METHANISEURS DU SEGALA Interpellation citoyenne du préfet à Lacapelle-Marival

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PROJETS DES METHANISEURS DU SEGALA « DE MERDES DANGEREUSES » destructrices du sol, de l’air mais surtout de nos réserves d’eau potable.

Ce Dimanche 7 octobre à l’occasion d’un congrès des maires du lot, interpellation du préfet du lot et des élus(Maires,conseillers municipaux et députés).

Cette interpellation à l’initiative des citoyennes et citoyens du Lot (sans récupération partisane) a été totalement méprisé par le Préfet du Lot et la majorité des élus. Plus d’une centaine de personnes ont bravé la pluie abondante espérant que leur lettre préparée à l’intention du Préfet et des élus soit lue par un petit comité(dont des élus): fin de non-recevoir de la part d’un Préfet méprisant qui quelques jours plus tôt à Cahors lors des assises nationales de l’eau avait affirmé son engagement pour l’eau potable.       Comme les politiques, le mensonge est son premier carburant.

Manifestant notre déception en tapant sur les vitres extérieures, la fin du congrès s’est tenu comme un « G-MERDE » avec garde-mobile devant chaque fenêtre

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Ci-joint le lettre plus qu’aimable pour l’informer de ce qu’il s’apprête à autoriser les yeux fermés et l’inquiétude de ces concitoyens qu’il a en charge de protéger concernant la santé publique(entre autre), mais ces hauts fonctionnaires  se sentent certainement irresponsables alors qu’ils ont et auront des comptes à rendre aux citoyens et à leur progéniture….



Nous voulons boire de l’eau propre, stop à l’implantation de méthaniseurs dans le Lot.

Lacapelle Marival, congrès des maires, 7 octobre 2018

Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs les élus,

Nous sommes plusieurs associations, collectifs citoyens et syndicat à vous interpeller sur notre inquiétude sur le développement de la méthanisation dans le Lot au vu des 4 projets de méthaniseurs sur le Ségala, Gorses, Labathude, Espeyroux et Viazac, pour un total de 83 500 tonnes traités, 4052 ha épandus sur XX communes.

La méthanisation est aujourd’hui présentée comme la voie d’avenir pour la production d’énergie renouvelable et les objectifs du gouvernement sont très ambitieux avec des fonds de soutien important et un assouplissement inquiétant de la réglementation.

Malheureusement, la dimension agronomique et hydrologique a très peu été étudiée.

Sur le plan agronomique, la méthanisation et l’utilisation du digestat brut pose plusieurs problèmes : l’exportation de 60 à 70% du carbone en méthane et en CO2 entraîne une perte importante de matière organique des sols et l’apport d’azote sous forme ammoniacale entraîne la stérilisation des sols avec un double impact sur leur capacité de nourrir les plantes mais surtout sur leur capacité de rétention en eau et en éléments minéraux. Ceci a notamment été évoqué par Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes de la vie du sol, lors de leur conférence du 7 Septembre à Capdenac.

Les conséquences sur la pollution hydrologique sont doubles. D’une part les sols se compactent et ne jouent plus leur rôle de réservoir hydrique et de régulation du débit des cours d’eau, d’autre part leur capacité d’absorption diminue et favorise le lessivage des minéraux et autres éléments chimiques, bactériologiques, qui ne sont plus retenus par le filtre biologique que constitue la matière organique.

Sachant que le Ségala constitue le château d’eau du Lot, avec les rivières du Drauzou à Labathude, du Francès et de l’Ouysse à Espeyroux, du Bervezou et du Tolerme à Latronquière, de la Bave à Labathude, Terrou, Gorses, et tous les petits ruisseaux, les conséquences sur les ressources en eau peuvent malheureusement être désastreuses pour l’ensemble des citoyens lotois.

Nous attirons en particulier votre attention sur les résidus bactériologiques des digestats, (notamment les clostridium non-éliminés par la méthanisation et l’hygiénisation) sur les résidus de pesticides, d’antibiotiques et autres perturbateurs endocriniens.

Le fait que le digestat soit classé en produit et non plus en déchet valorisable agronomiquement, avec comme conséquence l’absence réglementaire de plan d’épandage est particulièrement inquiétant pour le contrôle des apports qui se font déjà dans des conditions irrégulières (pente, quantité, épandage en période humide).

