommagent pour des dizaines ou des centaines d’années les sols, et la santé des habitants, qu’ils soient hommes, bêtes ou plantes. Je parle bien entendu des pesticides de synthèse chimique.

Voyez-vous, j’ai suivi il y a déjà près de quinze ans l’affaire du chlordécone, aux Antilles. L’histoire est presque incroyable, car les autorités ont accepté l’usage dans les bananeraies d’un insecticide pourtant interdit aux États-Unis. La chronologie compte. En 1974 commence un scandale sanitaire dont on parlera dans le monde entier. Dans l’usine étasunienne qui fabrique le chlordécone, à Hopeville, des dizaines de travailleurs sont atteints de troubles neurologiques graves. On apprend ensuite que toute la région, via la James River, où l’on a jeté des milliers de tonnes de déchets souillés, est gravement contaminée. D’où l’interdiction prononcée en 1976.

La canne à sucre, constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents 

Mais aux Antilles françaises, quatre ministres de l’Agriculture successifs accordent à partir de 1981 une effarante autorisation de mise sur le marché (AMM), suivie de dérogations qui se poursuivront jusqu’en 1993. Le bilan, en cette année 2019, est atroce : très stable chimiquement, le chlordécone est présent dans les sols pour des centaines — centaines ! — d’années. Et la Martinique détient le record du monde du nombre de cancers de la prostate.

Moi, je suis sûr qu’il se passe quelque chose de grave à La Réunion. Certains pesticides interdits dans l’Union européenne sont épandus chez vous, comme l’attestent des déclarations officielles. Et que dire de la canne à sucre — près de 60 % de la surface agricole utile de l’île —, constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents ? Parmi eux, le célèbre Roundup, plus toxique encore que sa principale matière active, le glyphosate. Ou encore l’asulox, retiré du marché européen depuis 2012, mais qui continue à obtenir des dérogations annuelles par le ministère de l’Agriculture sous pression des planteurs de canne. Et ce dicamba, objet de milliers de plaintes de paysans aux États-Unis ?

Pour savoir ce qui se passe vraiment à La Réunion, il faudrait commencer par chercher. La seule certitude, c’est que les eaux de l’île sont gravement polluées. Les derniers rapports officiels montrent la présence de dizaines de pesticides dans la plupart des eaux de surface ou souterraines. Et parmi eux, des molécules pourtant interdites, comme le métolachlore ou l’atrazine déséthyl, métabolite de l’atrazine.

On a cassé le thermomètre, et dès lors, personne ne peut dire quelle est la contamination réelle 

Que font nos responsables ?À peu près rien, ce qui donne une idée de la puissance des lobbies. Dans le journal en ligne Zinfos974, je lis ces mots tout de même sidérants : « “Il n’y a pas d’analyse de contamination du sol par les phytosanitaire”, nous précise la chambre d’agriculture. » De son côté, l’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) admet sans hésiter : « Pour l’instant, nous ne réalisons pas de surveillance de pesticides dans l’air. » Faute de moyens. Quant à l’Agence régionale de santé (ARS), elle s’estime incompétente pour parler de la question.

La réalité est simple : on a cassé le thermomètre, et dès lors, personne ne peut dire quelle est la contamination réelle de cette île chère à mon cœur. Compte tenu des quantités énormes de pesticides épandus — les classements régionaux placent La Réunion au premier rang —, il est certain que la situation est grave. Je ne saurais vous donner un conseil, car ce serait trop simple pour moi, à l’abri de mon bureau parisien. Mais un avis, oui. L’avis d’un ami à d’autres amis lointains : c’est l’heure. C’est le moment ou jamais de soulever le couvercle du mépris, et de se lever en masse. Pacifiquement, mais sans reculer. On ne peut plus attendre. De cela, je suis profondément convaincu. Et bien sûr, je m’engage aussi. Je serai à vos côtés dans tous les combats qui s’annoncent et en particulier celui porté par le manifeste d’Oasis Réunion, très ambitieux mais aussi tellement réaliste. Vive la vie ! Vive la beauté du monde !

Des députés ont pissés à Paris ou la Campagne Glyphosate a bien démarrée..

Ce matin, les députés volontaires ce sont joints au premier prélèvement de la Campagne glyphosate Paris dans la salle Les Canaux, Maison des économies solidaires et innovantes. Parmi eux, Bénédicte Taurine, Loïc Prud’homme, Mathilde Panot, Stella Dupont, Delphine Batho, Martine Wonner, François-Michel Lambert, Michel Larive.

La campagne glyphosate réclame l’interdiction de la molécule de glyphosate comme de tous les pesticides de synthèse et somme le gouvernement de mettre en place immédiatement des mesures de transition vers une agriculture écologique.

Vendredi 8 mars 21h cinéma Atmosphère à Capdenac En avant-première : Le Grain et l’Ivraie de Fernando Solanas

le lien pour la bande-annonce /

https://www.facebook.com/CinemaEtHumanisme/videos/2309813085971049/UzpfSTE2MDkzNzY3ODI1NDA5NTI6MTY5NzcwOTM0MDM3NDM2Mg/

Vendredi 8 mars 21h cinéma Atmosphère à Capdenac 4, €
En avant-première : Le Grain et l’Ivraie de Fernando Solanas + débat + programme de la Fête des Faucheurs + stands + boire un verre !