Plusieurs paysans et citoyens nous ont déjà alertés sur leurs inquiétudes quand à l’utilisation de leurs sources personnelles pour l’alimentation en eau potable, pour l’abreuvement des animaux ou pour l’arrosage de parcelles maraîchères.

Le récent épisode de fermeture de la station de Longuecoste (mois de Mai), à Montet et Bouxal, après des épandages massifs en période de pluie, appuie notre inquiétude et nous amène à vous mettre, vous monsieur le Préfet et toutes les autorités publiques, et vous les élus devant vos responsabilités.

On peut également s’interroger sur le bilan carbone avec la production de chaleur qui n’est pas récupérée et la multiplication des transports avec des épandages à plus de 30km. Sans parler de l’insécurité routière pour les riverains et de l’entretien des routes alors que les dotations baissent.

Ce développement de la méthanisation sous prétexte de développer les énergies renouvelables est dans la suite logique d’une industrialisation de plus en plus poussée de l’agriculture, avec la concentration d’ateliers hors sol de plus en plus gros, et toutes les nuisances qui en découlent : nuisances olfactives, pollution hydrologique et problèmes sanitaires, dépendance financière et diminution du nombre de paysans.

Les fortes mobilisations citoyennes montrent les limites de l’acceptabilité de ce type d’agriculture et l’urgence de sortir de ce modèle pour une agriculture qui réconcilie les citoyens avec les agriculteurs.

Pour toutes ces raisons, nous demandons une véritable étude scientifique, pluriannuelle, sur l’impact de ces techniques sur les sols et sur les ressources hydrologiques avant toute implantation de nouvelle unité de méthanisation dans le Lot.

Monsieur le Préfet, vous avez, lors des assises de l’eau, le 28 septembre, affirmé votre engagement pour l’eau potable. Nous attendons des actes: exigez cette étude scientifique avant toute implantation de méthaniseur dans le Lot.

Le collectif, citoyennes et citoyens lotois




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A leur sortie les quelques élus/citoyens responsables qui devaient lire la lettre ont juste eu la parole quelques secondes pour poser la question des projets de méthanisation du Ségala et s’entendre répondre que c’était bien et profitable aux agriculteurs.                          Et à la question du risque pour l’eau et bien pas de réponse et au suivant…..                   C’est affligeant tant de mépris et sa non réponse sur l’eau est digne de la voyoucratie criminelle de l’état et de ses représentants.

POUR RAPPEL SES PROPOS « INCONSEQUENTS » en Septembre 2018

Le Préfet Jérôme Filippini disait (au centre de la photo-  dans La Dépêche du 15/9)

201809151582-full.jpgMéthanisation: «Cela fait des années qu’on nous dit qu’il faut réduire le nucléaire, qu’il faut décarboner et développer les énergies renouvelables, l’hydraulique, l’éolien, la méthanisation. Je dis à tous ceux qui s’opposent aux projets de méthanisation qu’il faut être conséquent« 

Ce monsieur donneur de leçon et irresponsable se permet de parler d’être conséquent alors qu’il s’apprête à autoriser n’importe quel projet de méthanisation, sans études préalable des sols etc… se comportant juste comme un valet lobbyiste étatique d’une méthanisation industrielle mortifère lancé par Macron et que nos concitoyens pensaient « écologique ».

Nos dirigeants à la botte de l’agro-industrie et des lobby énergétiques ont su faire croire aux français que la méthanisation était une belle bio-énergie et ils nous faut maintenant les informer du mensonge et du danger de ces pratiques qui sont peut-être plus dangereuses pour nos sols et notre eau que les pesticides qui nous amènent déjà dans le mur. Pour information se reporter aux propos de nombreux experts agronomes, dont les Bourguignons, qui nous éclairent sur ces dangers.

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Sujet FR3 Occitanie du dimanche 7 Octobre

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4 réflexions au sujet de « METHANISEURS DU SEGALA Interpellation citoyenne du préfet à Lacapelle-Marival »

  1. il reste la possibilité de porter plainte contre le préfet et autres instances concernées devant le tribunal administratif pour inexécution de leur rôle de protection de la santé des habitants, sur la base des termes légaux encadrant leur fonction admin ; sur le fondement de tous les points critiques laissés dans l’ombre, de constats d’huissiers dûment documentés, non respect du principe de précaution posé par l’oms, etc…