Tout ce qu’il nous faut savoir sur l’agro-chimico-industrie et que les multinationales et les décisionnaires complices nous ont toujours caché ! Un film, pour autant, magnifique, réalisé de main de maître, tellement humain, vraiment humaniste et à la compréhension facile pour toutes et tous…
Une soirée à ne manquer sous aucun prétexte !…
Vigilance OGM 46 (VO46), association reconnu d’intérêt général, propose en avant-première et en partenariat avec les cinémas du Grand-Figeac, un film documentaire exceptionnel Le Grain et L’Ivraie du cinéaste argentin Fernando Ezequiel Solanas, alias Pino Solanas. Le film sera suivi d’un débat animé par Yves Vier, médecin généraliste, membre de VO46, qui alerte sur les pesticides et de membres de notre association. Nous présenterons aussi le programme de la 7ème Fête des Faucheurs qui se déroulera les 5, 6 et 7 avril à Assier ! Les cinémas du Grand-Figeac offriront un pot en fin de soirée.
Titre original : Viaje a los Pueblos Fumigados, projeté à la salle Atmosphère à Capdenac-Gare en VOSTF / 1h37′ / Tarif unique 4, €


Stands VO46, Faucheurs Volontaires et « Campagne glypho » : Campagne nationale de recherche du glyphosate dans les urines, qui aboutira à une plainte groupée au pôle santé du tribunal de grande instance à Paris. Vous pourrez vous inscrire, connaître votre taux de glyphosate et porter plainte…

Le film : Il s’ouvre sur une série d’images saisissantes : dans la province de Salta, dans le nord de l’Argentine, des forêts séculaires sont défrichées pour faire place à d’immenses plantations de soja. Les agriculteurs indigènes sont chassés de leurs villages. Des herbicides sont pulvérisés en quantité et les maladies se propagent. C’est le point de départ de cette investigation sur les crimes environnementaux commis par l’agriculture industrielle.
L’Argentine est devenu le pays de la viande aux hormones et de la monoculture. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, le cinéaste et sénateur « Pino » Solanas a constaté les dégâts de l’agro industrie : cancers, malformations, stérilité des terres et pollution des eaux, expropriations des indigènes et des petits propriétaires, destruction de la biodiversité, corruption des multinationales et monoculture de masse. Rien n’endiguera les méfaits d’un état financé par le Soja roi ? C’est sans compter sur un infatigable réalisateur activiste de 83 ans et les milliers d’acteurs des filières alternatives qui se battent pour que les choses changent.
Dans ce documentaire, le militant argentin de la première heure Fernando Solanas voyage, caméra au poing, à travers sept provinces argentines à la rencontre des populations locales, d’agriculteurs et de chercheurs qui racontent les conséquences sociales et environnementales du modèle agricole argentin : agriculture transgénique et utilisation intensive des agrotoxines (glyphosate, épandages, fumigations) qui ont provoqué l’exode rural, la déforestation, la destruction des sols, mais aussi la multiplication des cas de cancers et de malformations à la naissance.
Le récit de Fernando Solanas évoque aussi l’alternative d’une agriculture écologique et démontre qu’il est possible de produire de manière saine et rentable des aliments pour tous, sans pesticides, pour reconquérir et préserver nos milieux naturels.

Le réalisateur : Pino Solanas est né en 1936 à Buenos Aires, en Argentine. Il a été primé dans les plus grands festivals européens (Grand Prix à Venise, Prix de la mise en scène à Cannes, Ours d’or d’honneur à Berlin) et a reçu deux Grand Coraux à La Havane.
A la fin des années 1960, il est l’un des fondateurs et théoriciens du groupe argentin Cine Liberación, qui s’inscrit dans un mouvement à échelle continentale – celle de l’Amérique latine – appelant à un « troisième cinéma », qui ne soit pas une prolongation du cinéma européen ni hollywoodien. En 1968, il co-réalise clandestinement avec Octavio Getino le documentaire L’Heure des Brasiers, manifeste esthétique et politique du mouvement. Ce film majeur, anti- néocolonialiste, péroniste et activiste, est interdit jusqu’à la fin de la dictature de la révolution argentine en 1973. Il est aujourd’hui considéré comme un grand classique du documentaire.
Il laisse un témoignage de son exil à Paris pendant la dictature militaire (1976-1983) dans Tangos, l’exil de Gardel (1985), récompensé à Venise et aux César. Suivront deux drames remarqués, Le Sud en 1988 et Le Voyage en 1992, tous deux primés à Cannes.
Il siège comme député du parti de centre-gauche Frepaso (Front pour un pays solidaire) entre 1993 et 1997. Il participe ensuite aux élections présidentielles argentine de 2007, à la tête du mouvement Proyexto Sur (en), contre Cristina Kirchner dont il critique « la politique économique libérale ». Il est sénateur depuis 2013.
Dans les années 2000, Solanas réalise une série de documentaires sur la crise économique argentine, les échecs et les possibilités de son pays : Mémoire d’un saccage, La Dignité du peuple, Argentina latente, La próxima estación. En 2018, il revient au festival de Cannes présenter une copie restaurée de L’Heure des Brasiers. Le Grain et l’Ivraie est son 22ème film.

Vigilance OGM 46 (VO46) : Maison Paysanne, place de la Halle 46320 Assier / vo46@riseup.net / blog : https://vo46.wordpress.com/
VO46 organise aussi la 7ème Fête des Faucheurs les 5, 6 et 7 avril 2019 à Assier !

Gramat Methaniseur !!

revue de presse

Dans le Lot, les craintes d’« une catastrophe écologique » liée à l’épandage de digestat

Présenté comme un « fertilisant vert » obtenu à partir de déchets agro-industriels, le résidu de la méthanisation, qui contient des métaux lourds, pourrait se révéler à risque en milieu calcaire.

(Source Le Monde /Par Stéphane Mandard Publié le 29 janvier )

Le méthaniseur de Gramat (Lot), installation classée à risque pour l’environnement, est autorisé à traiter jusqu’à 57 000 tonnes de déchets par an.

Son voisin avait eu la délicatesse de le prévenir : « Ne soyez pas surpris si des ouvriers débarquent en scaphandre pour épandre dans mon champ. » Alors, au départ, il ne s’est pas préoccupé de la forte odeur. Jusqu’à ce que ses abeilles meurent par milliers. Il les a photographiées, filmées, pesées : 2 kilos de cadavres. « La ruche la plus populeuse a été quasiment intégralement décimée », confie cet apiculteur, qui préfère garder l’anonymat par peur des représailles. Dans ce coin tranquille du Lot, au cœur du parc naturel des Causses du Quercy, tout le monde se connaît. Et peu se risquent à émettre publiquement des doutes sur le nouvel « or vert » de la région, la méthanisation, et son corollaire, le digestat.

A Gramat, 3 500 habitants, un imposant méthaniseur tourne à plein régime depuis un an. Il produit du méthane, transformé en électricité et en chaleur, à partir de la dégradation de divers déchets agro-industriels. Lisiers de canards issus de la grosse coopérative agricole voisine La Quercynoise (5 000 agriculteurs et collaborateurs). Mais aussi des restes d’abattoirs. Mais encore des graisses alimentaires, des rebuts de fabrication de plats préparés…

D’une capacité initiale de 38 tonnes d’intrants, le « digesteur » de Gramat, installation classée à risque pour l’environnement,est aujourd’hui autorisé à traiter jusqu’à 57 000 tonnes de déchets par an. Le digestat est le résidu du processus de méthanisation. En 2018, le méthaniseur de Gramat a recraché près de 44 000 tonnes de digestat brut liquide. Cette sorte de boue est ensuite épandue sur les parcelles des agriculteurs de la coopérative. 2 000 hectares ont été aspergés en 2018 et 4 500 hectares sont, à terme, concernés.

« Vers de terre décomposés »

Détenue à 66 % par Fonroche (premier constructeur de méthaniseurs) et La Quercynoise, Bioquercy, la société qui exploite l’unité de Gramat, présente son digestat, particulièrement riche en azote, comme « un fertilisant vert, peu odorant, en substitution aux engrais chimiques »

(La suite de l’article du Monde est disponible aux abonnés dont ne fait pas partie VO46)

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Pollution des sols : dans le Lot, l’usine de méthanisation qui inquiète

(source LCI / Matthieu Jublin 30 janvier 2019)

ENVIRONNEMENT – La méthanisation, en plein développement en France, permet de transformer les déchets organique en biogaz, tout en produisant du digestat, qui sert de fertilisant aux cultures. Mais la technique n’est pas sans risque, comme le montrent les inquiétudes autour d’un gros site installé dans le Lot en 2018.

30 janv. 2019 18:48 – Matthieu Jublin

La méthanisation, sur le papier, c’est du gagnant-gagnant : valorisation des déchets organiques, production locale d’énergie et de fertilisant renouvelables, compléments de revenus pour les agriculteurs… Mais cette technique qui connaît un développement sans précédent en France doit être maîtrisée pour ne pas polluer l’environnement. Illustration dans le Lot, où l’installation d’un gros méthaniseur industriel a provoqué de nombreuses critiques chez les riverains et les scientifiques.

La méthanisation, c’est quoi ?

La méthanisation est une technique qui consiste à valoriser les déchets organiques, en les transformant en partie en méthane. Cette technique est basée sur un processus biologique qui survient en l’absence d’oxygène, contrairement au compostage, qui est une technique de valorisation à l’air libre.

La méthanisation permet donc, à travers la dégradation de de déchets organiques, de produire deux choses : du biogaz, composé d’environ 50% à 70% de méthane (CH4) et 20% à 50% de gaz carbonique (CO2), ainsi que du « digestat », un produit humide, riche en matière organique, qui sert de fertilisant pour les sols, après éventuellement une phase de compostage.

Le cycle de la méthanisation et toutes les utilisations possibles de ses produits sont illustrés dans ce visuel du ministère de l’Environnement.

De quoi est accusé le site de méthanisation dans le Lot ?

Avec 646 unités au 30 juin 2018, contre environ 400 fin 2017, la filière méthanisation est en forte progression en France depuis quelques années, et commence à rattraper les nombreux pays européens qui utilisent cette technique depuis plus longtemps. Parmi ces sites de méthanisation ouverts en 2018 se trouve celui de Bioquercy à Gramat, une commune du Lot. Ce méthaniseur traite jusqu’à 57.000 tonnes de déchets par an, rapporte Le Monde, ce qui le fait entrer dans la catégorie des poids lourds.

Le département compte par ailleurs un autre méthaniseur semi industriel qui traite 15.000 tonnes de déchets par an, tandis que quatre autres de taille semblable sont en projet, précisait l’ancien ingénieur Jean-Louis Lasserre, dans une tribune publiée dans dans Reporterre en juillet. Ce dernier critique les techniques mises en oeuvre dans le site de Bioquercy, qui menacent selon lui l’eau et la faune locale. Il affirme que le digestat utilisé comme fertilisant après le processus de méthanisation se présente sous une forme brute et liquide, qui est « la forme la moins élaborée, la moins coûteuse et la plus impactante pour les sols très peu épais sur les calcaires du causse ».

Ce digestat est « partiellement ‘hygiénisé’, c’est-à-dire qu’il n’est pas dénué de tout germe pathogène agressif (kystes de parasites, Bacillus cereus et clostridies), de virus émergent, ni de résidu d’antibiotiques », poursuit-il, ajoutant que le digestat « est très sensible au ruissellement ». Avec Liliane Réveillac, Jean-Louis Lasserre évoque dans Le Monde une « catastrophe écologique pour les sols karstiques très fissurés de notre région », causée par ce digestat qui « s’infiltre facilement et va polluer les eaux souterraines et contaminer nos captages d’eau potable, déjà régulièrement souillés par les effluents de l’agriculture intensive. »

Qui a tué les abeilles et les vers de terre ?

Pour Jean-Louis Lasserre, la seule solution viable pour les sols calcaires très fissurés de cette région du Lot serait l’épandage sous forme de compost. Avec Liliane Réveillac, il sont membres du Collectif scientifique national sur la méthanisation (CSNM), récemment formé en opposition au projet. Le collectif a été reçu lundi 28 janvier au ministère de la Transition écologique, indique Le Monde, qui avait déjà publié en avril une tribune de plusieurs préhistoriens et paléontologues qui alertaient sur les conséquences des épandages de digestat sur les sites archéologiques de la zone.