    Aimé par 1 personne

  2. Alors que CLIMAGRI sur le territoire oriente l’avenir de l’agriculture par une diminution du cheptel animal (cf. AFTERRES/NEGAWATT) on ne pose jamais sur la table la question du bien-être animal : quelles conséquences sur les animaux dont la matière fécale va plus rapporter que du lait, que le kilo de viande, le poids du foie gras…on connaissait le surpâturage, mais comment considérer la surexploitation animale ? dans les fameux ICHN (aide PAC) tant décriés ces derniers temps car en sursis sur certaines régions, comment considérer le maintien d’élevages en systèmes hors-sol à la mortalité accélérée (cf; taux de renouvellement des bêtes) et le gavage des bêtes à coup de tourteaux de soja et de maïs aux conditions de production désastreuses même pas locales pour la plupart (monoculture, et/ou eau, et/ou pesticides, et/ou OGM, …) ???
    Quels sont les bilans environnementaux des projets en analyse cycle de vie : pourquoi ces données ne sont pas connues ? c’est pourtant une première base : est-ce que le système présente un meilleur bilan que ce qui se fait ? il semble que oui, mais cela est mitigé sur les pratiques que l’on confortent et qu’on doit pourtant faire évoluer ! Est-ce que la métha fera faire évoluer la mentalité des exploitants agricoles en systèmes intensifs en se disant que la diversification des revenus pourra leur permettre de faire plus de biodiversité, de bio, hum?
    Sous couvert de NégaWatt pourtant (cf; argumentaire La Dépêche du 06/10), si on parle efficacité énergétique avant énergies renouvelables : quid de la perte de la chaleur (les projets se font car la prime d’efficacité énergétique a été supprimée dans les derniers arrêtés de tarif d’achat de l’électricité produite par la métha) qui représente la moitié de la production énergétique des projets ? quid de l’énergie consommée dans les élevages pour sortir 1 kg de lait ou viande et quelques MWh électriques qu’on sait très bien faire autrement alors que la chaleur nous embête (cf. chauffage électrique !) et que c’est celle là qu’il faut développer ?!!!
    Sur la question de l’épandage, je suis surpris que l’on en parle uniquement pour la métha : que se passe-t-il depuis des décennies quant aux plans d’épandages ? trop peu de contrôle sur des données de base plus que variables : valeurs NPK des effluents ; épandages autorisés sur totalité de surface déclarées conduisant souvent à des concentrations « au besoin »; les dérives débordent 🙂 ! Et quand en base on apporte de la matière organique via fumiers et composts, l’ajout d’ammonitrate, d’urée et compagnie, posent la même question que la transformation de l’azote par la métha (cf. argument des Bourguignon)…les digestats de la métha sont sensés éviter l’emploi d’engrais artificiels !
    Les questions liées à la métha sont trop transversales et les enjeux de gestion trop importants, pour être laissés aux privés : les dérives se feront comme elles se font dans la plupart des services publics passés au privé en premier exemple…
    Ce type d’énergie renouvelable est un vrai dilemme : meilleure pour la valorisation des déchets, nulle pour la répartition des richesses et pour l’industrialisation galopante de l’agriculture…mais toutes les productions d’énergie présentent des avantages et des inconvénients, et bien peser n’est pas aisé !
    Ce blog pourrait être le lieu d’un échange constructif entre argumentaires pas uniquement cantonné POUR ou CONTRE conduisant au mal être actuel des porteurs de projet qui ont juste « exploiter » la règlementation actuelle qui semble n’avoir pas assez évolué avec ces nouveaux enjeux et techniques.

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    • Ce blog peut tout à fait être un lieu d’échange. Quant aux porteurs de projet qui ont juste « exploité » la réglementation actuelle (sic) à mon avis ils exploitent d’abord l’environnement et donc nous tous. Je ne vais pas les plaindre… j’espère bien qu’ils ressentent au minimum un certain malaise ou mal être.
      Aldo

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  3. Toujours braqués sur la croissance économique, nos irresponsables politiques n’ont aucune marge de manœuvre. Malgré la leçon de cet été qui a vu dépasser tous les record de sécheresse et de chaleur avec le cortège de catastrophes qui en découlent, la question de l’élevage qui émet plus de gaz à effet de serre que les transports (https://blogs.mediapart.fr/edition/il-etait-une-fois-le-climat/article/080915/l-elevage-emet-plus-de-gaz-effet-de-serre-que-les-transports), n’est pas abordée. Que faire ? Évitons les urnes, c’est là que nous nous mettons à genoux…

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