Dans cette querelle qui a désormais largement dépassé les frontières du Lot, chacun avance ses arguments. Les opposants signalent des extinctions massives d’abeilles chez un apiculteur voisin, et une hécatombe parmi les vers de terre vivant sur une parcelle fertilisée avec le digestat de Bioquercy. Le CSNM affirme également avoir fait analyser le digestat par un laboratoire, mettant en évidence « la présence de plusieurs métaux lourds en grande quantité et aussi des siloxanes, dont le D4,(reprotoxique, considéré comme perturbateur endocrinien) ». 

Bioquercy a rétorqué en publiant sur son site internet des relevés d’analyses de son digestat ne mesurant aucune trace de siloxanes et des métaux lourds en quantité « conforme » à la réglementation (plomb, chrome, mercure, cuivre, nickel, zinc). Dans Le Monde, le directeur de l’activité biogaz chez Fonroche (le premier constructeur de méthaniseurs, co-propriétaire du site de Bioquercy) affirme par ailleurs connaître « un apiculteur qui épand du digestat et [qui] n’a strictement aucun souci ».

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Lot : les habitants d’un village vivent dans la puanteur à cause d’une usine de méthanisation

(source La Dépêche / Publié le 06/02/2019)

Depuis novembre 2017, les voisins d’une usine de méthanisation vivent dans la puanteur lorsqu’ils se trouvent sous le vent . Un apiculteur soupçonne même qu’un des produits fabriqués a tué ses abeilles.

Depuis plus d’un an, les habitants de Gramat vivent un enfer quotidien. Une odeur  pestillentielle envahit jour et nuit une partie de cette commune de 3 500 habitants, située au cœur du parc naturel des Causses du Quercy, à quelques kilomètres de Rocamadour. « Cela nous empêche de vivre normalement. L’atmosphère est tellement désagréable, qu’il m’est arrivé de quitter mon domicile certaines nuits. Je roule pendant des dizaines de bornes, jusqu’à ce que l’air soit pur », témoigne un habitant asthmatique installé à moins d’un kilomètre de l’entreprise Bioquercy.
Cette société spécialisée dans la méthanisation a lancé son activité en novembre 2017. Bioquercy, c’est son nom, récupère des déchets agro-industriels, des restes d’abattoirs (viscères etc.), de fabrication de plats préparés, mais surtout du lisier de canards issus de la coopérative voisine La Quercinoise. Ensuite, elle les transforme en biogaz, un produit  exploité pour produire de l’énergie électrique et de la chaleur.  

Emmanuel Macron renonce à sa promesse d’interdire le glyphosate en 2021

L’avenir que nous promet Mr Macron !!

Notre président préfère flatter la FNSEA en perdant ainsi toute crédibilité face aux français, il s’était engagé personnellement pour la sortie du glyphosate…. Son argument et choix est clair continuez à empoisonner les français plutôt « que tuer les filières !! « 

Il n’a rien fait avant pour essayer de tenir cette promesse si ce n’est un site gouvernemental qui n’est qu’une coquille vide pour soi-disant aider les agriculteurs à sortir du glyphosate!

(source  CNEWS 24 janvier))

Emmanuel Macron sur l’interdiction totale du glyphosate d’ici 3 ans : « Si je le fais (…), je tue complètement certaines filières »

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Emmanuel Macron renonce à sa promesse d’interdire le glyphosate en 2021

(source Le Monde/Rémi Barroux Publié le 25 janvier 2019 )

En affirmant, jeudi, que l’objectif de sortie d’ici à trois ans n’était « pas faisable », le chef de l’Etat a fait un geste en direction de la FNSEA.

En quelques mots prononcés lors d’un débat citoyen auquel il s’était invité, Emmanuel Macron a rouvert le délicat dossier de l’interdiction du glyphosate. Jeudi 24 janvier, en fin de journée, à Bourg-de-Péage (Drôme), le président de la République a déclaré que la France ne parviendrait pas à se passer totalement de cet herbicide controversé d’ici trois ans, un engagement qu’il avait pris personnellement.

« Je sais qu’il y en a qui voudraient qu’on interdise tout du jour au lendemain. Je vous dis : un, pas faisable, et ça tuerait notre agriculture. Et même en trois ans on ne fera pas 100 %, on n’y arrivera, je pense, pas », a-t-il déclaré, tout en encourageant les « productions alternatives » pour ne plus utiliser cet herbicide. Répondant à l’interrogation d’un apiculteur qui évoquait la mort de ses abeilles, M. Macron a rappelé que la France s’était battue pour que l’homologation de cet herbicide, commercialisé en particulier par la firme Monsanto avec le Roundup, ne soit renouvelée que pour cinq ans, quand l’Union européenne en proposait quinze. Indiquant que certains « ne voulaient pas bouger du tout », le chef de l’Etat a rappelé qu’un « contrat de confiance » allait être signé et qu’il fallait « aider ceux qui bougent ». « Il a été montré qu’il y avait des doutes. Il n’y a aucun rapport indépendant ou pas indépendant qui a montré que c’était mortel », a-t-il aussi déclaré.

Alors que cette substance avait été jugée « probablement » cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en juillet 2015, l’OMS et la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) concluaient, un an plus tard : « Le glyphosate est peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme à travers le régime alimentaire. »

Avec ces déclarations, Emmanuel Macron fait un geste en direction de ceux qui critiquaient la future interdiction de l’herbicide – la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) en particulier. Profitant de la crise des « gilets jaunes », le principal syndicat agricole avait dénoncé, le 23 novembre 2018, « l’agribashing ». Dans un communiqué commun avec les Jeunes Agriculteurs, la FNSEA avait alors remis en question « l’augmentation de la redevance pollution diffuse, les charges supplémentaires induites par la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires, les interdictions de produits de traitements sans solutions ni alternatives »

French farmer Nicolas Denieul sprays glyphosate herbicide produced by US agrochemical giant Monsanto on May 11, 2018, on a field of no-till corn in Piace, northwestern France. – Using a 10-year old conservation farming practice, French farmer Nicolas Denieul has reduced the use of glyphosate to half a litre instead of one litre per hectare and per year. (Photo by Jean-Francois MONIER / AFP)

« Renoncement »

C’est « le “L’environnement, ça commence à bien faire” d’Emmanuel Macron », a commenté sur Twitter l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, en référence à la phrase prononcée par l’ancien président Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture en 2011, remettant en cause les objectifs de réduction de consommation des pesticides décidés lors du Grenelle de l’environnement.

En 2018, le débat parlementaire autour du glyphosate, dans le cadre de la discussion de la loi agriculture et alimentation, avait été tendu. Certains députés, y compris LRM, comme Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), s’étaient battus, en vain, pour que l’objectif de l’interdiction du glyphosate soit inscrit dans la loi. Le gouvernement et sa majorité parlementaire avaient rejeté l’amendement, arguant que l’objectif de sortie d’ici à 2021, affirmé par le chef de l’Etat, était clair et qu’il n’était nul besoin de l’inscrire dans un texte.

La possibilité que cet engagement ne soit finalement pas respecté est un « renoncement », a réagi l’association de défense de l’environnement Générations Futures dans un communiqué publié dans la soirée : « Après le refus de l’interdiction dans la loi, cette déclaration sonne comme un renoncement à un réel objectif de sortie du glyphosate qui n’est pas acceptable. »

« Un rapport de l’INRA, en novembre 2017, indiquait que des alternatives au glyphosate existent déjà pour 90 % des surfaces agricoles. Dans ces conditions, il est bizarre d’affirmer, trois ans avant l’objectif, qu’on ne pourra pas l’atteindre », explique François Veillerette, le directeur de l’association.

Les propos d’Emmanuel Macron sont d’autant plus incompréhensibles, selon lui, que le tribunal administratif de Lyon vient d’annuler, le 15 janvier, en application du principe de précaution, la décision d’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, prise en mars 2017 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). « Le président de la République doit revenir sur ses déclarations et réaffirmer l’importance de l’objectif de sortie du glyphosate », conclut M. Veillerette.

Méthanisation : un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux

24 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Méthanisation : un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux

Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre. Voici le deuxième volet de notre enquête sur ce mode de production d’énergie.Cet article est le deuxième des trois de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Il suit « La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs »

  • Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance

En 2014, lorsque son méthaniseur est entré en fonctionnement, l’éleveur Stéphane Bodiguel a révolutionné sa pratique. Il élève des vaches laitières, des allaitantes, il fait aussi de l’engraissement et des céréales à Sixt-sur-Aff, dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. « J’ai repris la ferme de mes parents avec mon frère, mais je n’ai jamais eu la passion pour les animaux, encore moins du lait. À 300 euros la tonne, on est en dessous du prix de revient, c’était intenable. » C’est un reportage sur la méthanisation en Allemagne qui lui a donné l’envie de se lancer. Après cinq ans de réflexion, il a installé un méthaniseur sur sa ferme, et récemment un nouveau moteur pour atteindre une puissance de 610 kW. Autant dire un gros méthaniseur, qui ingurgite pas moins de 30 tonnes de matières par jour. La moyenne des méthaniseurs à la ferme en Bretagne tourne autour des 100, 150 kW. Comme dans toute exploitation équipée de ce système de production de gaz, le décor change. La première chose qui saute aux yeux est le stockage des matières à injecter dans le méthaniseur, aussi appelé « digesteur ». À droite, une montagne de fumier, à gauche un tas de marc de pommes, ici des graisses issues de l’agroalimentaire. Étonnamment, ces tas de déchets ne dégagent pas d’odeur gênante. Vient ensuite le dôme, le couvercle de cette marmite géante qu’est le digesteur. Stéphane Bodiguel n’en a qu’un ; mais, au nord de Rennes, l’éleveur François Trubert en a deux. « J’ai un digesteur et un post-digesteur. Cela permet d’avoir une fermentation plus longue et d’obtenir un digestat de meilleure quaité », explique ce dernier.

En regardant par le hublot de la grosse marmite, on a l’impression de voir un énorme pot-au-feu en train de mijoter, avec de grosses bulles qui explosent à la surface de la mixture. À la différence que l’on ne salive pas devant ce spectacle.

« Consommé par le sol, le digestat s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques » 

À la sortie du digesteur, il y a, d’un côté, le gaz et la chaleur et, de l’autre, le digestat. Celui-là sera épandu dans les champs comme engrais, ce qu’il est en théorie.« Le digesteur est un bain de bactéries, dit Marie-Pascale Deleume, membre du groupe méthanisation d’Eaux et rivières de Bretagne. Baignant à 40 °C, elles s’y développent et peuvent même devenir résistantes. » Cela inclut les bactéries, spores, parasites mais aussi les résidus médicamenteux administrés aux élevages. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré en 2016 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea). Une méthanisation à 40 °C

« Lorsque le digestat bourré de pathogène est épandu, il est consommé par le sol puis s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques », explique Marie-Pascale Deleume. « Dans les zones karstiques comme sur les pentes des causses, l’infiltration est très rapide et va directement dans les nappes phréatiques, où nous pompons notre eau potable », dit Michel Bakalowicz, hydrologue et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à la retraite, membre du Conseil scientifique national pour une méthanisation raisonné (CNSM). « Une infiltration rapide signifie qu’il n’y a pas de filtration du sol ni de dilution possible. » Une eau polluée pourra être traitée en station de potabilisation avant d’arriver dans nos robinets, mais tout dépend de la technologie de la station près de chez soi. « Un traitement au chlore, comme c’est le cas dans le Lot, ne suffit pas à débarrasser l’eau de ces pathogènes », assure Liliane Reveillac, radiologue et membre du CSNM. 

« Consommer de l’eau bourrée de pathogènes » 

L’enjeu de la qualité des eaux de surface et souterraines est crucial en France. Car plus la qualité de l’eau est dégradée, plus il est onéreux de la rendre potable. Mais encore faut-il avoir les indicateurs et capteurs pour mesurer l’intensité et la nature de la pollution, et la technologie pour la traiter. Sans parler des conséquences sur la faune et la flore entre l’infiltration et notre robinet.« Il faut bien comprendre que consommer de l’eau bourrée de pathogènes développe l’antibiorésistance de nos bactéries, dit Liliane Reveillac, bactéries que nous rejetons dans nos urines. Elles vont se mêler aux bactéries présentes dans les cours d’eau et la mer, qui elles-mêmes vont développer leur capacité d’antibiorésistance. » La résistance accrue des bactéries est liée à de nombreux facteurs, comme la surconsommation médicamenteuse, dont celles des antibiotiques. Les scientifiques du CSNM craignent que la méthanisation, indirectement, participe à ce phénomène.

Le problème de l’infiltration et de la difficulté des sols à digérer ce nouveau type d’engrais tient en bonne partie à la composition du digestat lui-même. L’hydrologue Michel Bakalowicz est un spécialiste des eaux souterraines en zone calcaire. « L’azote présent dans le digestat est minéralisé, c’est-à-dire qu’il contient peu de carbone », dit-il. « Sans ce carbone, le sol et les plantes ont du mal à l’assimiler. Il va donc s’accumuler. Ensuite, certains coins de France, comme le Lot ou la Normandie ont des sols karstiques. Ce sont des sols calcaires à structure de gruyère. En cas de forte pluie, l’infiltration vers les nappes phréatiques est très rapide. Il y a donc un risque de pollution. »

Émission de gaz à très grand effet de serre 

« Si leur méthaniseur leur pète à la figure, ils seront mal ! » Daniel Chateigner, physicien, n’y va pas avec le dos de la cuillère. De fait, l’implantation d’un méthaniseur relève du régime des ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). En cas d’accident, les conséquences pourraient être rudes. Mais la réglementation a été assouplie en juin 2018. Si le méthaniseur consomme moins de 100 tonnes de matières par jour, un enregistrement auprès de la préfecture suffit. Au-delà, le régime de l’autorisation implique une enquête publique d’un mois pour recueillir l’avis du public. Mais, dans la mesure où un gros méthaniseur de 610 kW consomme 30 tonnes par jour, peu de projets sont désormais concernés par l’enquête publique.

Le physicien explique que la méthanisation est réputée vertueuse pour sa faible émission de gaz à effet de serre, « mais c’est faux ». « Déjà, lorsque les bâches qui couvrent les digesteurs se détériorent, vous avez une fuite de méthane. » Un vrai problème, car le méthane a un potentiel de réchauffement 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Une étude de l’Irstea est en cours pour détecter et évaluer ces fuites. Elles sont pour le moment évaluées entre 0 et 10 %, mais la faiblesse des données disponibles rend pour le moment l’évaluation délicate. L’Irstea précise : « Si le bilan positif de la méthanisation fait peu de doute du point de vue environnemental, le bénéfice peut cependant s’annuler dès lors que les fuites de méthane atteignent 10 %. »

Mais ce qui préoccupe le plus Daniel Chateigner, c’est le protoxyde d’azote. « Le digestat est très volatil, l’ammoniac se disperse très facilement dans l’air. A son contact, il s’oxyde et va développer du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2. » À cela s’ajoute, l’apparition de l’oxyde d’azote, un polluant pris en compte dans les mesures actuelles de la pollution de l’air. Mais aussi, le développement de particules fines.

Pour éviter ces problèmes dus à la volatilité du digestat, certaines mesures sont déjà en vigueur. « Nous recommandons de couvrir les fosses de stockage de digestat, explique Hervé Gorius, conseiller technique la chambre d’agriculture de Bretagne, et d’utiliser des pendillards pour épandre le digestat sur les terres au ras du sol, et éviter ainsi une dispersion. » Des mesures que les chercheurs du CSNM jugent insuffisantes.

https://reporterre.net/methanisation-un-digestat-bien-indigeste-pour-les-sols-et-les-eaux

  • Nous publierons demain le troisième et dernier volet de notre enquête.

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Après « Envoyé spécial » sur le glyphosate … attaque des lobbies sur les réseaux sociaux

Face à ces lobbies criminels, car ils le sont, la rédaction d’Envoyé spécial démonte point par point les mensonges de ces empoisonneurs dans leur opération d’intox sur les réseaux sociaux. Un grand bravo et surtout on reste mobilisés.

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source Rédaction Envoyé Spécial

La rédaction d' »Envoyé spécial »France 2France Télévisions  publié le 22/01/2019 | 07:01

« Envoyé spécial » sur le glyphosate : nos réponses aux intox qui circulent sur les réseaux sociaux

Alors que de nombreuses intox ont été publiées sur les réseaux sociaux après la diffusion du numéro spécial du magazine au sujet du glyphosate, la rédaction répond point par point aux principales rumeurs.

Le glyphosate a fait la Une de l’actualité ces derniers jours : retrait du Roundup Pro 360 par la justice, nouvelles révélations sur le plagiat de Monsanto par les autorités sanitaires européennes… Dans ce contexte, notre émission spéciale sur le glyphosate a provoqué de nombreuses réactions : un record d’audience (2,8 millions de téléspectateurs), beaucoup de messages de félicitations, mais aussi de nombreuses intox pour tenter de discréditer notre émission.

Nous nous y attendions, les « Monsanto papers » révèlent d’ailleurs l’existence par le passé d’un programme baptisé « Let nothing go » (« ne rien laisser passer »), mis en place par la firme agrochimique, et destiné à attaquer les enquêtes journalistiques sérieuses à l’aide de trolls actifs sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, la plupart des attaques proviennent de comptes anonymes, mais aussi d’un site internet donnant la parole sans contradicteur à un chercheur controversé, ou encore d’une consoeur, déjà prise en flagrant délit de désinformation sur la question des pesticides, qui a tweeté près de 300 fois en 4 jours pour défendre le glyphosate et s’en prendre à notre émission.

Nous avons choisi de répondre avec précision aux fausses informations qui circulent.

1/La justice américaine n’aurait pas reconnu le Roundup comme cause du cancer de Dewayne Johnson

FAUX. Le 10 août 2018, comme le montre le verdict, le jury du tribunal de San Francisco a dû répondre à 18 questions. La question numéro 3 est sans équivoque : « Le Roundup Pro ou le Ranger Pro a-t-il été une cause majeure dans le préjudice physique causé à M.Johnson ? La réponse est oui ».

Certains commentateurs ont été induits en erreur à cause de leurs problèmes de traduction. En réalité, le terme « Roundup design » ne fait pas référence au « design », au « packaging » du Roundup, mais bien à sa conception.

La condamnation de Monsanto est fondée sur le défaut d’information ET la dangerosité de son produit. Les questions au jury sont d’ailleurs en deux parties : pour pouvoir prouver que Monsanto n’a pas bien informé des dangers de son produit, il faut d’abord prouver que le produit, dangereux, a causé un préjudice au consommateur. C’est ce qu’on appelle le « design defect »

.En clair, Monsanto n’aurait pas pu être condamné si le jury avait répondu que le produit n’avait pas de lien avec le cancer de Monsieur Johnson, comme le confirment aussi les instructions du jury.

2/Le tribunal de San Francisco ne se serait pas prononcé sur l’état de la connaissance scientifique à propos du glyphosate

FAUX. La question numéro 4 du verdict,contredit cette affirmation : « Le Roundup Pro ou le Ranger Pro présentent-ils des risques étant connus ou en mesure de l’être qui étaient généralement acceptés par la communauté scientifique au moment de leur fabrication, distribution ou vente ? »

L’avis rendu par le jury populaire du tribunal de San Francisco sur l’état de la science a une valeur strictement juridique. A noter que cette question sera débattue de nouveau dans les prochains mois, puisque Monsanto a fait appel de sa condamnation.

3/Dewayne Johnson n’aurait jamais aspergé 500 litres de glyphosate par jour et il aurait travaillé sans équipements

FAUX. Dans son interrogatoire, Dewayne Johnson raconte avoir pulvérisé jusqu’à 150 gallons en trois heures.  Autre extrait :

Or 150 gallons correspondent exactement à 567,81 litres.

Il s’agit évidemment de 567 litres de Roundup dilué et non de glyphosate pur. Une métonymie utilisée par la plupart des agriculteurs, mais aussi par la justice américaine dans ses interrogatoires à Dewayne Johnson.

Question : « Quand vous pulvérisiez 150 gallons (567 litres) de Ranger Pro, aviez-vous du Ranger Pro sur votre peau ? »

Dewayne Johnson travaillait avec une combinaison, des gants, un masque et parfois des lunettes, comme le montrent ces photos présentées lors du procès.

Mais il lui est arrivé d’avoir du Roundup en contact direct avec la peau, le produit étant passé sous sa combinaison, comme précisé dans notre reportage

4/L’étude du Dr Kirkland, modifiée par Monsanto, ne prétendrait pas être indépendante

FAUX. Au moins deux éléments incontestables montrent que l’étude du Dr Kirkland est présentée par ses auteurs comme une étude indépendante. 

– Son titre : « Revue du potentiel cancérogène du glyphosate par quatre panels d’experts indépendants ».

– Sa déclaration d’intérêts : « Aucun salarié de Monsanto, ni aucun avocat n’ont revu les manuscrits des panels d’experts avant leur transmission au journal ».C’est cette dernière notice qui est gage de rigueur et d’indépendance, et non le financement des études, qui sont souvent sponsorisées par les industriels.

5/L’étude du Dr Kirkland, modifiée par Monsanto, ne serait pas une référence pour les agences de régulation

FAUX. L’étude modifiée par Monsanto a bien été intégrée au corpus de la littérature scientifique (contrairement à la plupart des études réglementaires, qui sont financées et réalisées par les industriels). Elle a été citée 17 fois d’après le site Scopus qui recense, a minima, les reprises dans la littérature scientifique : c’est beaucoup pour une étude qui date d’il y a moins de trois ans.

L’étude amendée en secret par Monsanto est bel et bien une référence pour les agences sanitaires. Dernier exemple en date, il y a à peine dix jours : le 11 janvier 2019, l’agence réglementaire de santé du Canada (Health Canada) a ré-autorisé le glyphosate.

Dans son dernier rapport d’évaluation disponible en ligne, en page 96, au milieu des références… se trouve la fameuse étude co-écrite par Dr Kirkland, et modifiée par Monsanto.

6/ »Envoyé Spécial » aurait présenté le Pr Séralini comme un lanceur d’alerte et une caution scientifique

FAUX. Comme d’autres chercheurs (Ray Waters, David Kirkland…), le Pr Séralini n’a pas été sollicité comme un expert sur un débat qui divise la science, mais pour son rôle central dans l’affaire des « Monsanto papers ». Il est l’un des noms les plus cités dans les documents déclassifiés par la justice américaine. Ne pas évoquer son histoire dans une enquête sur les « Monsanto papers » aurait été une erreur éditoriale.

Le conflit d’intérêt longtemps méconnu de Wallace Hayes, l’homme qui a décidé de rétracter l’étude Seralini, est une information. Le fait que le chercheur français ait rencontré les avocats de Dewayne Johnson pour se joindre à la class action américaine, est aussi une information d’intérêt public, méritant d’être relayée, indépendamment de ce que l’on peut penser du fond des travaux du chercheur, avec lesquels « Envoyé Spécial » prend ses distances (le commentaire précise bien que son étude de 2012 a été contredite par plusieurs expériences).

Nos confrères des journaux Le Monde et Le Parisien ont de leur côté rédigé des articles bien renseignés sur la stratégie cachée de Monsanto pour décrédibiliser le Pr Seralini.

Quant au terme de « lanceur d’alerte », « Envoyé Spécial » ne l’utilise pas.

7/Envoyé Spécial aurait occulté que le « Pr Séralini est un fraudeur »

FAUX. L’étude de 2012, méthodologiquement contestée, a été contredite par plusieurs expériences (ce que nous précisons dans le reportage). En revanche, il est faux de dire que Gilles-Eric Séralini est un fraudeur. C’est même diffamatoire, d’après un jugement de 2015 ayant opposé le Pr Seralini au journal Marianne.

Détail notable : pour sa défense dans cette affaire de diffamation, le journaliste de Marianne explique qu’il n’est pas l’auteur du propos « fraude », qu’il n’a fait que citer… Henry Miller (ce chercheur de Stanford, dont nous prouvons dans notre reportage, qu’il a écrit un article rédigé à 85% par Monsanto).

Même Wallace Hayes, dont les « Monsanto papers » nous apprennent qu’il avait signé un contrat secret avec Monsanto, reconnaît dans sa lettre de rétractation de 2013 l’absence de fraude.

Aurait-on dû dire de Gilles-Eric Séralini qu’il était un fraudeur ? Non, « Envoyé Spécial » se contente d’être rigoureux et précis, et ne relaie pas de propos reconnus comme diffamatoires par la justice.

8/ »Envoyé Spécial » affirmerait à tort qu’il n’existe pas de seuil limite de glyphosate dans les urines

FAUX. Il existe des seuils autorisés de glyphosate dans l’eau potable ou les aliments mais pas dans les urines, comme l’ont déjà vérifié nos confrères de Checknews.

Certains tentent de comparer les résultats de tests urinaires au seuil autorisé dans l’eau potable (maximum réglementaire de 0,1 microgramme/litre), quand d’autres font le rapprochement avec la dose journalière autorisée (500 microgrammes/jour/kilo), c’est-à-dire la dose maximale que nous pouvons ingérer chaque jour.

« Envoyé Spécial » revendique ne pas avoir fait ces comparaisons qui n’ont aucune validité car elles ne permettent aucune interprétation scientifique.

Nous avons donc décidé d’en rester aux faits incontestables : notre glyphotest montre que toutes les personnes qui y ont participé ont du glyphosate dans les urines, avec des taux allant de 0,19 microgramme/litre à 1,25 microgramme/litre. Si nous avions fait le même test il y a 50 ans, avant l’invention du glyphosate, les taux auraient tous été de zéro. Par ailleurs, l’étude PELAGIE, réalisée par l’Inserm en Bretagne entre 2002 et 2005 sur des femmes enceintes montrait que seules 43% d’entre elles avaient des traces de glyphosate dans les urines, contre 100% de nos participants aujourd’hui.

Notre test a simplement pour but de nous faire réfléchir sur la présence toujours plus importante de ce produit dans nos organismes. Nos résultats sont-ils la preuve qu’il y a un danger pour la santé ou au contraire la preuve qu’il n’y a aucun risque ? Sur cette question, personne n’est en mesure de répondre. Car encore une fois, il n’existe pas de seuil maximal dans les urines et les nombreuses études sur les dangers du glyphosate n’aboutissent pas toutes aux mêmes conclusions.

9/ »Envoyé Spécial » imputerait la responsabilité de l’épidémie rénale du Sri Lanka au glyphosate ?

FAUX. Ce n’est pas « Envoyé Spécial » qui fait le lien entre la maladie des reins et l’herbicide, mais l’Etat srilankais. En 2015, le Sri Lanka a décidé d’appliquer le principe de précaution et d’interdire le glyphosate, suite à la publication d’une étude mettant en cause l’herbicide.

Notre démarche journalistique a simplement été de raconter comment et pourquoi le Sri Lanka est devenu le premier pays à interdire totalement le glyphosate. Puis d’en expliquer les conséquences économiques néfastes qui ont conduit à sa réintroduction en 2018.

10/ »Envoyé Spécial » aurait occulté le fait que le Sri Lanka avait réintroduit le glyphosate en 2018 ?

FAUX. « Envoyé Spécial » a consacré pas moins de la moitié de son sujet au Sri Lanka sur les conséquences économiques de l’interdiction du glyphosate, puis à la réintroduction partielle de l’herbicide en 2018.

11/ »Envoyé Spécial » aurait occulté les études favorables au glyphosate

FAUX. « Envoyé Spécial » ne cite aucune étude épidémiologique, ni celles qui sont favorables au glyphosate, ni celles qui lui sont défavorables.

Interpellée sur le marché de Marly-le-Roi par une citoyenne lui demandant si le glyphosate peut causer le cancer, Elise Lucet répond qu’il est « compliqué de répondre », résumant ainsi l’absence de consensus scientifique : « Toutes les études sont controversées et les avis sont assez différents ».

12/ »Envoyé Spécial » aurait instrumentalisé un enfant dont les malformations congénitales n’ont rien à voir avec Monsanto

FAUX. « Envoyé Spécial » raconte une procédure judiciaire intentée par la famille Grataloup, qui a assigné Monsanto le 30 mai 2018.

Dans cette assignation, plusieurs attestations de médecins évoquent un lien possible entre les malformations de Théo Grataloup et l’herbicide à base de glyphosate.

Un lien contesté par Monsanto, comme précisé dans le reportage, sur lequel la justice française sera amenée à se prononcer. France 2 et « Envoyé Spécial » maintiennent absolument toutes les informations diffusées dans l’émission, que nous vous recommandons vivement de revisionner